15/08 : Oruro - San Cristobal : 104,50 km.
16/08 : San Cristobal - Bivouac avant Aguas Ricas : 89,75 km.
17/08 : Bivouac avant Aguas Ricas - Sajama : 72,75 km.
Du 18 au 20/08 : Ascension du Nevado Sajama (6542m, 9h20 de montée, 5h30 de descente), retour Sajama.
21/08 : Sajama.
22/08 : Sajama - Parinacota (Chili) : 62,50 km.
23/08 : Randonnée dans le Parc National Lauca, autour des Lagunas Cotacotani (4h).
24/08 : Parinacota - Lago Chungara : 17 km. + Montée au camp d'altitude du Volcan Parinacota (5h30).
25/08 : Ascension du Volcan Parinacota (6342m, 3h15 de montée, 4h40 de descente), retour Chungara.
26/08 : Lago Chungara - Bivouac vers Curahuara (Bolivie) : 77km.
27/08 : Bivouac vers Curahuara - Village Aymara : 82,50 km.
28/08 : Village Aymara - Tolar : 85,50 km.
29/08 : Tolar - La Paz : 76,75 km.
Par Yves.
Partie I :
Une quinzaine de rêve s'achève, quinzaine qui fut sous le signe de la haute montagne et pour nous l'occasion de nous essayer à l'Andinisme : après avoir gravit le Volcan Licancabur (5916m) dans le Lipez, entre autres sommets à plus de 5000m, nous nous sommes attaqués à deux sommets à plus de 6000m, et non des moindres, à savoir le Volcan Parinacota (6342m) et le Nevado Sajama (6542m, point culminant de la Bolivie).
Ce fut également pour nous l'occasion de retourner au Chili, une ultime fois, avant de poursuivre notre séjour en terres boliviennes, en passant par La Paz, huitième capitale de notre périple...
Mercredi 15 août, après une rapide journée de repos, nous repartons vers l'ouest, direction Sajama.
En sortant d'Oruro, nous longeons le Lago Uru-Uru, paradis des canards, sarcelles, échassiers, flamants, foulques et autres oiseaux en tout genre. Puis, nous retrouvons l'Altiplano, désert sans horizon à la végétation rase, où les camélidés sont les rois et où les hommes se regroupent par-ci, par-là, autour des rares points d'eau. Le soir, nous dormons dans l'école du hameau de San Cristobal, dont l'instituteur gagne 50 bolivianos par jour travaillé (5 euros), soit un salaire mensuel d'environ 100 euros...
Deux étapes de piste plus tard, les sommets enneigés vers lesquels nous nous dirigeons nous apparaissent enfin : Le Volcan Guallatire tout d'abord, puis ceux du Parinacota et du Pomerape, et enfin, le Nevado Sajama ; c'est vers ce dernier que nous mettons le cap.
Nous rejoignons la Route Internationnale "La Paz - Arica" avant de bifurquer vers le petit village de Sajama, niché au pied du majestueux Nevado, point culminant de Bolivie avec 6542m d'altitude. Les 11 km de piste qui nous y mènent sont infâmes, mais, heureusement, le décor qui nous entoure est de toute beauté. Qui plus est, en arrivant, nous sommes acceuillis de la manière la plus chaleureuse qui soit par un groupe de français voyageant avec une agence chilienne. Leur voyage : trois semaines entre Chili et Bolivie avec comme objectif l'ascension de cinq sommets, trois 5000m et deux 6000m dont le Nevado Sajama en guise de "déssert".

Nous nous installons dans ce village à l'atmosphère paisible et réfléchissons au programme des jours suivants : notre idée est de gravir le Parinacota puis le Sajama. Mais la soirée que nous passons avec les français qui nous invitent à leur table nous fait changer notre fusil d'épaule : partant pour le Sajama le lendemain, ils nous proposent de partir avec eux ! Bueno !
Samedi 18 août, sacs au dos, nous nous élançons donc tout excités dans l'ascension du plus haut sommet du pays. Le temps est au beau fixe, cela s'annonce bien. Après 2h30 de marche (au lieu de 4h00 prévues dans les topos) sur une piste puis le long du Rio Aychuta,nous arrivons au camp de base (4800m) où nous retrouvons nos amis. Ces derniers nous invitent de nouveau à venir nous abriter du vent qui s'est levé, sous leur tente "cuisine - repas". Nous échangeons avec les uns, les autres, faisant ainsi connaissance. Nous conversons également avec les deux guides chiliens, Rodrigo et Patricia, ainsi qu'avec le responsable français du groupe, François-Rémi ; très sympathiques. A cette occasion, nous apprenons que Patricia, qualifiée de "personnalité dans le monde la montagne au Chili" par Rodrigo, est en passe de relever un défi plus qu'impressionnant : gravir les sept sommets les plus hauts des "sept" continents ! Il ne lui en reste qu'un, auquel elle s'attaquera en septembre, le point culminant de l'Océanie qui se trouve en Indonésie ; et oui, elle a déjà gravit l'Everest ! On n'est pas avec n'importe qui, voyez-vous !

Le lendemain, nous rejoignons l'arrête nord-ouest du géant après avoir remonté un pierrier bien raide, et arrivons au camp d'altitude (5650m) situé à quelques centaines de mètres du glacier (en 2h30 au lieu de 5h00, tant mieux...). De là, la vue s'étend à l'infini en direction de La Paz, et est grandiose en direction du Chili : Parinacota et Pomerape se dressent sous nos yeux, entre autres, magnifiques volcans aux formes quasi-parfaites, attirants... Nous passons la fin de journée à discuter dans cet endroit insolite, perché au-dessus du monde, avant un "bon" repas et avant de nous glisser dans nos duvets, tout habillés, car il risque de ne pas faire chaud cette nuit ! Il est 18h30, réveil à 1h30, départ prévu à 2h30...
Le réveil sonne en pleine nuit, c' est l'heure ! On enfile chaussures et coupe-vent, on petit-déjeune sous la tente, puis on attend que le groupe soit prêt, en silence, chacun dans nos pensées...
3h00, c' est parti. Une file indienne se met alors en marche à la lumière des lampes frontales, remontant le couloir menant au glacier. Là, nous chaussons les crampons, sortons les piolets et nous nous encordons (notez que nous trimballons ce matériel depuis Santiago/Mendoza, ça fait plaisir de nous en servir enfin !) ; c'est alors que François, bout en train sans pareil, lance : " Le plus beau aujourd'hui, c'est que nous sommes accompagnés par Herzog et Lachenal !" car, sans baudrier, c'est "à l'ancienne" que nous sommes encordés !
Ensuite, nous remontons une arrête puis un couloir, où une corde fixe a été installée par les guides. Passages quelque peu techniques, cette "main-courante" nous facilite la tâche ; seul "hic", nous progressons lentement les uns derrière les autres et nous commençons à avoir froid... A la fin de la corde fixe, chaque cordée peut partir à son rythme. Il est 5h30, nous sommes à 6018m ! La cordée "Herzog-Lachenal", alias "Si On Jouait", s'élance alors à l'assaut des 524 m qui la séparent du sommet. Après un passage de pénitents (excroissance de glace formée par plusieurs lames verticales) pas facile mais qui nous réchauffe, nous parvenons sur une neige bien dure. Le soleil se lève peu à peu, le cône du Sajama se projette en ombre sur le Parinacota, magique... Notre cordée progresse bien et, après quelques pauses pour souffler, nous atteignons la cumbre, le sommet, vers 7h30 (notre acclimatation est parfaite, on a mis 4h30 au lieu de 7h00 et nous ne souffrons pas du moindre mal de tête au sommet), vaste étendue balayée par un léger vent. 6542m, ON Y EST, ON L'A FAIT ! On n'y croit pas, c'est fou d'être là, sur le toit de la Bolivie...

On grignote, on boit un peu, on profite du moment puis, la ligne d'arrivée de la course se trouvant en bas, nous entâmons la descente.
Nous croisons les cordées de nos amis qui arrivent à leur tour, nous étions les premiers en haut avec deux autres du groupe. Le passage de pénitents est plus délicat qu'à la montée, d'autant plus que la fatigue commence à se faire sentir, mais nous nous en sortons bien.

La corde fixe, et nous voici de retour à la tente. On plit le camp, quelques sucreries, un Mantecol et ça repart ! Nous rallions le camp de base puis la piste en quelques heures, seuls les derniers kilomètres jusque Sajama nous paraissent interminables... Nous en terminons enfin, après 5h30 de descente depuis le sommet, épuisés. Mais cette fois, nous pouvons savourer pleinement notre ascension, heureux...
Nos amis français rentrent bien après nous, au compte-goutte, chacun à son rythme. En les attendant, nous prenons un apéro-crêpes avec les premiers, crêpes préparées par deux du groupe redescendues après le camp de base ; que rico !
Puis, nous allons dîner dans un petit resto avant d'aller nous coucher. Il est 21h00, nous nous endormons comme des bébés, la tête dans les étoiles...
Mardi 21, après un sommeil profond de près de 12h00 sans interruption (ça faisait longtemps !), nous nous levons pour un petit-déjeuner de luxe avec nos amis français ; il y a tout ce que l'on veut sur la table, ou presque : céréales, sopaipillas et crêpes chaudes, un régal... Nous en profitoms pour remercier tout le monde de nous avoir reçu avec tant de spontanéité, de sympathie et de générosité au sein du groupe ces derniers jours.
Rassasiés, nous partons pour un autre plaisir de la journée : les thermes. Des thermes naturels en plein air, dont l'eau frise les 40 °C, avec le Sajama d'un côté, le Parinacota et le Pomerape de l'autre... Du grand, grand bonheur un lendemain d'ascension...
Ensuite, nous déjeunons une dernière fois avec nos amis qui repartent vers Arica dans l'après-midi, MERCI ENCORE A TOUS, nous avons vraiment passé d'agréables moments en votre compagnie...
La journée se termine entre rangement et détente, demain on file au Chili !
Par Gaël.
Partie II :
Avant de nous diriger vers La Paz, nous faisons un détour de quelques jours au Chili, afin de profiter des paysages magnifiques du Parc National Lauca, de sa faune, nombreuse et variée, et afin de gravir le Volcan Parinacota culminant à 6342m.

Nous quittons Sajama mercredi matin, de beaux souvenirs de ce petit paradis plein la tête. Nous laissons le Nevado Sajama derrière nous et gravissons les pentes du col frontalier entre Bolivie et Chili, à 4687m d'altitude tout de même ! Là-haut, la vue est magnifique sur le Parinacota et le Guallatire, volcan actif, qui crache quelques fumerolles.
Au Chili, c'est d'abord le vent qui nous acceuille, de face bien entendu ! Mais les superbes paysages du Lago Chungara nous font oublier les difficultés. Nous roulons ce jour là jusqu'au minuscule village de Parinacota ("là où vivent les flamants roses" en Aymara), situé au coeur du PN Lauca, dans un site grandiose. Nous plantons les tentes à côté du refuge des guardaparques, au bord d'une petite lagune où batifolent canards, foulques géantes et autres oiseaux aquatiques. Nous passons la soirée en compagnie du garde du parc, qui nous invite à dîner au chaud dans la cuisine du refuge, et qui nous raconte mille et une aventures : les traques aux chasseurs clandestins de vigognes, un -38°C sur les pentes du Parinacota, ses rencontres avec les pumas (nombreux dans le parc), etc.

Jeudi sera une journée tranquille de promenade autour du village, à la découverte de la faune, de la flore et des paysages du PN. La caractéristique de la région est la présence de bodefales (zones marécageuses parsemées de touffes de végétation) et d'une multitude de petites lagunes, le tout dans un relief volcanique et sous la domination des Payachatas ("les deux garçons" en Aymara), les Volcans Pomerape et Parinacota. L'ensemble est le paradis des lamas, alpagas, vigognes, viscachas, mouettes des Andes, foulques géantes, ouettes des Andes, Ibis de Ridgway, flamants du Chili, ainsi que de divers canards et sarcelles... Nous ne nous lassons pas d'admirer batifoler toute cette faune dans ces paysages hors du commun (voir nos photos, nous avons joué aux photographes animaliers...).

Vendredi, nous reprenons nos vélos et roulons jusqu'au refuge de la CONAF du Lago Chungara. Nous y laissons nos montures et nous nous élançons sur les pentes du Volcan Parinacota, cône parfait rappellant le Villarica. L'approche est assz longue, mais superbe, entre lagunes et coulées de lave. Nous grimpons jusqu'au pied du glacier, à 5450m, où nous plantons la tente sur une petite terrasse avec vue panoramique. Sur ce petit nid d'aigle (ou plutôt de condor), le vent souffle fort et notre tente est ballotée en tous sens...

Nous nous réveillons à 5h00 le jour suivant et partons vers 5h45, dans le froid glacial de cette nuit andine. Cette fois, nous sommes seuls sur la montagne et c'est aussi bien ainsi. Quelques minutes de marche sur le pierrier nous mènent au pied du glacier. Crampons, piolets, corde, nous voilà équipés. Les premières lueurs du jour nous permettent de distinguer le champ de pénitents que nous allons devoir traverser... Plus grands, mais sur une distance moindre que sur le Sajama, ces derniers sont franchis rapidement. Nous progressons maintenant sur une belle pente de neige uniforme à 35-40°. La neige gelée crisse sous les crampons ; le vent redouble, nous fouette le visage et nous transperce jusqu'aux os. Derrière nous, l'Altiplano s'éclaire et l'ombre projetée des Payachatas s'étire sur les Lagunas Cotacotani. Je suis gelé... Le sommet se rapproche. Soudain, le soleil m'éblouit. Le Dieu Inti des Incas vient nous réchauffer alors que nous ne sommes plus qu'à quelques mètres du cratère. Fantastique ! Ce dernier s'ouvre à nos pieds. Face à nous pointe le sommet du Sajama tandis que sur notre gauche, le Pomerape rivalise de hauteur et de splendeur avec son grand frère. De l'autre côté, le Guallatire fume et derrière nous une myriade de lacs et de lagunes étincelle sur l'Altiplano chilien. Nous longeons la crête jusqu'au sommet principal du volcan, côté nord. Nous nous abritons du vent et dégustons un Mantecol devant ce paysage à couper le souffle.
La redescente est rapide jusqu'aux pénitents, toujours plus pénibles à la descente qu'à la montée. Enjamber chaque lame de glace, rechercher le meilleur itinéraire dans ce labyrinthe de pics acérés, éviter de se cogner les genoux... Nous arrivons au camp vers 11h, plions la tente, mangeons un morceau et poursuivons notre longue, longue descente jusqu'au refuge du Lago Chungara où nous camperons ce soir. La vue y est imprenable sur le Parinacota et le Sajama et à l'heure où le soleil disparaît du côté de l'Océan Pacifique, le spectacle est féérique. Un dernier coup d'oeil au Parinacota qui s'éteint et nous nous faufilons dans nos duvets, épuisés par la magnifique étape du jour.

Dimanche, nous nous autorisons une petite "grasse mat'" et prenons notre temps au petit déj', profitant une dernière fois du panorama exceptionnel que nous avons face à nous, et levons le camp à 10h15. Nous quittons alors le Chili que nous ne reverrons plus durant ce voyage - Adios Chile ! - et nous déboullons en Bolivie à plus de 100 km/h, dévalant les pentes du col frontalier à toute allure, poussés par un fort vent favorable ! Nous passons une ultime fois au pied du Nevado Sajama et filons sur l'Altiplano (pas si plat que ça par ici...), direction La Paz. Le soleil brille, il fait chaud, que bueno !
L'étape du lendemain est peu intéressante, sur l'Altiplano désertique et dans le vent, alors que les volcans de la Cordillère Occidentale encapuchonnés de nuages s'éloignent derrière nous. Une fois de plus, on aura été en harmonie avec la Nature !
Quelques points d'intérêt tout de même : une belle descente dans un canyon sculpté et d'étranges alignements de Chullpas, tours funéraires précolombiennes. Dans certaines d'entres elles, des momies sont toujours présentes, mais la majorité ont malheureusement été pillées.

En fin d'étape nous nous arrêtons dans un petit hameau, sur la gauche de la route et nous nous dirigeons vers le grand bâtiment blanc : l'école. Là, à peine arrivés, nous sommes acceuillis par "El Presidente", le chef du village, vêtu d'un magnifique poncho rose et coiffé d'un chullo typique. Il a les yeux injectés de sang... il n'est pas bien frais... Il nous invite à pénétrer dans la cours de l'école et nous explique qu'aujourd'hui est un jour spécial : les habitants du village se sont réunis pour poser la première pierre d'une école d'artisanat qu'ils souhaitent construire afin que les enfants réapprennent les techniques traditionnelles de tissage de cette communauté aymara, qui sont en perdition.
Habituellement, un tel évènement est l'occasion d'une "cérémonie" particulière. En effet, pour s'attirer les faveurs de la Pachamama, il est commun d'enterrer, sous la première pierre d'une nouvelle construction, un foetus de lama, en guise de "cha lla" (offrande). C'est certainement ce qui s'est passé cette après-midi.
Nous sommes invités à prendre place dans le cercle formé par les habitants du village (une quinzaine), assis par terre autour d'un "aguaya" (carré de tissu qui sert de sac) étendu sur le sol et recouvert d'une montagne de pommes de terre et de chuño (pommes de terre déshydratées), que chacun s'affaire à mastiquer. Nous faisons de même et on nous offre même une sopita de pollo tandis qu'une fiolle d'alcool à 96 ° (heureusement dillué !), fait le tour du cercle... Tous semblent en avoir bien abusé et comme la plupart ne parlent qu'aymara, la communication est difficile... La fin de la journée approche et chacun rentre chez soi après que les enfants de l'école aient chanté l'hymne à la bandera et descendu le drapeau bolivien (rituel quotidien). Nous demandons l'hospitalité pour la nuit et, après assentiment des instits et d'"El Presidente", nous nous installons dans la cuisine de l'école (le lieu le plus "calientito"), où nous serons dérangés une bonne partie de la nuit par des souris qui grattent dans nos affaires à la recherche de quelques nourriture...
Mardi, nous quittons ce sympathique village Aymarà de bonne heure, afin d'éviter les forts vents de l'après-midi. La route n'est pas passionnante et la circulation s'intensifie à mesure que l'on se rapproche de La Paz. C'est le lendemain que nous y parvenons. Nous abordons la capitale la plus haute du monde par les quartiers populaires de El Alto. Dans une circulation folle où les feux rouges semblent n'être là que pour décorer les carrefours, nous nous frayons un passage parmi les "trufis", des minibus surchargés dont les "crieurs" hurlent avec un débit hallucinant la destination du bolide, dans un capharnaum indescriptible. Quelques flics agités essayent en vain de régler la circulation, mais leurs gesticulations ne semblent émouvoir personne... Nous disparaissons dans un nuage noir craché par un bus brinquebalant et, soudain, sur notre droite, se dévoile la ville de La Paz, nichée dans son immense canyon. L'agglomération se déploie à nos pieds tandis que les sommets de l'Illimani et du Huayna Potosi encadrent magnifiquement l'endroit. La ville s'étire sur les pentes du canyon. Les édifices de brique rouge semblent en équilibre précaire dans ces pentes abruptes, donnant à l'ensemble une impression étrange. Nous dévalons les rues défoncées menant dans le centre ville, enserré, étriqué. L'espace semble manquer, la ville grouille, les rues sont accaparées par les étals des vendeurs, les piétons se bousculent, les trufis et autres minibus tentent de se frayer un chamin dans ce tumulte assourdissant, faisant ronfler leurs moteurs dans les ruelles escarpées. La Paz ne semble être qu'un immense marché à ciel ouvert où chacun à quelque chose à vendre. Nous sommes déboussolés face à tant de mouvement, d'activité, de bruit, d'agitation, de vitesse, de désordre. Le contraste entre notre soirée dans le petit village Aymarà d'avant hier et cette ville trépidente est peut-être trop brusque...

Nous sommes accueillischez Marisita, de Hospitality Club, et logons dans une étrange salle de musculation à l'abandon, sous le regard vigilent de Monsieur Muscle ! Nous allons rester quelques jours dans cette folle capitale avant d'aller explorer de plus près la Cordillère Royale, puis de descendre prendre un bain de chaleur dans les Yungas et jusqu'en dans la jungle amazonienne...