Bienvenue au pays des fleurs - Bienvenidos al paàs de las flores : Tulcan (EQU) - Cali (COL) - Quito (EQU) : du 1er au 10 février 2008
lundi 11 février 2008 Par gael, dans Equateur -# 93 - Fil RSS
01/02 : Tulcan (EQU) - Pasto (COL) 104 km (7h31)
02/02 : Pasto - Laguna de la Cocha - Pasto 54 km (3h51)
03/02 : Pasto - fin du voyage 30 km (1h43)
04/02 : Pasto - Popayan (bus)
05/02 : Popayan
06/02 : Popayan - Cali (bus)
07-09/02 : Cali
10/02 : Cali (COL) - Quito (EQU) (bus)
Par Gaël :
Il y a quelques semaines, à Cuenca, j'avais rencontré un groupe de cinq Colombiens fort sympathiques : Paola, Guillermo, Ana, Alexender y Magda. Ils m'avaient parler de leur pays avec passion et enthousiasme, m'invitant à leur rendre visite chez eux, à Cali, pour découvrir toutes les richesses de leur pays. L'idée d'aller faire un tour en Colombie m'avait déjà traversé l'esprit et cette invitation m'a décidé à me rendre jusqu'à Cali.
Vue depuis l'Europe, la Colombie serait l'un des pays les plus dangereux de la planète, un pays en proie à une véritable guerre civile où les prises d'otages sont quotidiennes et la guerrilla omniprésente, tout comme le traffic de drogue. Ce portrait noir véhiculé par les médias du monde entier est cependant en totale opposition avec la rose description faite de leur pays par les Colombiens. La Colombie, c'est aussi, et je m'en suis rendu compte tout au long de ce voyage en terre sudaméricaine, la destination rêvée pour de nombreux Latinos : plages de rêve, paysages enchanteurs et Colombiens fort accueillants. Le même son de cloche est donné par tous les voyageurs, cyclistes ou non, ayant parcouru ce pays. Alors, entre ces deux portraits opposés, entre ce rose et ce noir, je voulais connaître toute la palette de couleurs qui peut exister dans ce pays, où, j'en suis sûr, toutes les nuances de l'arc-en-ciel sont bel et bien présentes.
C'est au pont international de Rumichaca que je mets le pied en Colombie, sous le soleil matinal de ce 1er février. Ipiales, la première ville que je croise sur ma route, est l'occasion pour moi de boire un premier café colombien et de prendre le pouls de ce pays, où ce qui me marque est la tranquilité et la modernité. La Colombie est l'un des pays les plus riches du continent et le contraste avec l'Equateur, qui n'est pas non plus un pays pauvre, est flagrant.
La route menant jusqu'à Pasto est une pure merveille, cheminant à flanc de montagne, dans de profondes vallées ponctuées de cascades et d'a-pics vertigineux. Sur le bord de la route, des fleurs de toutes sortes égayent mon chemin alors que je reçois de nombreux sourires et encouragements de la part des Colombiens, tous aficionados de la bici.
A Pasto, je suis accueilli par Carlos Fabian, sa femme Marcela, et leurs 3 filles. Carlos est un amoureux de la petite reine depuis toujours. Sportif de haut niveau durant sa jeunesse, il a participé plusieurs fois au tour cycliste de Colombie. Aujourd'hui, il voyage à vélo dès qu'il le peut. Il a déjà roulé jusqu'à Cartagena, sur la côte Caraïbe, ainsi qu'à Tumaco, sur la côte Pacifique et prévoit de partir d'ici peu en direction de la Patagonie, son rêve. Je reçois ici un accueil exceptionnel. On me soigne comme un membre de la famille...
Samedi, je me rends à la Laguna de la Cocha, second plus grand lac de Colombie, situé à 25 km à l'est de Pasto, à plus de 2800m d'altitude, dans un cadre montagneux de toute beauté. La route pour s'y rendre franchit un col à plus de 3200m et offre de superbes vues sur la ville de Pasto, dominée par l'imposant Volcan Galeras, qui crache encore quelques fumerolles après avoir explosé au début du mois de janvier. Mais en revenant à Pasto, Yana montre ses premiers signes de fatigue et son pneu arrière arrière éclate, fissuré sur plusieurs centimètres. Je repars après une réparation artisanale, encouragé par une famille colombienne qui m'offre une bouteille de soda et un drapeau colombien pour m'aider !
Le lendemain matin, je quitte Pasto dans le brouillard, accompagné par Carlos, qui a revêtu sa plus belle tenue de cycliste. Dès la sortie de Pasto, un petit col de 10 km me réchauffe. Mais arrivé au sommet, mon pneu arrière éclate, comme la veille ! Une deuxième fissure s'est ouverte ! Je soigne tant bien que mal la blessure de Yana, en collant des rustines à l'intérieur du pneu pour colmater les trous, aidé en cela par Carlos. 2 cyclistes à l'entrainement (et il y en a beaucoup ici en ce dimanche matin) s'arrêtent à notre hauteur pour voir si nous avons besoin d'aide. Nous discutons 5 minutes puis l'un d'eux s'éloigne pour revenir avec une assiette de riz - viande qu'il m'offre avec un grand sourire et y rajoute 2 pâtes de fruit de sa poche. Les Colombiens sont vraiment d'une générosité incroyable ! Nous repartons et nous élançons dans la descente où un glissement de terrain provoqué par les fortes pluies de derniers jours crée des bouchons.
11h45, km 30, mon pneu arrière siffle une nouvelle fois. Une troisième fissure s'est ouverte. Ce sera son dernier souffle. 3 cervaisons en 50 km, Yana me dit qu'elle n'en peut plus, qu'elle ne veut pas aller plus loin. Je ne sais que faire, je suis abattu : réparer au mieux et essayer de continuer ainsi jusqu'à Popayan, la prochaine ville où je pourrai peut être trouver un pneu de rechange ? Mais il me reste plus de 200 km à parcourir et au rythme d'une crevaison tous les 15 km, je suis pas rendu ! Autre possibilité : faire du stop jusqu'à Popayan et espérer trouver un pneu de rechange là bas, mais rien n'est moins sûr, et de là , il ne restera plus que 140 petits km à pédaler pour rejoindre Cali... Je me résouds alors à prendre une décision difficile et choisi de retourner à Pasto, chez Carlos, pour y laisser Yana, et continuer jusqu'à Cali en bus. Cette décision signifie que mon voyage à vélo autour de l'Amérique du Sud se termine là , au kilomètre 24 658. Je n'irai pas plus loin...
Carlos appèle sa femme pour qu'elle me rapatrie à la maison, puis s'en va poursuivre son entrainement. Je me retrouve alors seul, assis dans le fossé à côté de Yana, affalée dans le bas côté comme un animal blessé, à bout de force. C'est ici, dans ce virage, dans ce fossé, que se termine son voyage. Je ne peux retenir mes larmes en me remémorant quelques épisodes de ce voyage : le départ de Cayenne et la traversée de l'Amazonie brésilienne, l'arrivée à Rio de Janeiro sur la plage de Copacabana, l'accueil inoubliable reçu dans la province de Buenos Aires, l'arrivée au bout du monde, à Ushuaia, les kilomètres arrachés au vent de Patagonie, les journées de solitudes dans la puna de Atacama, la traversée de la Planète Lipez, les instants magiques où je m'envolais avec Yana, glissant comme dans un rêve sur le sel d'Uyuni, les nuits glaciales et pures de l'Altiplano bolivien, les rencontres marcantes aux quatre coins du continent, les kilomètres partagés avec Céline et François, Vanessa et Jaime... Toutes ces images, tous ces visages resteront gravés en moi à jamais, tout comme ces odeurs et senteurs, ces sourires et éclats de rires qui résonnent en moi comme la dernière note d'une douce musique que l'on ne voudrait jamais voir se terminer...
La chaleur du foyer de Carlos et Marcela me redonne le sourire. Merci à vous du fond du coeur...
Lundi 4 janvier 2008, toujours à Pasto, je participe à la grande journée mondiale de mobilisation contre les FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie). Plusieurs millions de Colombiens, dans toutes les villes de Colombie et 156 villes des 5 comtinents se sont réunis pour demander la fin des violences, la libération de tous les otages des FARC et la paix en Colombie. Dans les rues de tout le pays a résonné cet appel à la paix et la liberté : "No mas farc". Cette marche historique démontre toute la volonté de paix du peuple colombien qui refuse l'activité terroriste des FARC. Ce groupe armé crée en 1964 compterait 12 à 18000 membres en Colombie. Les FARC se définissent comme un groupe marxiste-léniniste et affirment représenter les pauvres du monde rural contre les classes riches de la Colombie Il s'opposent à l'influence des à‰tats-Unis en Colombie, à la privatisation de l'exploitation des ressources naturelles, aux multinationales et aux groupes paramilitaires d'extrême droite. Ils se financent à l'aide d'une multitude d'activités incluant la prise d'otages (750 estimées), l'extorsion, le détournement et la participation directe ou indirecte au marché de la drogue. Il y a 4 ans encore, la violence était quitidienne en Colombie et les prises d'otage fréquentes. Mais depuis que le Préident Uribe est au pouvoir, les choses se sont nettement améliorées : les routes ont été sécurisées et il est désormais possible de se déplacer en totale sécurité aux quatre coins du pays. Les terroristes sont pourchassés et reclus dans la forêt amazonienne.
Après avoir participé à cette grande marche pour la paix, je monte à bord d'un bus à destination de Popayan. Surnomée la ville blanche, Popayan est l'une des plus belles villes coloniales du pays. Je parcours ses rues animées et goûte aux spécialités locales : arepas (galettes de maïs), bandeja paisa, mangue verte que l'on déguste salée et arrosée de jus de citron, empanadas de pipian ou jus de fruits. Je rencontre Oscar, de Hospitaly club, étudiant en langue française, qui me fait découvrir la ville. Yves et Virginie nous rejoignent en soirée et nous allons manger une bonne crêpe dans une restaurent français tous ensemble.
Le lendemain, nous nous rendons jusqu'à Cali, où nous sommes accueillis par Magda, Ana et Alexander, que j'avais rencontré à Cuenca, en Equateur. Magda sera notre hôte pour les 3 jours que nous passerons là . Elle vit avec ses parents, dans un lieu paradisiaque à une dizaine de kilomètres au sud de la ville, au coeur de montagnes verdoyantes. Dans le jardin poussent goyaves, bananiers, orchidées, orangers et mandariniers... Nous profitons de ce cadre exceptionnel et découvrons mieux la vie colombienne. Au programme : découvertes culinaires, balades en forêt autour de chez Magda et baignade dans des rivières aux eaux cristallines aux pieds de superbes cascades, visite de la moderne Cali, soirée salsa et over-dose de fruits tropicaux !!! Cali, qui étire ses quartiers peuplés de 2,5 millions d'habitants le long de la vallée du Rio Cauca, est entourée par des plantations de canne à sucre, qui font la richesse de la région. Située à 1000 m d'altitude, entre les cordillère Centrale et Occidentale, Cali bénéficie d'un climat très agréable où les températures oscillent entre 20 et 35 degrés toute l'année !
C'est avec tristesse que nous devons quitter ce pays pour rejoindre Quito, dimanche 10 février, 5 jours avant de quitter le continent. Ces 10 jours passés en Colombie ont été magnifiques à tous points de vue. Malgré le passé difficile de ce pays et son actualité instable, la Colombie est un pays merveilleux, encore préservé du tourisme de masse, authentique et attachant. Je n'ai qu'un regret : ne pas l'avoir parcouru plus longuement à vélo. Je suis tombé amoureux de ce pays aux paysages fantastiques et aux habitants les plus chaleureux que je connaisse... et je n'ai qu'une hâte : y retourner !
Et sachez que le plus grand danger quand on va en Colombie, c'est de ne pas vouloir en repartir !!! QUE VIVA COLOMBIA !!!!!
Commentaires
#1 - Le mardi 12 février 2008 à 15:48, par fonz
#2 - Le mardi 12 février 2008 à 20:30, par lulu
#3 - Le mercredi 13 février 2008 à 18:55, par candice
#4 - Le vendredi 15 février 2008 à 01:57, par Vanessa
#5 - Le samedi 16 février 2008 à 18:43, par velharmo
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