Latacunga - Tàºlcan : au milieu du monde : du 27 au 31 janvier 2008
vendredi 1 février 2008 Par gael, dans Equateur -# 91 - Fil RSS
27/01 : Latacunga - PN du Cotopaxi 44 km (3h16)
28/01 : PN Cotopaxi - Guayllabamba 117 km (7h25)
29/01 : Guayllabamba - San Antonio de Ibarra 92 km (6h30)
30/01 : San Antonio de Ibarra
31/01 : S. Antonio de Ibarra - Tulcà¡n 135 km (8h53)
Par Gaël,
C'est sous la pluie que je quitte Latacunga, quittant par la même Yves et Virginie pour une dizaine de jours. Je souhaite aller visiter le nord du pays à mon rythme, tandis qu'eux vont rester dans la région encore un peu...
La panaméricaine n'est qu'un long faux plat montant jusqu'au village de Lasso. Le Volcan Cotopaxi, symbole du pays, se dessine entre des nuages noirs... c'est vers lui que je me dirige. Après une trentaine de kilomètres à respirer les gazs d'échappements des nombreux camions qui se dirgent vers la capitale, je bifurque sur la droite pour emprunter une petite piste de sable volcanique qui va me mener dans le Parc National du Cotopaxi. Parti tard de Latacunga, j'arrive à l'entrée du parc à 17h30. Personne n'est là , je franchis la barrière discrètement et rentre donc sans payer... Je pédale ensuite jusqu'à la tombée de la nuit, afin de me rapprocher le plus possible du géant qui me fait face. Je bivouaque dans une forêt humide et mange dans le silence de la montagne, seulement rompu par le chant de quelques oiseaux noctambules.
Durant la nuit, j'écoute tous ces couinements, grincements, couinements, hurlements qui me mènent sur le chemin des songes les plus beaux... 5h30, je me réveille avec la nature qui m'entoure. Une petite grenouille vient me saluer et je déjeune paisiblement à ses côtés, observant les pentes du Cotopaxi qui se dévoilent doucement dans l'obscurité. Quelques minutes plus tard, c'est un écureuil qui vient me regarder plier ma tente d'un air étonné avant de filer dans les fourrés...
Quand je m'élance sur la piste, le soleil n'est pas encore levé... mais les nuages ne sont pas encore là non plus, ce qui me permet d'admirer le cône parfait du Cotopaxi, vers lequel Yana me mène en douceur. Si le Chimborazo me rappelait le Nevado Sajama de Bolivie, le Cotopaxi est le frère jumeau du Parinacota. C'est un de ces volcans parfaits que nous dessinions étant enfants. Son nom, en quechua, signifie "le cou de la lune" tant il se dresse haut dans le ciel équatorien. Je m'approche doucement de ce géant, hypnotisé par son envergure démesurée. Au détour d'un virage, le soleil m'apparaît, éblouissant, sortant derrière le cône volcanique.
La piste s'élève jusqu'à 3850m d'altitude, sur un vaste plateau herbeux où se niche la laguna Limpiopungo. Dans ce site magnifique, je m'arrête quelques minutes pour profiter du calme et de la sérénité de l'endroit. Mes malheureusement, les nuages viennent déjà envelopper le Cotopaxi de son écrin protecteur. C'est le moment de repartir... C'est alors qu'un Guardaparque à moto vient à ma rencontre et me demande mon boleto. Je lui dit que je n'en ai pas, que quand je suis rentré dans le Parc, il n'y avait personne pour me faire payer, que de toute façon, je n'ai pas 10 $US sur moi, que je ne fais que passer en admirant cette nature préservée, que la Terre n'appartient à personne, ou plutôt qu'elle appartient à tout le monde et que chacun devrait pouvoir profiter des beautés naturelles de ce monde sans avoir recours à son portefeuilles... Après une dizaine de minutes de discussion et d'argumentation, l'homme me laisse finalement partir. J'ai gagné !
Je quitte alors les hauteurs pour redescendre dans la vallée par une piste difficile comportant de nombreux passages à gué ainsi qu'une bonne dizaine de kilomètres de pavés défoncés. Je rejoins la panaméricaine à Machachi et fonce vers Quito. Un petit col barre l'entrée à la capitale. Vite franchi, je plonge dans l'immense agglomération de Quito, contruite tout en longueur, le long d'une vallée bordée de volcans. Je slalome entre bus, taxis et camions et prends un bon bol de gazs d'échappements après le bon bol d'air pur des hauteurs... J'arrive finalement dans le centre historique vers 13h. Je ne m'y arrêterai pas longtemps, mais ai le temps d'avoir un petit aperçu de la beauté de cette ville...
La sortie de la ville est aussi pénible que l'entrée. Je roule jusqu'à Guayllabamba où une forte douleur derrière le genou m'oblige à m'arrêter. Je me dirige à la caserne des pompiers et demande si je peux planter ma tente dans un coin d'herbe, derrière la caserne. Le chef me reçoit et me fait entrer. J'aurai finalement droit à une chambre avec 3 lits rien que pour moi, une bonne douche chaude et même le repas du soir avec les pompiers !!! Quel accueil !
Le lendemain, je quitte le Cuerpo de Bomberos de Guayllabamba à 7h15, sous un ciel chargé et continue l'ascension entamée hier. Celle-ci me mène jusqu'à « la Mitad del Mundo », le Milieu du Monde, la ligne d'équateur. Je me retrouve alors sur la même ligne que le 18 Septembre 2006, quand nous avions déjà croisé cette ligne à Macapà¡, au Brésil. Mais cette fois, je suis de retour dans l'hémisphère nord. C'est un peu le signe que le voyage touche à sa fin!
Là , se trouve une immense horloge solaire, dessinée par le projet QUITSATO (www.quitsato.org). Un scientifique m'explique le projet et le fonctionnement de cette immense horloge solaire sur laquelle nous marchons, qui n'est autre finalement, qu'une représentation de la Terre elle-même. Lignes d'équateur, des tropiques, cercles polaires, axe de l'écliptique, tout y est représenté et prend une forme concrète, montrant clairement et simplement les caractéristiques de notre planète.
La pluie m'accompagnera sur le reste de mon trajet jusqu'à San Antonio de Ibarra, où je suis accueilli par Daniel el sa famille. J'ai tout juste le temps de prendre une bonne douche bien chaude et nous nous rendons chez des cousins de Daniel, à quelques kilomètres de là , qui organisent une fête ce soir. Le brouillard y est plus dense que jamais et, tout près de la ferme familiale, un immense terrain éclairé qui brille dans cette nuit sombre, attire mon attention. Ce sont des cultures de fleurs, principalement des roses ! L'éclairage nocturne permet d'en accélérer la croissance. Elles sont destinées à être exportées vers l'Europe pour confectionner des parfums !
Je passe une excellente soirée et goûte à la spécialité de la région, la fritada (porc et poulet frit, agrémenté de maïs tostado, de mote et de papas). Délicieux après une grosse étape !
Mercredi, j'accompagne le père de Daniel, Don Carlos, à l'école du village de San Luis de Agualongo, dont il est le Directeur, pour rencontrer ses élèves et jouer avec eux. San Luis de Agualongo est un petit village accroché aux flancs du Volcan Imbabura, au coeur du territoire des Indiens Otavalo. Les enfants de l'école sont tous issus de familles indigènes. Beaucoup d'entre eux, surtout les filles, portent le costume traditionnel de leur communauté et absolument tous ont les cheveux longs, souvent rassemblés en une longue natte noire, comme les Saraguros du nord du pays. Le costume des femmes Otavalo est splendide. Elles sont vêtues d'une longue jupe bleu marine, fendue sur un côté. Un corsage de dentelle, souvent agrémenté de fleurs brodées, recouvre leur buste, tandis que leur cou est enserré dans une série de colliers dorés et sont chaussées de fines sandales de fibre tressées. Magnifique ! Les garçons de l'école ne portent pas le costume traditionnel, composé d'un pantalon blanc et d'un large poncho sombre ainsi que d'un chapeau noir ou bleu marine.
Les Indiens Otavalo sont depuis très longtemps reconnus pour leur maîtrise du tissage. Grands commerçants, ils ont réussi à conserver leur culture et leurs traditions et ne cherchent en aucun cas à imiter les Blancs ou les Métisses, fiers qu'ils sont d'être « Indigenas ».
Dans la petite école de San Luis de Agualongo, il y a 6 classes pour un peu plus de 100 élèves. Les enfants ont classe le matin seulement, de 7h30 à 13h, avec une pause à 10h30 où l'on sert une assiette de riz au viande au pommes de terre à chaque enfant. Je suis Don Carlos dans sa classe, celle des grands, de 10-11 ans. Ce qui est le plus frappant au premier abord, c'est que chacun semble vouloir faire ce qu'il veut. Le professeur s'absente souvent plusieurs minutes de sa classe et les élèves en profitent alors pour courir dehors acheter des friandises vendues par une femme dans la cour, pour se chamailler ou même pour jouer au football dans la salle de classe !!!
Ce matin, la leçon est donnée sur les racines carrées. Essayez de calculer la racine carrée de 274327 !!! Moi, je ne savais absolument pas faire ! Ben eux, si !!! Suit un cours sur l'industrialisation du pays où Don Carlos enseigne aux enfants que le pays exporte en grande quantité sucre, café, cacao, bananes et pétrole, et importe la majorité des produits manufacturés qu'il consomme!
C'est ensuite mon tour d'intervenir. Les 17 élèves de la classe de Don Carlos sont très intéressés et intéressants, attentifs et attachants. Je leur apprends quelques jeux de chez nous (la tomate, le béret!) et en 10 minutes à peine, ils ont saisi toutes les subtilités de ces jeux alors que d'habitude, les enfants ont du mal à comprendre! Ils m'enseignent à leur tour leurs jeux favoris : le « corris », un genre de thèque et un genre de colin mayard. (voir les règles de ces jeux dans la rubrique « jeux sud-américains »).
De retour à la maison, après une petite balade agréable en compagnie de Daniel, je prépare des crêpes, pour remercier toute la famille de son excellent accueil et de sa générosité et apprend à cuisiner les « habas tostadas ».
Le lendemain, je reprends la route chargé de 2 bons kilos de victuailles : avocats, grenades et goyaves, citrons et citronnelle, le tout fraîchement cueilli dans le jardin ! Un épais brouillard m'accompagne jusqu'à la sortie de Ibarra, où une belle descente me mène dans la vallée du Rio Chota, où je retrouve un climat tropical et des cultures de canne à sucre et de bananes. Ici vivent des communautés afro-américaines! petit air d'Afrique!
Commentaires
#1 - Le lundi 4 février 2008 à 14:38, par lulu
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