Guyane Française - Si On Jouait...

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Cayenne-Oiapoque (Bresil), du 4 au 8 septembre 2006 : Premieres etapes latino-americaines.

Publié le samedi 16 septembre 2006

Par Yves.

Lundi 4/09 : Cayenne-Stoupan, 30 km.
Mardi 5/09 : Stoupan-Regina, 108 km.
Mercredi 6/09 : Regina-St Georges, 87 km.
Jeudi 7/09 : St Georges.
Vendredi 8/09 : St Georges-Oiapoque (Bresil), 3 km (canot).

Lundi, reveil 7h00, c'est le grand jour : apres notre depart de France pour l'Amerique du Sud le 27 juillet dernier, c'est le jour de notre depart a velo, direction le Bresil.

Nous avons a faire ce matin (courses et change d'argent, entre autres) avant d'enfourcher nos montures. Vers 10h30, nous sommes fin prets et nous jetons un dernier coup d'oeil a cette petite maison qui fut notre lieu de villegiature plusieurs jours durant. Merci Melanie... L'excitation est a son comble, c'est parti ! Un kilometre plus tard, on nous hele dans la rue : " Eh ! On vous a vu a la tele !", ca commence bien ! A 11h00, nous avons RDV avec une classe de l'ecole E. Honorien de Remire-Montjoly, nouvelle partenaire de notre projet ; comme dans les ecoles de metropole, nous presentons notre voyage et repondons aux interrogations des enfants. Nous avons meme le droit aux honneurs de l'inspectrice academique en visite ! Ca nous fait bien plaisir d'avoir une ecole partenaire en Guyane Francaise ; ici, les enfants ne savent pas ce qu'est une tente par exemple. Par contre, ils connaissent le hamac et les pays frontaliers de la Guyane !

Nous souhaitons faire un ou plusieurs portraits d'enfants dans chaque pays que nous allons traverser. Voici ceux d'Anais et de Cedric, eleves de la classes de CM1 que nous avons rencontres :

Tous deux nes en Guyane, ils ont 9 ans et vivent a Montjoly, petite commune de la peripherie cayennaise. Anais est fille unique et Cedric est l'aine d'un frere, ce qui n'est pas tres representatif de la famille guyanaise "typique" d'apres l'institutrice ; en effet, ici on compte souvent les enfants des familles sur les doigts des deux mains ! Les parents d'Anais travaillent au Conseil General de Guyane et au CSG tandis que ceux de Cedric sont fonctionnaire a la securite sociale et chef de chantier. Ils vont a l'ecole depuis qu'ils ont 3 ans. Ils ont des chiens et Anais un hamster. Ils sont tous deux deja alles en metropole : Anais etait en vacances a Paris cet ete, Cedric a Toulouse. Concernant leurs reves de profession, Anais veut devenir... institutrice (gagne !) et Cedric... pompier, policier ou militaire ! Cote loisirs, ils aiment lire et ecrire, le dessin, un peu la tele et jouer a l'ordinateur mais vraiment quand ils n'ont rien d'autre a faire. Ils n'ont pas de jeux videos (hormi l'ordinateur). Anais aime egalement danser et nager ; Cedric aime la balancoire, la corde a sauter et la capoeira. En somme, ces enfants ont des vies semblables a celles des petits francais de metropole. En aurait-il ete de meme avec Thomas rencontre a Grand Santi sur le Maroni ou avec les enfants de l'ecole de St Georges que nous avons rencontres par la suite ? Pa sur...

Apres cette matinee fort agreable, nous prenons la route de Stoupan ou nous allons paser la nuit. Apres un solide repas, au lit, il est 21h ! Mais pour l'un comme pour l'autre, la nuit est agitee : nous ne cessons de nous reveiller de peur de ne pas entendre le reveil...

Mardi, le reveil sonne a 5h15 mais cela fait deja une bonne heure que nous ne dormons plus ! Petit dej', on ferme les sacoches et a 6h05, nous quittons a nouveau un lieu ou nous avons passe quelques temps pour, cette fois, de nouveaux horizons. Le jour se leve a peine, nous sommes tout beau-tout propre, en avant l'aventure !

Jusqu'au carrefour de Cacao, nous connaissons la route ; c'est relativement roulant pour une mise en route. On respire a pleins poumons l'air frais du matin, plein des senteurs de la foret et de la liberte... Apres Cacao, la route, ancienne piste ouverte par les legionnaires, est plus accidentee, dans les deux sens du terme, et la chaleur vient s'ajouter a la rudesse de la pente. Deux pauses biscuits plus tard, la route s'elargie et est bien meilleure, nous arrivons a Regina sous un soleil de plomb, apres pres de six heures d'efforts ! A peine arrives, une dame nous interpelle et nous demande si c'est nous qu'elle a entendu a la radio dimanche. " Je ne sais pas ou vous allez aterrir ce soir mais si vous ne trouvez rien, vous pouvez toujours venir a la maison..." Polis, nous acceptons cette premiere invitation, pourquoi chercher ailleurs ? Apres un passage a l'ecole ou nous presentons le projet a l'equipe pedagogique au grand complet (peut-etre une nouvelle ecole partenaire ?), Magali nous emmene chez elle, a l'exterieur du village, perdu au bout d'une piste en bordure de foret. C'est magnifique et calme, on n'aurait pas trouve mieux. Elle nous offre le gite et le couvert, midi, soir et matin, on se regale de torche (poisson du fleuve Approuague qui passe a Regina) au lait de coco, de paripoux (fruits de palmier) et de pommes caimites. Nous passons l'apres-midi a bavarder, la vie de cette femme est fort interessante...

Mercredi, nous partons de bon matin pour St Georges, un gateau fait par Magali dans le ventre.

La route est bien meilleure qu'hier mais toujours vallonnee. Le paysage ne change pas, foret, bas-cotes laterite et epaves de voitures tous les cinq kilometres environ... A midi a St Georges, il ne nous faut pas longtemps pour trouver un logement, chez Didier, clermontois d'origine ! Nous passons l'apres-midi a la terrasse d'un cafe, a observer la vie paisible des lieux. Vers 20h, Didier nous conduit la ou nous allons passer la nuit. Il nous demande quelque chose puis, a la vue de nos mines deconfites (on croyait etre invite...), il se ravise ; cette fois on est invite !

Jeudi 7 septembre, c'est la fete nationale au Bresil, celebration de l'independance du pays en 1822. Tout sera donc ferme, inutile d'y passer aujourd'hui. Notre journee s'organise donc autour de la rencontre des eleves de l'ecole de St Georges, nouvelle partenaire du projet. Les enfants sont en majorite des indiens et des bresiliens, ca parle bresilien dans la cours, on se croirait ailleurs qu'en France...

Directeurs, equipe pedagogique et inspectrice academique (une autre), nous verrons tout le monde, grace a Marc, notre nouvel hote. Ce soir, c'est chez lui qu'on va loger avant de partir au Bresil demain. En debut de soiree, nous nous faisons payer un coup par Georges dit "l'Uruguayien" car il l'est, un gars qui connait bien la piste entre Oiapoque et Macapa et qui nous fournit de precieuses indications. Pour lui, "il faut changer vos pineus, sinon vous ne passerez pas !" ...

Vendredi, nous embarquons donc nos velos sur le canot de Raimundo, le Bresil nous ouvre les bras... Les formalites administratives reglees, nous cherchons la maison de la mere de la femme de Marc, qui peut nous heberger. Installes, nous flanons dans cette petite ville bresilienne, si proche de la Guyane mais deja si differente : ici, les moto-taxi sont en vogue, on peut echanger de l'argent dans la rue, on peut vendre son or (il y a encore des chercheurs d'or, les orpailleurs, sur le fleuve Oyapock) dans nombre de magasins, on peut manger sur le pouce partout, il y a de la musique dans les rues ; l'ambiance, l'atmosphere est chaleureuse et on se sent bien ici.

Il y a des velos et des "officinas de biciclete" partout mais pas de pineus a notre taille. Tant pis, on fera sans... Le soir, on se regale de brochette de poulet accompagnee de riz, de haricots rouges, de farofa (couac prepare) agrementes de verdure ; tout ca pour rien du tout ( 6 reals par personne, un peu plus de 2 euros), avant de se delecter de glaces aux parfums inconnus... Ca commence bien, si les prix sont les memes partout, on va se faire plaisir !

Cayenne-Stoupan, 27 août au 3 septembre 2006

Publié le lundi 4 septembre 2006

Par Yves

De retour à Cayenne dimanche 27 après une semaine passée sur le Maroni, nous avons retrouvé Mélanie, toujours aussi souriante. Ca fait bizarre de revenir à la ville quand on vient de petits villages perdus en pleine Amazonie... Lundi matin, opération médiatique de grande envergure : nous tentons de brancher Radio-Télévision France Outre-mer (RFO), Antenne Créole Guyane (ACG), le quotidien France-Guyane et l'hebdomadaire La Semaine Guyanaise sur notre projet. Et ça les intéresse ! Des RDV sont pris pour jeudi, quant au journaliste de France-Guyane, il nous interviewe sur le champ, l'article paraîtra mercredi ! Mardi, nous sortons nos « bêtes » de leurs cartons, contentes de prendre l'air et la température après 5 semaines d'enfermement... Montés, nous faisons nos premiers tours de roues en Amérique du Sud, sans nos parents...

En fin d'après-midi, nous partons à vélo vers Roura (sud de Cayenne), à Stoupan, où nous allons loger jusque samedi, chez des copains de Mélanie ; Aude vient en voiture avec les affaires. Nous sommes accueillis par Gwen et une autre Mélanie qui sont en colocation dans une maison démesurée, dans laquelle chacun a sa chambre avec salle de bain et toilettes ! Deux matoutous y ont élu domicile, j'en connais qui ne dormiraient pas la nuit avec de telles bestioles dans la maison ! Mercredi, nous allons à Roura puis à la crique Gabriel, Aude et Gaël à vélo, moi en stop ; je n'arriverai pas jusqu'à la crique, tant pis... Au menu ce soir, c'est crêpes, ça faisait longtemps, qu'est-ce que c'est bon...

Jeudi, Gaël et moi partons de bon matin à Cayenne où nous avons RDV avec les médias. Nous enchaînons reportage télé et interview pour la presse, ils sont vraiment intéréssés, ils veulent nous suivre régulièrement pendant toute l'année ! Vendredi, nous partons avec Mélanie, qui travaille pour une boîte proposant des excursions en canoé ; nous allons remonter la crique Gabriel en canoé triplace. Nous pagayons de 8h30 à 13h00, changeant régulièrement de poste, c'est sympa. La crique s'enfonce dans la forêt et se rétrécit petit à patit, avant de déboucher sur des marais. Nous avons même droit à 2 petits rapides que nous passons malgré quelques difficultés... C'est beau de voir la nature au raz de l'eau, nous voyons plein d'oiseaux dont des martin-pêcheurs en nombre, quelques échassiers, des rapaces et autres oiseaux non-identifiés. Après un solide pique-nique, retour en stop dans nos appartements, après-midi glandouille... Samedi matin, Gaël et Aude repartent à Cayenne à vélo, moi en stop, toujours, nous retournons chez Mélanie. Nous occupons le reste de la journée aux derniers préparatifs avant le départ à vélo. En soirée, nous allons au restaurant avec Mélanie, pour manger des crevettes (et des chevrettes, crevettes d'eau douce, pour Gaël) ; délicieuses !

Dimanche matin, nous étions les invités de l'émission d'Olivier Sagne, « Transit », sur RFO Guyane : 2 heures d'émission en direct pour parler de notre périple et des voyages que nous avons déjà effectués. Vous pourrez bientôt écouter l'enregistrement de cette émission dans la rubrique « On parle de nous ». Aude a pris l'avion pour rentrer à la maison en fin d'après-midi. Nous nous retrouvons donc à deux, pour entamer la seconde et grande partie du voyage. Cela débutera dès demain matin (jour de la rentrée des classes), avec notre rencontre avec les élèves de la classe de CM1b de l'école Eugène Honorien de Rémire Montjoly (près de Cayenne), puis avec la première (petite) étape qui nous (re)mènera à Stoupan, près de Roura.

Ensuite, le Brésil nous ouvrira ses portes, à partir de mercredi ou jeudi... à suivre...

Saint-Laurent du Maroni au Maripasoula : en pirogue sur le Maroni. Du lundi 21 au dimanche 27 août 2006 :

Publié le mardi 29 août 2006

Par Yves et Gaël.

Lundi 21 août 2006 : nous nous levons à l'aube (5h30) et partons en quête d'une pirogue pour remonter le fleuve Maroni, jusqu'à Grand Santi. Après près de 3h d'attente, nous trouvons un piroguier qui veut bien nous emmener, pour 30 € par personne. Nous embarquons avec lui et traversons le fleuve jusqu'à Albina (sur la rive surinamaise). Avec nous, il y a un motoriste, à l'arrière, qui pilote, un takariste, à l'avant, qui manie une perche de bois (takari) pour dirigier la pirogue dans les sauts (rapides) et lors des accostages, 3 collègues piroguiers, qui s'occupent de la manutention, et 6 « passagers ».

A Albina, les piroguiers chargent leur cargaison de bidons de fuel (33 bidons de 200 litres !) ainsi que d'autres marchandises (principalement des boissons...). Nous attendons... nous attendons... des heures et des heures. Ce n'est que vers 14 heures que nous partons enfin ! Nous nous installons sur la pirogue, à cheval sur les bidons, un peu comme on veut... ou comme on peut ! L'atmosphère est des plus joyeuses : l'équipe de bord parle, rit, chante, se promène sur la pirogue avec une agilité sans pareil. Nous ne comprenons pas un mot de ce qui se dit car ils parlent la langue traditionnelle des Noirs-Marrons : le taki-taki (littéralement « Qui parle beaucoup »). C'est un mélange d'anglais, de hollandais, de portugais et des langues africaines d'origine. Mais peu importe, nous sommes partis et y'a d'l'ambiance ! C'est du bonheur ! En route, nous nous arrêtons plusieurs fois, pour décharger quelques bidons par-ci, quelques autres marchandises par-là, pour s'arrêter et se poser un peu tout simplement... Tout cela ponctue le voyage, en plus des quelques sauts que notre motoriste franchit de la manière la plus sereine qui soit...

Le fleuve Maroni est très large et calme pendant plusieurs heures, puis, à partir d'Apatou, il devient plus étroit et agité. De chaque côté, la forêt, océan de verdure, l'Amazonie, défile à perte de vue, luxuriante, mystérieuse, enchanteresse et fascinante. Elle n'est interrompue que par quelques villages noirs-marrons qui bordent le fleuve. Ces derniers sont uniquement ravitaillés par pirogue, qui est ici le seul moyen de communication. Les enfants, souvent nus ou presque, jouent dans l'eau ou partent pêcher en pirogue, tandis que leurs mères font la vaiselle la lessive et leur toilette dans le fleuve. C'est vraiment l'Afrique... Sur le cours du fleuve, nous passons à côté d'étranges barges flottantes. Ce sont des sites mobiles d'orpaillage : l'or attire toujours et encore...

Une petite averse passe, mais nous avons juste le temps de nous couvrir ainsi que nos bagages d'une grande bâche. Tout est prévu ! La fin de l'après-midi arrive, puis la nuit ; nous naviguons toujours, sans lumière bien entendu ! Près d'une heure de navigation de nuit plus tard, nous nous arrêtons enfin dans un carbet de passage nommé « Nassan » où nous passerons la nuit. Nous ne sommes pas les seuls : une autre pirogue a également fait escale ici. Nous installons nos hamacs, puis nous dévorons un couac au thon à l'huile, suivit de speculos : la journée a été longue et nous n'avons pas beaucoup mangé... Nous discutons ensuite un peu avec un apprenti-motoriste, Modo (Auguste), et Margot, une habitante de Grand Santi qui voyage sur l'autre pirogue, qui parlent français. Modo nous paye une « Parbo Bier » au « bar » du lieu que nous buvons en regardant le début d'un film de Jacky Chan ! Nous nous couchons vite, fatigués de la folle journée qui s'achève. La nuit, plusieurs averses tombent. Aude et Yves sont réveillés par des fuites du toit de palmes, tandis que Gaël dort paisiblement...

Le lendemain, Modo nous lève à 6h15. Le campement est vite plié et à 6h30, nous voilà repartis ; il fait à peine jour...

Comme hier, les heures défilent sur le même rythme, mais jamais nous ne nous ennuyons. Il y a un peu plus de sauts qu'hier. Le motoriste fait toujours preuve d'une grande assurance. Il suit méticuleusemet un chemin invisible qui serpente entre les rochers, que l'on ne voit pas au premier abord, mais qui se découvrent lorsque nous passons à côté ! Il faut vraiment bien connaîte le fleuve pour se repérer dans ce vértable labyrinthe fait de multiples bras, d'îles et îlots.

Enfin, vers 14h, nous arrivons à Grand Santi.

Modo nous dépose au carbet de passage Eloi où nous retrouvons... Célia ! Elle est ici en mission, avec 3 collègues médecins. Nous avons bien faim et, avant toute chose, commençons par nous préparer une soupe chinoise... froide (nous avons bêtement laissé notre réchaud à Cayenne !). Deux gosses viennent à notre rencontre et engagent la conversation « Il faut la faire chauffer normalement ! ». Le plus grand a 6 ans et se prénomme Thomas ; le second, son frère, a 3 ans et ne parle pas français (car il n'est pas encore scolarisé). Thomas, qui a 10 frères et soeurs (son père aurait 5 femmes), nous conduit chez Pauline, qui nous remet la clé du carbet. Nous nous installons. Grand Santi est un gros village (ou une petite ville) qui s'étire le long du fleuve. Petites cases, rues de terre battue, gosses qui jouent dehors, musique reggae qui résonne... dépaysement total ! Nous ne sommes plus en Guyane, nous sommes en terre bushinenguée (noir-marron). Le Maroni, qui marque administrativement la frontière entre la Guyane et le Suriname, n'est absolument pas une frontière pour les habitants du fleuve. C'est une simple voie de communication et que l'on habite d'un côté ou de l'autre a peu d'importance ; on parle la même langue, on vit de la même manière, on a la même histoire. Il y a même des enfants français habitants de petits villages côté français, qui vont à l'école sur l'autre rive, au Suriname, car c'est beaucoup plus proche et facile (et inversement).

Mercredi, nous passons un début de journée tranquille à Grand Santi, où les préparatifs de la fête patronale, qui débute ce soir et dure jusqu'à dimanche, occupent tout le village. Des piroguiers déchargent leurs cargaisons de boissons en tout genres tandis qu'on donne une dernière touche aux baraques qui encerclent la place des fêtes. Tout doit être parfaitement décoré, illuminé, arrangé...

Ce n'est qu'en début de soirée que la fête commence véritablement, par un vin d'honneur. C'est comme la fête de Saint-Laurent du Maroni, mais en miniature. Le Maire fait son discours. Il explique qu'il devait y avoir des groupes de musique ce soir, mais l'un est parti trop tard de Saint-Laurent et n'a pas pu arriver avant la nuit et l'autre est « bloqué », quelque part entre Apatou et le village Providence !!!

Jeudi matin, nous partons à l'aube, à bord d'une nouvelle pirogue de fret, en direction de Maripasoula, plus haut sur le fleuve. Comme il y a deux jours, nous sommes installés sur des barils de fuel et accompagnés d'une joyeuse troupe de piroguiers. La brume matinale laisse rapidement place à un soleil ardent et les paysages, toujours plus beaux, défilent sous nos yeux.

Par deux fois, nous nous arrêtons et en profitons, comme les piroguiers, pour nous baigner dans le fleuve. A un moment, 3 pirogues, dont la notre, se suivent et dans un saut très technique, une reste coincée sur des rochers. Aussitôt, tous les membres des trois pirogues se déshabillent et se jettent à l'eau pour aller décharger, décoincer puis recharger la pirogue en difficulté.

La journée est belle, nous arrivons à Papaïchton en fin d'après-midi. Là, nous déchargeons quelques fûts et autres marchandises et chargeons deux énormes rouleaux de câbles qui manquent de faire plier la pirogue ! Heureusement, elle est bien solide. La nuit tombe, nous débarquons à Maripasoula, plus grande commune de France (par sa superficie), vers 20h. Nous prenons une chambre au bar-épicerie-restaurent-hôtel « Chez Dédée », nous dînons (spaghettis à la cuillère ! Essayez donc !), puis allons à la fête. Eh oui, comme à Grand Santi, c'est la fête, jusqu'à dimanche, et comme là-bas et à Saint-Laurent, nous retrouvons une place avec une scène, entourée de baraques qui vendent boissons et mets succulents. Il y a beaucoup plus de monde ici qu'à Grand Santi. Tout le monde est sur son 31, à l'occidentale. Des groupes de danse locaux se produisent, la musique est forte et l'organisation de la soirée n'est pas au top. Nous allons rapidement nous coucher.

Le lendemain, nous nous levons à 8h, alors que la musique de la fête, qui a hurlé toute la nuit s'arrête enfin ! Nous quittons l'hôtel et allons nous installer chez Richard Gras, qui a un carbet. C'est un peu excentré (si on considère qu'il y a un centre ici) ; on sera plus au calme et le cadre est beaucoup plus joli, au bord du fleuve.

Nous y retrouvons Johan et Anaïs, nos voisins de chambre de la nuit précédente. Les jours qui suivent s'organisent de la manière suivante : dodo, promenade, repas, sieste, yam's, fête, repas, dodo...

Nous rencontrons Benoît, qui vient s'installer à Maripasoula pour travailler sur un programme de mise en valeur et de développement de l'agriculture entre Apatou et Maripasoula. Sur la fête, nous assistons à d'autres prestations de danse (où l'on retrouve les rythmes africains), dont certaines sont bien, de musique reggae, et même au concours de Miss Maripasoula, remporté par la seule et unique concurrente ! Elle remporte un VTT et une machine à laver !!!

Dimanche 27, cela fait un mois tout juste que nous sommes partis. Nous prenons un petit avion d'Air Guyane pour rentrer à Cayenne où nous allons passer la semaine avant le départ de Aude et notre départ à vélo. L'aérodrome de Maripasoula vaut le détour : une piste, un vieux bâtiment en travaux et c'est tout !

L'avion, qui arrive directement de Cayenne, se pose et s'immobilise à quelques mètres de nous. Nous mettons nous même nos sacs dans la soute et montons à bord (20 places). La cabine de pilotage n'est pas séparée des voyageurs et nous voyons tout ce que font les pilotes. C'est assez impressionnant. L'avion se place en bout de piste et s'élance. C'est parti ! Nous survolons l'océan de verdure qu'est l'Amazonie. C'est magnifique ! Quelques nuages s'accrochent au-dessus des arbres. De temps à autres, les méandres d'une crique rompent la monotonie du paysage... La nuit tombe, Cayenne se rapproche...

Saint-Laurent du Maroni - Samedi 19 et dimanche 20 août 2006 :

Publié le mardi 29 août 2006

Par Yves

Samedi matin, retour à Saint-Laurent en stop. La chance est avec nous aujourd'hui : nous sommes pris par deux chauffeurs, tout d'abord jusqu'à Sinnamary en 4x4 tout confort, puis jusqu'à Saint-Laurent, à l'arrière d'un pick-up, cheveux au vent !

Nous arrivons à bon port vers 12h30 et retournons à l'internat de l'hôpital. Nous y retrouvons ses repas et de nouveaux internes : Anthony et Marjolaine, Géraldine, Sophie, Mathieu (épidémiologiste), Célia (interne à Cayenne, et dont le copain, Julien, n'est autre que le frère de Stéphanie, que nous avons rencontré dans le Parc du Brownsberg !). Et ils ont tous entendu parler de nous « Ah, c'est vous les cyclistes ». C'est pas bon ça ?! En fin d'après-midi, nous allons à Awala-Yalimapo, village amérindien au nord de Saint-Laurent, sur la côte. Nous découvrons alors la plus belle plage de Guyane. C'est un site protégé, car lieu de ponte des tortues luth, olivâtres et vertes. La période de ponte touche à sa fin, mais c'est maintenant celle des éclosions (ou émergences). A la nuit tombée, nous avons d'ailleurs la chance d'assister à ce « spectacle » formidable : les petites tortues, à peine sorties de l'œuf, se dirigent vers la mer, en direction de la lumière qu'elle reflète. Impressionnant! Chacun de leur pas laisse une traînée phosphorescente sur le sable. Incroyable nature!

Nous allons ensuite manger un kalicipo (plat traditionnel amérindien composé de gibier ou de poisson cuit dans du jus de manioc et accompagné de couac (manioc) et de galettes de manioc). Un régal.

Dimanche, journée pépère : visite guidée du Camp de la Transportation de Saint-Laurent, dans lequel nous étions déjà entrés il y a quelques jours.

Un peu d'histoire : Jusqu'au XVIII ème siècle, les prisons et bagnes maritimes de France reçoivent les malfaiteurs que la société veut éloigner et oublier. Pour ces mêmes raisons, et pour peupler cette nouvelle colonie, est votée, le 15 août 1792, une première loi qui fait de la Guyane Française une terre de déportation. Mais très vite, l'expérience est arrêtée en raison des épidémies qui déciment la population pénale. De nouveau, en juin 1850, l'Assemblée Nationale décide de transformer la peine de mort en déportation dans les colonies pour les plus méritants. Ainsi, le 31 mars 1852, les premiers condamnés débarquent en Guyane, pour être affectés dans l'Est du territoire à la construction de pénitenciers, presque aussitôt abandonnés en raison de leur insalubrité. Dans ce contexte, Sarda-Garriga, commissaire général de la Guyane, est chargé de rechercher des terres plus hospitalières, et son choix se fixe sur la rive droite du Maroni. Quelques années plus tard, en 1857, le commandant Mélinon retient le site dénommé Kamalaguli, petit village amérindien, pour son installation. Cette même année, les premiers bagnards arrivent au camp de la transportation. Après les premiers travaux, Saint-Laurent du Maroni est inauguré le 21 février 1858.

L'année 1859 voit arriver le premier convoi de femmes condamnées, toutes volontaires et choisies parmi celles qui peuvent retrouver une vie normale en fondant un foyer. Devant l'échec de cette tentative, les convois sont interrompus en 1905. La situation sanitaire des bagnards devient catastrophique. Napoléon III décide en 1867 de ne plus envoyer de condamnés blancs en Guyane et de les diriger en Nouvelle-Calédonie au climat plus sain. Mais le bagne de Guyane subsiste. Saint-Laurent du Maroni devient le siège de l'administration pénitentiaire : le 15 septembre 1880, la ville est érigée en Commune pénitentiaire spéciale (exemple unique). Entre 1852 et 1953, environ 70 000 condamnés, répartis en quatre catégories seront passés dans les différents camps implantés sur le territoire de Saint-Laurent du Maroni : Les transportés : Ces condamnés étaient « transportés » en Guyane pour y accomplir la peine de travaux forcés, suite à un acte très grave (vol à main armée, meurtre, vol qualifié!). Ces forçats pouvaient être condamnés pour un temps déterminé ou à perpétuité. On a dénombré plus de 55 000 Transportés. Ils représentaient la catégorie de bagnards la plus importante. Six cases doubles et six cases simples leur étaient réservées. Jusqu'en 1928, un bat-flanc leur servait de couche (environ 50 par étage).

Les Libérés : Une fois sa peine achevée, le Transporté devenait un Transporté Libéré (encore appelé « popote » ou « vieux blanc »). Libéré, il devait cependant rester en Guyane sous le contrôle de l'Administration Pénitentiaire. Le Libéré se voyait obligé de résider en Guyane le même nombre d'années que sa peine, si celle-ci avait été inférieure à huit ans, c'était le doublage. Si sa condamnation avait été supérieure à 8 ans, il avait obligation de résidence en Guyane à vie. Les Libérés étaient détenus dans les mêmes conditions que les Relégués : un bâtiment collectif (blockhaus) et des cellules individuelles pour les plus indisciplinés et les récidivistes.

Les Relégués : Surnommés « Pieds de Biche », ils n'avaient pas commis de faute grave mais avaient récidivé. Ces hommes étaient placés sous l'autorité de l'Administration Pénitentiaire mais n'étaient pas astreints aux travaux forcés. Si leur cas était jugé lourd, ils devaient travailler et étaient enfermés la nuit : c'était la relégation collective, basée à Saint-Jean du Maroni. Les autres étaient libres avec l'autorisation de vivre dans la commune de leur choix. Il y eut près de 18 000 Relégués. Le quartier des Relégués se divise en deux parties : un bâtiment collectif (blockhaus) pouvant recevoir jusqu'à 40 bagnards et 19 cellules individuelles réservées aux « fortes têtes ».

Les Déportés : Condamnés politiques pour espionnage, trahison, désertion ou faux monnayage, ces condamnés se divisaient en deux groupes : les déportés simples envoyés purger leur peine aux Iles du Salut (Royale et Saint-Joseph), et les déportés en enceinte fortifiée, comme le fut Dreyfus, enfermés sur l'île du Diable. Quelques centaines d'hommes subirent ce sort.

Kourou, du vendredi 11 août au samedi 19 août au matin :

Publié le mardi 29 août 2006

Par Gaël

Aujourd'hui, nous redescendons à Kourou avec Nicolas et sa copine Camille qui partent en Bolivie et au Pérou pendant trois semaines. Nous arrivons vers midi et nous sommes accueillis par Boris et Stéphanie (un autre contact que nous avions) qui habitent là depuis près d'un an. Boris travaille au Centre Spatial Guyanais (CSG). Ca tombe bien, ce soir c'est le lancement d'Ariane 5. A la nuit tombée, nous allons donc avec Boris sur la plage de Kourou pour assister au spectacle.

19h15 : le ciel noir s'illumine brusquement en direction du pas de tir ; la lumière est intense et une grosse boule de feu s'élève. C'est Ariane 5 qui transporte deux satellites de télécommunication (JCSAT 10 et Syracuse 3B pour ceux que ça intéresse). Elle prend rapidement de la vitesse et de la hauteur. C'est alors que le bruit nous parvient : un sourd grondement qui fait, paraît-il, vibrer les habitations ; ici, sur la plage, ce n'est pas si impressionnant. La fusée s'élève encore et prend la direction de l'est pour aller placer les satellites en orbite géostationnaire ; elle passe au dessus de nous. Après environ deux 2 minutes, nous voyons clairement deux points lumineux qui s'écartent de la fusée. Ce sont les Etages d'Accélération à Poudre (EAP), ou boosters, qui ont fini leur travail de propulsion et qui se détachent de l'engin. Ils retomberont dans l'Océan et couleront, à priori sans laisser de trace et sans polluer! La fusée s'éloigne encore et nous ne distinguons plus maintenant qu'un minuscule point lumineux, une étoile de plus dans l'Univers! Nous passons la soirée à fêter le lancement réussi avec Boris et bon nombre de ses collègues.

A Kourou habitent beaucoup de métros qui travaillent au CSG, pour des missions de 6 mois à 7 ans. Il y a également beaucoup de légionnaires, assez rustres apparemment! Les créoles tiennent l'administration, les chinois le commerce et les « clandestins » (dominicains, haïtiens) font les petits boulots ; il y a aussi des brésiliennes qui cherchent un riche mari au CSG, des noir-marron Saramaka et quelques Amérindiens. C'est donc une ville cosmopolite, typiquement guyanaise. Nous passons un samedi tranquille, entre promenade dans Kourou, repas et dégustation de glaces.

Dimanche, nous partons avec Boris nous balader sur le layon (sentier) de la Montagne des Singes, à une quinzaine de kilomètres de Kourou. Boris nous raconte que la dernière fois qu'il est venu là, un boa arc-en-ciel est passé entre les jambes de sa belle-mère ! La balade dure deux heures et malgré le nom du lieu, il n'y a pas de singes ici ! Nous ne verrons aucun animal, si ce n'est quelques insectes et surtout de nombreuses araignées.

Le layon est très joli, longeant d'abord un petit ruisseau puis s'élevant à flanc de colline. Nous arrivons au sommet (146 m d'altitude quand même !) après 1h30 de marche. La vue sur Kourou, le fleuve du même nom, le CSG et les Iles du Salut est superbe. Là, il y a un carbet nommé « le carbet des araignées », car il en est envahi. Leur particularité est que les grosses (celles que l'on voit bien) sont les femelles et que les toutes petites sont les mâles.

Lundi, après un footing matinal « à la fraîche », si on peut dire, nous partons, avec des collègues de Boris, pour deux jours en carbet, sur le fleuve Kourou. Nous y allons d'abord en voiture, puis en barque pour les derniers 500 mètres.

Baignade dans le fleuve, concours de plongeon, bataille de boue, knee-board (sorte de ski nautique sur une planche sur laquelle on se tient à genoux au enfin, on essaye !), barbecue et détente sont au programme. Plutôt sympa. Sur le fleuve Kourou, et comme sur tous les autres fleuves de Guyane, la marée est sensible. Nous somme pourtant à plus de 20 km à vol d'oiseau de l'embouchure, mais le faible dénivelé fait qu'ici, il y a tout de même une marée de plus d'un mètre d'amplitude. Et ce qui est le plus surprenant, c'est que le courant change de sens quand la marée monte ou descend !

Mercredi, nous allons visiter le CSG (Centre Spatial Guyanais). Nous commençons la visite par la salle Jupiter. C'est là que sont prises les décisions concernant le décollage de la fusée. Des rangées d'ordinateurs sont alignées devant un écran géant où sont données diverses informations concernant la fusée. Ariane 5 est un lanceur, qui place des satellites en orbite géostationnaire (est au ouest : le satellite est alors fixe par rapport au sol), ou polaire (nord au sud). Ce sont des satellites de télécommunication, d'observation, de services météo, militaires! Ariane 5 peut transporter jusqu'à 10 tonnes de charge utile (satellite) et possède 4 moteurs, qui s'allument successivement lors du décollage.

Bientôt, sur le site de Kourou et de Sinnamary (ville voisine), seront construites deux nouvelles bases de lancement, une pour Soyouz (Russie) et une pour Vega (Italie). Cela permettra de placer en orbite des satellites de masses différentes : plus légères avec Vega, plus lourdes avec Ariane 5, et intermédiaires avec Soyouz. Le CSG de Kourou est idéalement situé pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il est situé près de l'équateur, ce qui permet de bénéficier de la vitesse de rotation de la Terre et de gagner de l'énergie ainsi. De plus, l'ouverture sur l'Océan au nord comme à l'est permet d'effectuer des lancements vers des orbites géostationnaires et polaires. La Guyane est aussi un pays où les tremblements de terre sont très rares et faibles et où il n'y a pas de cyclones. C'est aussi une région peu peuplée et très vaste.

Jeudi matin, nous partons pour deux jours sur les Iles du Salut. Nous embarquons à bord du catamaran Le Royal Ti-Punch, pour une heure trente de traversée jusqu'à l'île Royale. L'archipel des Iles du Salut, composé de trois îles (l'île Royale, l'île Saint Joseph et l'île du Diable), constitue une zone géographique très différente du continent, pourtant à seulement 17 km de là. Ici, le climat est plus sec, plus ventilé, et surtout l'eau est bleue ! On se croirait presque dans les Caraïbes ! Mais ces conditions paradisiaques ne font cependant pas oublier le terrible passé des îles, qui servirent de bagne entre 1887 et 1940 pour les prisonniers les plus durs, et les prisonniers politiques (dont Dreyfus ou Seznec). S'évader des îles était une opération des plus délicates. En effet, les éléments naturels constituaient des barrières quasi infranchissables : côtes rocheuses balayés par une forte houle et des courants dévastateurs, mer infestée de requins en ont découragé plus d'un. L'île Royale, comme les deux autres, n'est pas très grande. Nous en faisons le tour en une bonne heure. Nous croisons, sur le chemin, de nombreux agoutis.

Quelques bâtiments en ruine rappellent le triste passé de l'île. Mais la plupart des bâtiments, restaurés et transformés en hôtel font perdre à l'île son atmosphère lourde. L'île est un peu la Côte d'Azur de la Guyane, et beaucoup de monde vient ici profiter de la mer bleue et de l'ambiance Caraïbes. Dans le bassin qui servait de réserve d'eau potable, un caïman se prélasse tandis que de nombreux iguanes se promènent. Nous voyons aussi deux beaux aras, peu farouches !

A 14 h, nous sommes de retour à l'embarcadère, et traversons jusqu'à l'île Saint Joseph, où nous passerons la nuit. Nous faisons un rapide tour de l'île et trouvons, près de la plage, un endroit sympathique pour installer notre campement. Nous allons ensuite visiter l'île. Les vestiges du bagne sont ici laissés à l'abandon et on ressent pleinement l'atmosphère pesante qu'il devait y avoir. La végétation envahit les bâtiments, les arbres poussent dans les cellules, traversant les portes et écartant les grilles, comme si la nature voulait effacer au plus vite ces pages noires de l'histoire. Les couloirs où sont alignées les cellules sont lugubres et donnent encore des frissons.

Ici, dans ces minuscules cellules, les bagnards étaient emprisonnés en permanence et n'avaient droit qu'à une sortie de 20 minutes par jour, dans une cour à peine plus grande que la cellule. Le silence devait être total, il était interdit de lire, d'écrire ou de communiquer avec quiconque ! Le toit des cellules était constitué de simples barreaux, permettant aux gardiens une surveillance totale, mais surtout laissant les bagnards recevoir le soleil comme la pluie. Conditions inhumaines! Retour au campement au coucher du soleil. Nous faisons un feu. Mais le bois de cocotier humide, ça brûle mal et ça éclaire peu ! Nous passons une très belle nuit, bercée par le bruit des vagues qui s'écrasent sur les rochers.

Le lendemain, c'est baignade et détente. Juste avant de repartir pour le continent, nous tombons sur un groupe de petits singes qui jouent des les arbres (saïmiri). Nous nous approchons doucement ; les singes aussi ; si bien que nous finissons par donner des morceaux de noix de coco aux singes qui viennent nous les prendre dans la main ! Excellent !

Nous rentrons à Kourou, chez Boris et Stéphanie et allons déguster une glace (caramel, noix de pécan et maracudja pour moi). Demain, nous repartons pour Saint Laurent du Maroni.