Cayenne-Oiapoque (Bresil), du 4 au 8 septembre 2006 : Premieres etapes latino-americaines.
Publié le samedi 16 septembre 2006
Par Yves.
Lundi 4/09 : Cayenne-Stoupan, 30 km.
Mardi 5/09 : Stoupan-Regina, 108 km.
Mercredi 6/09 : Regina-St Georges, 87 km.
Jeudi 7/09 : St Georges.
Vendredi 8/09 : St Georges-Oiapoque (Bresil), 3 km (canot).
Lundi, reveil 7h00, c'est le grand jour : apres notre depart de France pour l'Amerique du Sud le 27 juillet dernier, c'est le jour de notre depart a velo, direction le Bresil.
Nous avons a faire ce matin (courses et change d'argent, entre autres) avant d'enfourcher nos montures. Vers 10h30, nous sommes fin prets et nous jetons un dernier coup d'oeil a cette petite maison qui fut notre lieu de villegiature plusieurs jours durant. Merci Melanie... L'excitation est a son comble, c'est parti ! Un kilometre plus tard, on nous hele dans la rue : " Eh ! On vous a vu a la tele !", ca commence bien ! A 11h00, nous avons RDV avec une classe de l'ecole E. Honorien de Remire-Montjoly, nouvelle partenaire de notre projet ; comme dans les ecoles de metropole, nous presentons notre voyage et repondons aux interrogations des enfants. Nous avons meme le droit aux honneurs de l'inspectrice academique en visite ! Ca nous fait bien plaisir d'avoir une ecole partenaire en Guyane Francaise ; ici, les enfants ne savent pas ce qu'est une tente par exemple. Par contre, ils connaissent le hamac et les pays frontaliers de la Guyane !
Nous souhaitons faire un ou plusieurs portraits d'enfants dans chaque pays que nous allons traverser. Voici ceux d'Anais et de Cedric, eleves de la classes de CM1 que nous avons rencontres :
Tous deux nes en Guyane, ils ont 9 ans et vivent a Montjoly, petite commune de la peripherie cayennaise. Anais est fille unique et Cedric est l'aine d'un frere, ce qui n'est pas tres representatif de la famille guyanaise "typique" d'apres l'institutrice ; en effet, ici on compte souvent les enfants des familles sur les doigts des deux mains ! Les parents d'Anais travaillent au Conseil General de Guyane et au CSG tandis que ceux de Cedric sont fonctionnaire a la securite sociale et chef de chantier. Ils vont a l'ecole depuis qu'ils ont 3 ans. Ils ont des chiens et Anais un hamster. Ils sont tous deux deja alles en metropole : Anais etait en vacances a Paris cet ete, Cedric a Toulouse. Concernant leurs reves de profession, Anais veut devenir... institutrice (gagne !) et Cedric... pompier, policier ou militaire ! Cote loisirs, ils aiment lire et ecrire, le dessin, un peu la tele et jouer a l'ordinateur mais vraiment quand ils n'ont rien d'autre a faire. Ils n'ont pas de jeux videos (hormi l'ordinateur). Anais aime egalement danser et nager ; Cedric aime la balancoire, la corde a sauter et la capoeira. En somme, ces enfants ont des vies semblables a celles des petits francais de metropole. En aurait-il ete de meme avec Thomas rencontre a Grand Santi sur le Maroni ou avec les enfants de l'ecole de St Georges que nous avons rencontres par la suite ? Pa sur...
Apres cette matinee fort agreable, nous prenons la route de Stoupan ou nous allons paser la nuit. Apres un solide repas, au lit, il est 21h ! Mais pour l'un comme pour l'autre, la nuit est agitee : nous ne cessons de nous reveiller de peur de ne pas entendre le reveil...
Mardi, le reveil sonne a 5h15 mais cela fait deja une bonne heure que nous ne dormons plus ! Petit dej', on ferme les sacoches et a 6h05, nous quittons a nouveau un lieu ou nous avons passe quelques temps pour, cette fois, de nouveaux horizons. Le jour se leve a peine, nous sommes tout beau-tout propre, en avant l'aventure !
Jusqu'au carrefour de Cacao, nous connaissons la route ; c'est relativement roulant pour une mise en route. On respire a pleins poumons l'air frais du matin, plein des senteurs de la foret et de la liberte... Apres Cacao, la route, ancienne piste ouverte par les legionnaires, est plus accidentee, dans les deux sens du terme, et la chaleur vient s'ajouter a la rudesse de la pente. Deux pauses biscuits plus tard, la route s'elargie et est bien meilleure, nous arrivons a Regina sous un soleil de plomb, apres pres de six heures d'efforts ! A peine arrives, une dame nous interpelle et nous demande si c'est nous qu'elle a entendu a la radio dimanche. " Je ne sais pas ou vous allez aterrir ce soir mais si vous ne trouvez rien, vous pouvez toujours venir a la maison..." Polis, nous acceptons cette premiere invitation, pourquoi chercher ailleurs ? Apres un passage a l'ecole ou nous presentons le projet a l'equipe pedagogique au grand complet (peut-etre une nouvelle ecole partenaire ?), Magali nous emmene chez elle, a l'exterieur du village, perdu au bout d'une piste en bordure de foret. C'est magnifique et calme, on n'aurait pas trouve mieux. Elle nous offre le gite et le couvert, midi, soir et matin, on se regale de torche (poisson du fleuve Approuague qui passe a Regina) au lait de coco, de paripoux (fruits de palmier) et de pommes caimites. Nous passons l'apres-midi a bavarder, la vie de cette femme est fort interessante...
Mercredi, nous partons de bon matin pour St Georges, un gateau fait par Magali dans le ventre.
La route est bien meilleure qu'hier mais toujours vallonnee. Le paysage ne change pas, foret, bas-cotes laterite et epaves de voitures tous les cinq kilometres environ... A midi a St Georges, il ne nous faut pas longtemps pour trouver un logement, chez Didier, clermontois d'origine ! Nous passons l'apres-midi a la terrasse d'un cafe, a observer la vie paisible des lieux. Vers 20h, Didier nous conduit la ou nous allons passer la nuit. Il nous demande quelque chose puis, a la vue de nos mines deconfites (on croyait etre invite...), il se ravise ; cette fois on est invite !
Jeudi 7 septembre, c'est la fete nationale au Bresil, celebration de l'independance du pays en 1822. Tout sera donc ferme, inutile d'y passer aujourd'hui. Notre journee s'organise donc autour de la rencontre des eleves de l'ecole de St Georges, nouvelle partenaire du projet. Les enfants sont en majorite des indiens et des bresiliens, ca parle bresilien dans la cours, on se croirait ailleurs qu'en France...
Directeurs, equipe pedagogique et inspectrice academique (une autre), nous verrons tout le monde, grace a Marc, notre nouvel hote. Ce soir, c'est chez lui qu'on va loger avant de partir au Bresil demain. En debut de soiree, nous nous faisons payer un coup par Georges dit "l'Uruguayien" car il l'est, un gars qui connait bien la piste entre Oiapoque et Macapa et qui nous fournit de precieuses indications. Pour lui, "il faut changer vos pineus, sinon vous ne passerez pas !" ...
Vendredi, nous embarquons donc nos velos sur le canot de Raimundo, le Bresil nous ouvre les bras... Les formalites administratives reglees, nous cherchons la maison de la mere de la femme de Marc, qui peut nous heberger. Installes, nous flanons dans cette petite ville bresilienne, si proche de la Guyane mais deja si differente : ici, les moto-taxi sont en vogue, on peut echanger de l'argent dans la rue, on peut vendre son or (il y a encore des chercheurs d'or, les orpailleurs, sur le fleuve Oyapock) dans nombre de magasins, on peut manger sur le pouce partout, il y a de la musique dans les rues ; l'ambiance, l'atmosphere est chaleureuse et on se sent bien ici.
Il y a des velos et des "officinas de biciclete" partout mais pas de pineus a notre taille. Tant pis, on fera sans... Le soir, on se regale de brochette de poulet accompagnee de riz, de haricots rouges, de farofa (couac prepare) agrementes de verdure ; tout ca pour rien du tout ( 6 reals par personne, un peu plus de 2 euros), avant de se delecter de glaces aux parfums inconnus... Ca commence bien, si les prix sont les memes partout, on va se faire plaisir !
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