Par Yves.

Yves et Virginie.
27/01 : Latacunga.
28/01 : Latacunga - Casa Quemada : 47 km.
29/01 : Casa Quemada - Quilotoa : 36,50 km.
30/01 : Tour de la Laguna Quilotoa (4h30 rando), retour à Latacunga en bus (2h30) + Latacunga - Bivouac "Cotopaxi" : 11 km.
31/01 : Bivouac "Cotopaxi" - Quito : 83,50 km.
01-02/02 :Quito.
03/02 :Quito - Otavalo - Ibarra en bus.
04/02 :Ibarra - Tulcan en bus.

Après une ultime remontée dans la Cordillère jusqu'à la Laguna Quilotoa, superbe, nous rallions Quito... TERMINUS du tour d'Amérique du Sud "Si on jouait"... Deux jours dans la capitale et nous roulons vers le nord du pays, en bus, repassant pour l'occasion dans l'hémisphère nord.

Dimanche 27 janvier 2008, nous fêtons nos un an et demi de voyage autour d'une glace délicieuse, puis nous nous séparons une nouvelle fois, "¡ Que te vaya bien Amigo, cuidate !"

Lundi, nous mettons le cap plein ouest, direction la Laguna Quilotoa, lac de cratère flanqué à 3854 m d'altitude. Dernière remontée dans la Cordillère pour moi, c'est avec une certaine nostalgie que je me lance dans les lacets du premier des deux cols qui nous mèneront à la lagune... Les reliefs nous entourant sont couverts de nuages menaçants, mais la pluie ne nous rattrape qu'en fin d'après-midi alors que nous sommes dans les derniers kilomètres du col, traversant des vallées de toute beauté, inhabitées ou presque ; ici, les gens vivent dans des "casas de paja", des maisons de paille, typiques de la Sierra depuis Alausi. De l'extérieur, elles paraissent toutes petites, bivouaquer dans une telle habitation serait génial...

Nous entrons donc dans un nuage, de brouillard puis de pluie, qui nous trempe jusque aux os en quelques secondes ; impossible de planter la tente par ici, nous n'avons pas d'eau pour cuisiner, nous passons le col et redescendons dans le froid, n'y voyant pas à cinq mètres, le visage cinglé par la pluie qui nous glace désormais, jusqu'au sang... Nous arrivons à Casa Quemada, hameau où on nous dit que nous pouvons dormir dans la maison communale ; une réunion de village s'y tient, nous entrons afin de profiter de la chaleur dégagée par ces femmes et ces hommes de la montagne, des indiens portant des ponchos de laine magnifiques et des chapeaux vert-chasse ornés d'une plume de paon. Nous attendons que la séance se termine, tentant d'oublier le froid qui nous tétanise en nous laissant berçer par cette langue Quichua que nous ne comprenons pas... Enfin, plus d'une heure et demie après notre arrivée, l'assemblée se disperse, on vient nous saluer et, bien vite, on nous propose d'aller dormir dans... une casa de paja, où nous serons mieux que dans la salle communale ! Nous acceptons sans hésiter et nous nous retrouvons dans le "bivouac de nos rêves", beaucoup plus grand que nous ne l'imaginions ! Là , on nous allume un feu qui nous réchauffe le coeur et, une fois changés, nous partageons une soirée inoubliable en compagnie de notre famille d'acceuil, des gens et des enfants incroyables, prêts à tout pour notre bien-être... MERCI à eux !

Le lendemain, après une bonne nuit et une assiette de beignets tous frais préparés par Gloria, la mère, nous quittons nos hôtes avec regrets et touchés par leur acceuil, puis ré-enfourchons nos bicis dans la brume, qui semble ne pas s'être levée depuis hier... Nous redescendons dans la vallée avant de remonter le second col et d'arriver à Quilotoa, entre bruine et brouillard, petit village accroché sur un des flancs du cratère hébergeant la Laguna. Là , nous sommes acceuillis par José, sa femme et 5 de leurs 8 enfants, un contact reçu de Marco et Yvonne (rencontrés à Trujillo). On nous loge dans une chambre immense et on nous allume le poële à bois car, à 3850 m d'altitude et avec ce temps là , ça caille pas chaud ! Dans l'après-midi, nous allons jetter un oeil à la Laguna, émeraude, dont nous ferons le tour le lendemain.

Mercredi, 7h00, nous voici sur la crête du cratère (300 m au-dessus de la Laguna) dont nous faisons le tour en près de 4h30 de belles montées et descentes. De bon matin, le ciel est presque dégagé et nous aperçevons les Illinizas au loin. La lagune, avec ses 400 m de fond, s'est formée suite à la dernière éruption du Volcan Quilotoa en 1797 ; son eau est sulfurée et un peu salée. La brume nous attend une heure avant la fin de la boucle, nous accélerons le pas et rentrons pour le déjeûner. Puis, nous saluons nos hôtes et prenons un bus qui nous ramène à Latacunga.

De là , nous avançons vers Quito et nous bivouaquons dans un bois d'eucalyptus avec vue sur le Volcan Cotopaxi, qui se laisse entrevoir avant de redisparaître dans les nuages. C'est mon dernier bivouac en Amérique du Sud (sans mes parents...), dur de se dire ça...

Jeudi 31 janvier 2008, c'est le coeur sérré que je démonte la tente pour la dernière fois avant l'Espagne et que j'enfourche la Zorra, pour cette ultime étape de notre boucle sud-américaine. Rentrer dans Quito à vélo n'a aucun intérêt en soi, d'autant que le trafic est de plus en plus dense, mais c'est la Dernière, alors... Néanmoins, je me souviendrai de ce jour : après un petit col, je casse ma seconde paire de lunettes de soleil du voyage - la guigne !- et la pluie se met à tomber avant midi ; en début d'après-midi, nous évitons une truie énorme qui a sauté d'un véhicule et qui est affalée sur la route, avant de nous reprendre la pluie dans un autre petit col menant à Quito, entre les gazs d'échappement et les attaques de chiens méchants (mais bête surtout !) ; dans la descente du col, nous passons à côté d'un accident horrible où on annonce plusieurs morts, avant d'arriver dans le centre historique par des routes de plus en plus défoncées ; klaxonnés par les Troley-bus, je termine l'étape, et par là -même mon voyage, en beauté, crevant et cassant deux rayons à 100 m de la Place Principale ! Nous voici donc à Quito, ma dizième capitale, "Terminus du train", avec près de 22000 km au compteur, je ne réalise pas encore... Un goûter bien mérité et nous retrouvons Cristian, un ami de Marco et Yvonne (encore, MERCI à eux pour ces précieux contacts !), quiteño qui a déjà voyagé à vélo et qui travaille dans la fondation Cyclopolis, dont l'objectif est de promouvoir l'usage du vélo dans l'agglomération de Quito (une "soeur" de Vélo-cité 63 !) ; un autre signe de la richesse du pays... Il nous conduit chez lui, nous laisse la clé et file, nous ne le reverrons pas avant de partir vers le nord !

Vendredi et samedi, nous visitons Quito, sous la pluie puis sous le soleil, jolie capitale construite toute en long et divisée en vieille et nouvelle villes. Un cinéma vendredi soir, la montée impressionnante dans les flêches de la basilique où nous rencontrons Nicolas et Ingrid (belges arrivés ici le 31 et qui partent pour Ushuaia, à vélo, en un an), une fin d'après-midi "danses traditionnelles d'Equateur" et nous voilà prêts à visiter le nord du pays, en bus, par "manque de temps"...

Dimanche, nous voyageons donc à Otavalo où nous flânons sur le marché artisanal, avant de nous rendre à Ibarra, jolie petite ville construite au pied du Volcan Imbabura. Le lendemain, après nous être promenés dans le centre-ville et nous être délectés d'une "helado de paila", glace fabriquée à base de jus et de glace à partir d'un procédé bien particulier, nous rallions Tulcan, 3000 m d'altitude, où le Carnaval, véritable "guerrilla" à l'eau et à la mousse (en bombe) fait rage...