Salto - Montevideo, du 11 au 16 novembre 2006 : l'Uruguay, en toute simplicité...
Publié le vendredi 24 novembre 2006
Par Yves.
11/11/2006 : Salto.
12/11/2006 : Salto - bivouac après Paysandu : 151,46 km.
13/11/2006 : Bivouac après Paysandu - Palmitas : 149,12 km.
14/11/2006 : Palmitas - San José de Mayo : 157,06 km.
15/11/2006 : San José de Mayo - Montevideo : 110,13 km.
16/11/2006 : Montevideo.
Samedi 11 novembre, après 9 étapes consécutives (et quelles étapes !), c'est jour de repos. Ca fait du bien ! Et pourtant, nous nous levons vers 7h00, inconvénient de notre horloge interne réglée pour des levers matinaux ! La matinée passe entre courses et Internet. En rentrant à l'hôtel, nous constatons que notre montre n'est pas en accord avec celle de l'accueil ; et pour cause, il y a une heure de plus ici qu'en Argentine, c'est notre premier changement d'heure ! L'après-midi, nous flânons dans les rues de Salto, déserte ; étrange... Le centre ville n'est pas très grand, nous en avons vite fait le tour. Nous passons près du Rio Uruguay qui sépare l'Uruguay de l'Argentine, on aurait pu arriver là en bateau aussi, de Concordia. Le soir, nous goûtons au traditionnel chivitos, le lomitos uruguayien, ni plus, ni moins... Nous sommes quasiment seuls en terrasse jusque... 21h environ, on vit à l'heure espagnole ici ! D'ailleurs, on se sent plus en Europe qu'en Amérique du Sud, pour tout, seul le maté nous y ramène ! Après le repas, nous assistons à des représentations de danses traditionnelles d'Italie et du Pays Basque, présentées par des enfants (toujours dans le cadre de la fête des immigrants). Un groupe de jeunes filles présente un fandango magnifique, ça me démange d'aller danser avec elles ... S'en suivent des danses du pays, de la danse moderne et de la capoeira importées par un groupe argentin !
Dimanche, nous reprenons la route sous le soleil. C'est toujours relativement plat mais nous n'avons pas l'impression de rouler en ligne droite sans en voir le bout. Le vent est avec nous, les paysages agricoles sont magnifiques, c'est la moisson en ce moment ! Nous roulons bien et nous arrêtons dans une petite estancia pour demander l'autorisation de camper aux alentours. La fin d'après-midi est agréable, à l'ombre du petit bois où nous sommes installés, l'heure du repas approche : polenta au bleu du pays, un délice avant d'aller dormir, vers 18h45... Mais un paysan de l'estancia vient à notre rencontre et nous invite à le suivre. Ca sent l'invitation... A la ferme, nous rejoignons deux autres paysans qui s'affairent autour d'un assado, barbecue où un veau entier est en train de rotir.
Ces gens nous demandent si nous avons faim, on se regarde et, sans hésiter, nous répondons oui, alors que nous sortons de table ! Et nous voilà à partager le maté avec eux, avant de se régaler d'une salade de pomme de terre accompagnée de viande qui fond sous la langue... Ces paysans ont un accent de folie, on ne comprend pas toujours leurs propos mais nous arrivons à communiquer tout de même ! La nuit tombe, il fait bon, on est bien... Soudain, une voiture arrive : "c'est le patron, c'est le patron !", s'exclament les paysans. Aussitôt, ils cachent les verres de vin qu'ils sirotaient et ravivent le barbecue. Une ribambelle de jeunes arrive, on nous salut en nous faisant une bise (c'est comme ça ici, entre garçons aussi), et on nous offre un verre. Toute l'estancia est réunie, le repas va pouvoir avoir lieu...
Tous se réunissent sous une grange et dévorent (le terme est approprié) l'assado avec du pain ; à les regarder, on dirait de vraies bêtes, les yeux brillants, les doigts et la bouche pleins de graisses... Nous en profitons pour nous éclipser et aller nous coucher, quelle soirée !
Le lendemain, l'étape ressemble aux précédentes. Avant d'arriver dans une ville nommée Mercedes, une voiture s'arrête devant nous, un homme en sort , ouvre son coffre et... nous tend une bouteille de jus d'orange préssée frais !Il nous encourage, nous donne la bouteille et repart comme il s'était arrêté ! C'est pas beau ça ? Nous bivouaquons à Palmitas.
Mardi 14 novembre, c'est le jour de notre 50 ième étape et de notre passage aux 5000 km, ça se fête ! Nous roulons bien, le vent est toujours plus ou moins avec nous, nous ne voyons pas les kilomètres passer... Gaël s'achète un nécessaire à maté à la pause et nous repartons jusque Juan Soler, à 7 km de San José. Là, nous fètons l'évènement au restaurant avec un petit verre de vin rouge, pas mauvais. Nous poussons jusque San José où nous espérons pouvoir camper aux alentours d'une station essence et ainsi pouvoir nous doucher. Ce n'est pas possible, tant pis pour la douche, ce sera pour demain ! On bivouaque donc dans un petit bois.
Mercredi, lever 5h30, départ 6h30 pour Montevideo. Il nous reste à peine 100 km, ça passe presque tout seul. nous arrivons en milieu de matinée dans la capitale et filons à l'Alliance Française. Là, nous sommes reçus pas son directeur qui nous informe que nous ne pourrons pas rencontrer d'élèves car ils sont en examens. En revanche, il nous organise un RDV au collège français et... nous paye l'hôtel pour la nuit ! Nous allons nous y installer avant d'aller manger dans un petit resto italien où nous faisons des ravages sur le buffet libre ! Puis nous nous promenons dans les rues de cette petite capitale fortement européanisée, passons au bord du Rio de La Plata avant d'aller nous abriter dans un café car l'orage gronde. En rentrant à l'hôtel, une coupure de courant dûe à l'orage plonge la ville entière dans la pénombre. Le lendemain, on apprendra que la moitié du pays a été privée d'electricité cette nuit, incroyable !
Jeudi, nous nous rendons au lycée français sous la bruine. Là nous rencontrons le directeur adjoint et le CPE, deux voyageurs avec lesquels nous conversons pendant plus de deux heures. Nous ne pouvons pas non plus rencontrer d'élèves, pour les mêmes raisons qu'à l'Alliance. Ensuite, nous allons chercher nos billets pour Buenos Aires, nous partons cette nuit, à 2h00 ! A midi, nous allons manger dans un restaurant au buffet libre, une fois de plus... Là, nous rencontrons nos premiers collègues voyageurs à vélo, en tandem plus précisément. Ils sont de l'Aveyron et voyagent pendant 6 mois en Amérique du Sud. L'échange d'expérience est énorme, on les retrouvera peut-être vers Bahia Blanca !
Vers 19h, nous retournons à l'AF où les élèves organisent une fête de fin d'année. C'est sympa, nous y rencontrons Matthieu, un gars qui vient de finir un stage ici et qui part sac au dos au Brésil Nous passons la soirée avec lui et d'autres amis, avant de partir prendre le bus et le bateau pour Buenos Aires : départ 2h00 du matin, 3h de bus, réveil à 5h00 pour passer la frontière et bateau jusque 8h30, drôle de nuit...
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