Par Gaël et Yves.
Samedi 24 mars : Pucon - Villa Garcia 109 km
Dimanche 25 : Villa Garcia - Station de ski Las Araucarias 58 km
Lundi 26 : Las Araucarias - Sommet Llaima - Cherquenco 22 km
Mardi 27 : Cherquenco - Temuco 60 km
Mercredi 28 et jeudi 29 : Temuco
Vendredi 30 : Temuco - Victoria 69 km
Samedi 31 mars : Victoria - Santiago 16 km + 610 km en bus
Dimanche 1er avril 2007 : Santiago
Nous voici à Santiago, immense capitale du Chili, qui, avec ses 6 millions d'habitants, regroupe quasiment la moitié de la population du pays. Mais avant d'arriver ici, nous avons parcouru la région IX, Araucania, de Pucon à Temuco, avec un moment fort : l'ascension du Volcan Llaima à 3125m, dédicacée à la famille Lafore, et de nombreuses rencontres...
Samedi 24, nous quittons Pucon au lever du jour, après une journée de repos bien méritée dans cette petite ville touristique nichée au pied du volcan Villarrica. Il fait beau et la route qui longe le Lago Villarrica nous offre de beaux points de vue. Nous traversons ensuite la campagne verdoyante jusqu'à arriver en vue du Volcan Llaima, peu après la petite ville de Cunco.

Le soir, nous nous arrêtons dans une petite ferme et demandons la permission de planter nos tentes dans le pré tout proche. L'homme qui nous reçoit, José, nous accueil avec le sourire et nous dit de nous installer près de la maison, "c'est plus sûr". Nous nous installons donc et, alors que nous buvons le maté rituel de la fin de journée, une femme vient nous voir et nous offre une douzaine de pêches fraîchement cueillies. Nous en dégustons deux alors que le soleil se couche sur le Llaima et gardons les autres pour nous faire une petite compote.
Ensuite, à la nuit tombée et alors que nous nous apprêtions à nous coucher, José revient nous voir et nous invite à boire un verre dans sa maison... Il vit ici avec sa femme et leurs fils, Pedrito, qui fête aujourd'hui ses 3 ans. Il nous sert une belle part de gateau d'anniversaire, un verre de coca et des galletitas, que l'on déguste en regardant un film typiquement chilien à la télé : Scarie Movie 3 !

Le lendemain, une belle étape de vélo nous conduit sur les flancs du volcan Llaima, à 1550 m d'altitude, à la station de ski Las Araurarias. Dans la montée, nous voyons beaucoup de gens venus ramasser des piñones d'araucarias (arbres endémique de la région). C'est la pleine saison et c'est très bon, un peu dans le syle de nos chataignes. Nous bivouaquons à la station de ski, au pied de ces fameux arbres, prévoyant de tenter l'ascension du volcan le lendemain.

5h45, lundi matin, le réveil sonne. Je sors la tête de ma tente. Il fait encore nuit noire. Une miriade d'étoiles brille dans le ciel chilien. On y va ! On se met en marche aux premières lueurs du jour. Nous commencons par suivre les remontées mécaniques jusqu'à un immense plateau qui nous sépare du cône volcanique, que nous atteignons alors que le soleil se lève sur les volcans voisins : Lonquimay et Tolhuaca au nord et Villarrica au sud.

Nous traversons le plateau pour prendre pied sur le gros névé qui occupe la base de la face nord-ouest du Llaima. Nous le remontons jusqu'à 2600 m d'altitude, sur une neige gelée, qui crisse sous nos pas dans la fraîcheur matinale. C'est à la fin du névé que les choses se compliquent. Il nous faut désormais grimper dans des pentes raides de scories instables. Nous avancons plus souvent à quatre pattes que debout, recherchant l'équilibre et l'adhérence dans ces pierres qui ne demandent qu'à dévaler la pente.

Au-dessus de nous, une grosse roche depuis laquelle se dégage une importante quantité de fumée nous sert de point de repère. Plus nous nous rapprochons de la cime, plus les fumerolles sont importantes dans toute la face. Le sol est même chaud ! C'est impressionnant ! Le sol fume et les scories sont brulantes par endroits. La progression est difficile, mais on atteint tout de même le sommet après 3 heures d'effort (pour plus de 1600 m de dénivelée). Là haut, à 3125 m, le spectacle est phénoménal ! La vue tout d'abord : 360 degrés de splendeurs. Au sud, 3 volcans alignés se dressent sur l'horizon : le Lanin, le Queutrupillan et le Villarrica. à l'est, les sommets (plus modestes) de la cordillère argentine brillent au soleil. Au nord, 3 autres volcans aux cônes enneigés se font admirer, tandis qu'à l'ouest, une mer de nuages recouvre la plaine chilienne. Mais le plus impressionnant, c'est le cratère qui s'ouvre sous nos pieds. 200 mètres de diamètre et un à-pic terrifiant au fond duquel plonge un gouffre circulaire aux parois lisses, qui semble conduire jusqu'aux entrailles de la Terre... De là proviennent d'importantes émanations de gaz et de vapeur.

Nous nous assayons au sommet et mangeons un morceau en pensant à la famille Lafore, qui rentre à la maison ce jour même, après 6 mois de voyage en Argentine. Descente rapide dans les scories et le brouillard monté des vallées... L'après midi, nous redescendons jusqu'à Cherquenco où nous sommes invités à camper dans le jardin et à boire un café chez un habitant du village.
Le lendemain, nous filons dans la brume, puis le soleil, jusqu'à Temuco. Là, nous sommes acceuillis par Susana, étudiante en architecture, qui vit en colocation avec deux collègues, à l'est du centre-ville. Nous passons chez elle deux jours merveilleux, dans une ambiance estudiantine qui nous rappelle notre "jeunesse"... En effet, la petite maison est occupée quasiment 24h sur 24 par les copains et copines, tous étudiants en archi, qui viennent "travailler sur des travaux collectifs à rendre", mais surtout pour partager cervezas et piscolitas (bières et pisco, alcool national) et prendre du bon temps !
De Temuco, nous en sillonnons le centre-ville où l'agitation citadine nous déboussole totalement ; après plusieurs semaines dans la nature, c'est dur de retrouver ses marques ici ! Nous gravissons le Cerro à‘ielol, au coeur de la ville, en haut duquel nous jouissons d'une vue sur l'agglomération la plus polluée du pays après Santiago...
Après avoir été servis par Susana à notre arrivée (elle nous a préparé des humitas, semoule de maïs enroulée dans une feuille de maïs), nous prenons les rênes de la cuisine mercredi et, comme à notre habitude, nous faisons des crêpes ! Les personnes présentes ce jour là en profitent, notre cuisine gastronomique fait sensation. Nous sommes sur le point de passer aux crêpes sucrées quand un groupe de potes arrive et lance une opération "mariscos" (fruits de mer). Nous sommes priés de prendre une pause au salon tandis que la fine équipe se démène : vaisselle et préparation d'une marmite géante (celle des grandes occasions) de moules et autres fruits de mer ! En attendant de pouvoir y gouter, nous regardons "Mala Leche", un film chilien. Nous enchaînons sur les fruits de mer, accompagnés d'un verre de jus de cuisson... Délicieux !
Le lendemain, nous nous mettons en devoir de terminer la pâte à crêpes au petit déj'. à peine ce dernier terminé, nous filons chez Claudia, une amie de Susana, où nous sommes invités pour l' almuerzo, le déjeuner ! Une autre amis de notre hôte, Roma, est là et c' est entourés de ces trois charmantes jeunes filles que nous nous délectons d' anticuchos (brochettes), préparés par ces dernières ! Que demander de mieux ? Afin de digérer, l'après-midi se poursuit devant un autre film, "l'illusionniste", affalés dans des canapés à grignoter des chocolats... Qu'il est bon de voyager... Le soir, nous goutons aux piñones et, comme nous avons encore un petit creux, plâtrée de raviolis et au lit !
Vendredi 30 mars, nous quittons Susie et Temuco pour Santiago, que nous comptons rallier en stop. Nous nous postons dans une station-service à la sortie de la ville et entâmons une attente "rebondissante" : nous sommes d'abord invités à manger une paëlla par la propriétaire du resto de la station, sympa ; puis, un chauffeur nous propose de nous conduire à la capitale, mais le lendemain, et de Victoria, 50 km plus au nord. Nous aceptons et rallions Victoria par la Panaméricaine, véritable autoroute...
Samedi, après avoir bivouaqué dans une station-essence, entre les camions, nous attendons en vain notre chauffeur. Finalement, nous prenons un bus et arrivons à Santiago vers 21h, après avoir traversé les régions du Bio Bio et de Maule sous un soleil radieux. A Santiago, 6 millions d'habitants, nous sommes acceuillis par Gloria, chez qui nous restons jusqu'à l'arrivée des parents de Gaël.