03) Fin des aventures surinamaises
Publié le mardi 8 août 2006
Par Gaël, à Saint Laurent du Maroni, lundi 8 août 2006.
Dimanche 6 août : aujourd'hui, c'est dimanche, et tout est fermé à Paramaribo. Le Surinam entier semble endormi... et nous serons obligé de suivre le mouvement. Nous voulions aller visiter Niew Amsterdam, mais le dimanche les bus se font rares et notre tentative échouera. Nous restons donc à Paramaribo. Le marché chinois nous occupe quelques minutes et nous permet de nous acheter de quoi manger à midi. C'est fou ce Surinam, ici, on a l'impression d'être quelque part en Asie du Sud-Est, et 100 mètres plus loin, c'est l'Afrique qui nous ouvre ses portes.
Nous allons passer l'après-midi à la palmeraie où des scouts animent une sortie pour les personnes agées en chantant quelques chansons.

Nous les regardons et nous occupons en faisant quelques parties de yam's (que je perds toutes !). En fin de journée, nous allons sur la Waterkant, pour manger le traditionnel bamie, sur fond de musique reggae jouée par un groupe local.

Lundi 7 août, réveil à 5h00 pour prendre le bus à 5h30, en direction de Santigron. Santigron est un village Noir Marron, situé à 1h30 de bus au sud de Paramaribo. Les Noirs Marrons, ou Bushinengés, regroupent, sur le plateau des Guyanes, 6 ensembles ethniques : les Bonis, les Saramaka, les N'djukas, les Matawaï, les Paramaca et les Kwinki. A Santigron, ce sont des Saramaka. Le terme de "Noirs Marrons" date du début du XVII ème siècle. A cette époque là, des esclaves Noirs, employés au Suriname profitèrent du désordre général pour se révolter et se réfugier dans la forêt où ils se sont installés. Cette fuite portera le nom de "marronage" et sera à l'origine de l'appellation donnée aujourd'hui à ces peuples.
La langue commune utilisée par les Noirs Marrons est le taki-taki, mélange de hollandais, d'anglais et de portugais. Mais ils utilisent leurs langues propres au sein de leur communauté (les Saramaka parlent saramaka entre eux). Comme chez les Amérindiens, l'économie traditionnelle des Noirs Marrons est axée sur l'agriculture en forêt, la chasse, la pêche et la cueillette. Les hommes abattent et brûlent des parcelles de terre forestière, les abattis.
L'univers des Noirs Marrons est divisé en deux mondes parallèles séparés par le critère des sexes. Ces deux catégories sociales, hommes et femmes, ne doivent en aucun cas se confondre. La répartition des tâches est stricte : les hommes doivent fournir l'essentiel de la nourriture, ils chassent et ils pêchent ; les femmes cueillent agrumes, racines et fruits qui complètent l'alimentation.
Nous arrivons à Santigron au lever du soleil. A notre descente du bus, nous sommes rapidement pris en charge par un homme d'une quarantaine d'années, Mossuatu Elvin, qui sera notre guide. Il nous explique que le village est dirigé par 4 chefs hommes et 4 chefs femmes et nous emmène à la case d'une chef pour que nous payions une sorte de droit de visite de 5 SRD chacun (environ 1,75 euros).

Ceci fait, notre "guide" nous fait visiter une première partie du village, dans laquelle se trouvent la salle du conseil (grand abri ouvert sur l'extérieur), la maison où sont reclues les femmes après l'excision et la case du sorcier.
Nous prenons ensuite la direction des rives de la rivière Saramaka où quelques femmes font la lessive. Nous trouvons par terre une machoire de piranha, très présents par ici apparemment, et n'hésitant pas à mordre les baigneurs s'ils ont une plaie.
Retour au village où nous achetons du pain grillé, une boite de sardines, un oignon et deux brioches dans une petite boutique. Nous allons ensuite chez notre guide, qui nous prépare notre repas : sardines revenues dans l'huile, avec l'oignon, le tout servi sur le pain grillé et accompagné de thé. Pas mauvais.

Dans le reste du village, il y a une case qui sert aux personnes malades. On leur prépare une décoction à base de plantes et les malades s'en enduisent tout le corps afin de guérir.
Nous allons ensuite à l'école, un peu à l'écart du village. Cette école (De Ruyterschool) a été construite entre 1980 et 1986 par un Pasteur. Elle compte 90 élèves pour 1200 habitants dans le village. Mais tous les enfants ne sont pas scolarisés, car leurs familles n'ont pas les moyens de payer ! L'école accueille les enfants dès 4 ans, dans une classe maternelle. L'école primaire est divisée en 6 niveaux, de 7 à 15 ans. Chaque classe a son institutrice, venue de Paramaribo. Les élèves sont tous vêtus du même uniforme fait d'une chemise à carreaux blanche et verte et d'un pantalon de jean's bleu.

L'école débute chaque matin à 8h00 et dure jusqu'à 13h00, du lundi au vendredi. L'après-midi, les enfants sont libres. Après la sixième classe, les enfants doivent aller à Paramaribo s'ils veulent poursuivre leurs études. Mais ils doivent être peu à pouvoir le faire. Ici, ils étudient le hollandais (qui n'est pas leur langue maternelle), l'histoire, les mathématiques, la géographie...
Nous rencontrons le directeur de l'école et son adjoint. Nous leur expliquons notre projet. Ils semblent intéressés, mais n'ont pas envie de se compliquer la vie et ne donneront pas suite à nos demandes.
Nous rentrons à Paramaribo vers 12h, puis prenons le chemin du retour vers la Guyane immédiatement. Dans le taxi-co qui nous ramène vers Albina (frontière avec la Guyane), nous retrouvons les deux Clermontois du Brownsberg !

Nous passons le fleuve Maroni en pirogue et sommes donc de retour en Guyane, sans être allés jusqu'au Guyana. Peut-être irons nous à la fin de notre périple, en septembre 2007... A voir...
A Saint-Laurent du Maroni, nous allons à l'internat de l'hopital où nous sommes accueillis par des amis d'Olivier et Chloé Quéré, qui ont travaillé ici. Nous pouvons poser nos hamacs dans le batiment. Et surprise, nous retrouvons ici Mélanie (qui nous avait accueillis à Cayenne). Elle est de passage ce soir et part à Grand Santi sur le Maroni demain. Quel hasard !
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Chauds lézards !!!


Cette fois, c'est la vraie !



