Encarnacion - Salto : du Paraguay en Uruguay en passant par l'Argentine, bienvenue au pays des Gauchos, du vent et de l'immensité. Du 6 au 10 novembre 2006
Publié le samedi 11 novembre 2006
Encarnacion (PAR) - bivouac à 25 km de Posadas (ARG) : 41 km lundi 6 novembre 2006
Bivouac à 25 km de Posadas - Santo Tome : 145 km mardi 7 novembre
Santo Tome - Guaviravi : 136 km mercredi 8 novembre
Guaviravi - Cuatro Bocas : 159 km jeudi 9 novembre
Cuatro Bocas - Salto (URU) : 176 km vendredi 10 novembre
Par Gaël,
Après 10 jours passés au Paraguay, nous devions traverser le nord-est argentin pour rejoindre l'Uruguay. C'est chose faite, en 5 jours pour 660 km !
Lundi, nous quittions le Paraguay sous la pluie et retrouvions le soleil en Argentine, une fois le pont international franchit... en camionette (interdit aux vélos !). Mais si nous y trouvons le soleil, nous trouvons aussi le vent, qui souffle du sud (un vent frais et sec venant de Patagonie) et donc de face. Nous faisons ainsi une étape courte et bivouaquons dans une forêt de pins, à l'abri du vent, dans un paysage vallonné, bien différent de celui du Paraguay. La température y est aussi bien plus fraîche (certainement en raison du vent du sud), on est loin des 40°C et on ressort les polaires !
Les étapes qui suivent se ressemblent, avec du soleil et du vent, de face, de côté ou dans le dos, c'est variable. Nous roulons dans l'immensité argentine, sur des terres sans relief... il y a ici comme un air de pampa... Les zones marécageuses alternent avec des forêts d'exploitation et d'immenses près où les gauchos guident leurs troupeaux de vaches.
Nous faisons connaissance avec les argentins (forts sympathiques), leurs camions (bien moins sympas) et leur cuisine (beaucoup mieux !). Nous découvrons ainsi les parrilladas argentines. Ce sont des restaurants de grillades où le repas est simple : on mange de la viande, et tant qu'on ne dit pas "non merci", on nous ressert !
La journée de vendredi, pour notre dernière étape de ce premier passage en Argentine, fut assez exceptionnelle. Entre Cuatro Bocas et Salto, en Uruguay, nous avonc parcouru 176 km (plus 5 km en pick-up, pour franchir le pont à la frontière, lui aussi interdit aux vélos) sous le soleil, dans la chaleur et le vent... et entre les camions. Mais tout allait bien jusqu'au km 80, où nous passons un énième contrôle de police. Le policier nous fait signe de nous arrêter. Jusque là, rien d'anormal, ça nous est déjà arrivé plus d'une fois. Mais là, en voyant que nous sommes français, le flic se dit qu'il y a de l'argent à se faire et il va tout chercher pour nous en soutirer ! Il commence par nous dire qu'il ne faut pas rouler sur la route, mais à côté (c'est-à-dire dans l'herbe ou les cailloux) car on risque de créer des accidents entre camions. Puis il inspecte nos vélos à la recherche de la moindre défaillance : freins, lumières, largeur, etc. Et il trouve finalement le détail qu'il lui fallait : nous n'avons pas de casque ! Il nous montre alors fièrement le livre de loi sur lequel est inscrit que les cyclistes doivent avoir un casque. Je tiens à préciser que nous avons croisé bon nombre de cyclistes jusque là et nous n'en avons vu aucun avec un casque, sans parler des motards et des gens qui sont dans les bennes des camions ou à l'arrière des pick-up. Le flic nous demande alors 140 pesos (environ 38 euros). Nous feignons de ne pas avoir d'argent, négocions une bonne demie-heure et finissons tout de même par payer 28 pesos... Cet épisode a eu le don de nous énerver et il faudra une bonne parrillada quelques kilomètres plus loin pour nous apaiser un peu.
Après toutes ces aventures, nous arrivons à Salto vers 18 h (nous sommes partis à 7h du matin !). On trouve un hôtel, puis on va se balader en ville et là, on tombe sur la 7ème fête de l'Immigrant. L'Uruguay est un pays d'immigrants, encore plus que les autres pays d'Amérique Latine. Ici, les communautés italiennes, allemandes, suisses ou anglaises sont encore très présentes. Nous assistons là à des danses traditionnelles, écoutons de la musique et avons la chance de voir notre premier tango sud-américain (et oui, on se rapproche de Buenos Aires et nous sommes entrés dans la région du tango).
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