octobre 2007 - Si On Jouait...

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Copacabana (Bolivie) - Arequipa (Pérou), du 10 au 19 octobre 2007 : Cuidate Peru, llegamos !

Publié le vendredi 19 octobre 2007

Par Gaël.

10/10 : Copacabana - Chucuito (Pérou) : 126 km.
11/10 : Chucuito - Bivouac après Mañazo : 81 km.
12/10 : Bivouac après Mañazo - Bivouac Laguna après Lagunillas : 102 km.
13/10 : Bivouac Laguna après Lagunillas - Pampa Cañahuas : 92 km.
14/10 : Pampa Cañahuas - Arequipa : 83 km.
Du 15 au 19/10 : Arequipa.

Quittant la Bolivie un petit pincement au coeur, nous découvrons peu à peu un nouveau pays, le Pérou. A première vue, rien de bien différent : Mêmes paysages désertiques de l'Altiplano, mêmes maisons en adobe aux toits de chaume, mêmes vêtements traditionnels, mêmes troupeaux de lamas et/ou d'alpagas, mêmes chiens errants sur le bord des routes, etc... Mais pourtant...

De petits signes nous montrent que nous avons bel et bien changé de pays : Les moto et vélo-taxis premièrement, richement décorés, présents dès la frontière franchie et qui nous saluent à notre passage ; les noms des politiciens ensuite, peints sur les murs des maisons, sur les rochers, les bas-côtés. Plus de Evo (Morales) à chaque coin de rue, mais des Toledo, des Alan (Garcia) ou, plus rarement, des Fujimori, toujours accomagnés d'un petit logo (un poussin, un cheval, un arbre, une étoile, etc.) pour les ilettrés. Les marques de bières et de gaseosas aussi ont changé : La Paceña est remplacée par la Cristal et les petites tiendas (épiceries) ne sont plus indiquées par une pancarte de la bière Huari, mais par le fameux et 100% chimique Inca Kola ! La cuisine a changé elle aussi : nous pouvons désormais échapper à l'incontournable poulet-frites bolivien et goûtons au lomo saltado, au rocoto relleno ou encore au fameux ceviche. Mais le changement le plus perceptible et le plus agéable, c'est, sans doute, le sourire et la gentillesse des péruviens : Nous sommes sans cesse salués et encouragés et sommes toujours reçus avec le sourre ; même les "Hola gringos !" nous semblent plus amicaux...

C'est le mercredi 10 octobre que nous quittons la Bolivie et entrons au Pérou par Yunguyo. Jusqu'à Puno, nous longeons l'immense Lac Titicaca qui nous offre de superbes points de vue. Nous bivouaquons près de Chucuito, sur les rives du Lac. Une petite bergère aymara qui vient chercher ses quelques moutons nous salue de son large sourire édenté tandis que l'orage monte au loin. Ce dernier grondera fort tout autour de nous, mais une fois de plus, Dame Nature est avec nous et nous ne recevrons pas même une goutte ! Le lendemain, nous atteignons donc Puno de bonne heure et poursuivons notre chemin sur une belle piste, via Mañazo. Une petite erreur d'aiguillage nous fera faire 20 km supplémentaires, mais nous rejoignons finalement la route asphaltée qui mène à Arequipa. Nous remontons alors une large vallée typique de l'Altiplano, aux herbes jaunies et aux reliefs arrondis. Nous grimpons ainsi jusqu'à un col à près de 4500 m et bivouaquons peu après, sur les rives d'une petite lagune peuplée de flamants roses et autres oiseaux aquatiques. Le jour suivant, nous roulons sur un parcours vallonné, toujours entre 4000 et 4500 m sur ces hauts plateaux volcaniques. Sur notre gauche, au loin un volcan crache un panache de fumée peu avant que nous arrivions au petit village d'Imata, perdu dans ces paysages désolés. C'est jour de marché ici, et nous en profitons pour faire quelques provisions. Nous nous remettons en selle et ne tardons pas à apercevoir les silhouettes impressionnantes des Volcans Misti et Chachani, derrière lesquels se niche la cité d'Arequipa. Nous pique-niquons avec vue sur les géants, mais en repartant, un vent patagonique se lève et nous nous arrêtons bien vite dans le village poussiéreux de Pampa Cañahuas, à 78 km d'Arequipa. Là, direction le commissariat où le flic de garde nous offre un toit pour la nuit... Dimanche, nous nous laissons glisser jusqu'à Arequipa, "la ville blanche", située dans un cadre magnifique, à 2370 m d'altitude. Nous sommes acceuillis chez Kike, hospitality-clubber fort sympathique, et découvrons tranquillement cette jolie ville.

Arequipa, seconde ville péruvienne avec son million d'habitants, installée dans une belle vallée aux pieds de trois volcans (le Chachani, le Misti et le Pichu Pichu), est essentiellement construite en sillar, une pierre volcanique blanche, ce qui lui vaut en partie son surnom. Des ruelles étroites du quartier de Yanahuara au Monastère de Santa Catalina, véritable ville dans la ville, en passant par l'agréable Plaza de Armas encadrées d'arcades, nous prenons plaisir à cheminer dans la belle Arequipa. Nous y resterons finalement plus longtemps que prévu, avec un emploi du temps bien chargé. Nous passons notamment beaucoup de temps à l'Alliance Française, qui nous organise, au pied levé, deux rencontres avec des écoles de banlieue, de nombreuses "entrevistas" avec la presse locale (3 journaux et 2 télés ! Voir la rubrique "On Parle de Nous"), ainsi que des rencontres avec les étudiants en langue française, merci à toute l'équipe !

Le mercredi 17 octobre (jour de mes 24 ans) sera la journée la plus folle de cette agréable semaine. Le matin, après plusieurs interviews, nous nous rendons à l'école Intervida, en taxi (à notre disposition toute la journée !), dans un quartier populaire du nord de la ville. Nous y rencontrons deux classes d'enfants de 9 ans, très curieux et nous posant plein de questions intéressantes. Nous leur enseignons des jeux comme 1-2-3 soleil et la tomate, inconnus ici, et ils nous apprennent à jouer à "mata gente" et à "las ardillas" (voir la rubrique "Jeux" du Forum et la rubrique "Jeux sudaméricains").

Après un bref retour à l'AF et de nouvelles interviews, nous nous rendons au comedor "Rayo de sol" (la cantine "Rayon de soleil"), oeuvre d'une ONG française, dans un quartier défavorisé. Les enfants reçus ici sont issus de familles en difficultés et reçoivent un repas gratuitement chaque jour. Ces écoliers, âgés de 4 à 12 ans, sont très heureux de nous voir et ravis de jouer un peu avec nous. Nous passons une agréable après-midi en leur compagnie. Et pour finir cette belle journée, nous sommes invités à dîner dans le camping-car (ou plutôt la "Tortue Sélène") d'une famille française "rencontrée" sur Internet. Denis, Nanou et leurs enfants, Timothée (6 ans) et Océane (10 ans) on quitté la France il y a 7 mois avec 4 années devant eux pour découvrir le monde ! (retrouvez leur site dans nos liens : http://latortueselene.free.fr).

Les jours suivants, nous réceptionnons un colis chargé de bons produits d'Auvergne et organisons un bon repas chez notre hôte, une bonne soirée encore, comme toutes c elles de cette semaine.... Nous allons maintenant reprendre la route en direction du Cañon de Colca, puis de l'incontournable Cusco.

Sorata - Copacabana, du 02 au 09 octobre 2007 : Adios Bolivia, que te vaya bien...

Publié le mardi 9 octobre 2007

Par Yves.

Du 02 au 05/10 : Tentative d ascension de l Ancohuma.
06/10 : Sorata - Bivouac Lac Titicaca : 82,50 km.
07/10 : Bivouac Lac Titicaca - Copacabana : 73 km.
08, 09/10 : Tour de l Isla del Sol.

Notre dernière semaine bolivienne aura été bien remplie : Entre la tentative d'ascension de l'Ancohuma, second plus haut sommet du pays, notre retour sur l'Altiplano ainsi que notre arrivée sur les rives du mythique Lac Titicaca, et, enfin, le tour de l'Isla del Sol au large de Copacabana, notre séjour en Bolivie s'est terminé en toute beauté.

Lundi 1er octobre, alors que nous flanons dans l'agréable Sorata, nous sommes abordés par un madrilène et un basque espagnol qui cherchent à former un groupe afin de tenter l'ascension de l'Ancohuma avec un guide ; l'Ancohuma, un des deux 6000 m dominant la ville, second plus haut sommet du pays (6427 m) après le Sajama, n'était pas prévu au programme de nos ascensions car plus technique. Mais bon, si le guide nous propose un prix raisonnable, pourquoi pas... Nous rencontrons ce dernier, Emilio, nous discutons, et, au final, nous signons pour 4 jours d'ascension, départ le lendemain ! Au diner, nous nous remémorons de bons souvenirs autour de tortillas, en compagnie de deux françaises internes en médecine bien sympas.

Mardi, 9h00, c'est parti. Un taxi nous conduit jusqu au petit village de Colani, à 3150 m d'altitude. Là, nous retrouvons un muletier/porteur, Pablo, qui nous conduit avec deux mules jusqu à la Laguna Chilata, 4240 m, où nous bivouaquons la première nuit. Nous sommes sortis de l"humo" (fumée) qui couvre en quasi-permanence Sorata, fumée due aux brulis qui détruisent chaque année un peu plus la foret couvrant les flancs des Yungas, et les sommets nous apparaissent entre deux nuages. Nous faisons peu à peu connaissance avec nos deux compères, Javier et Aritz, qui voyagent eux aussi en Amérique du Sud depuis quelques temps.

Le lendemain, au réveil, le ciel est dégagé et la vue sur l'Ancohuma et l'Illampu, son voisin, est magnifique. Notre guide nous rejoint ainsi qu'un second porteur, les mules ne pouvant pas monter plus haut. Nous quittons le peu de végétation qu'il restait encore pour l'univers minéral de la haute montagne et, après avoir passé un col gardé par des mineurs voulant nous taxer, nous parvenons à la pequeña Laguna Glacial où nous déjeunons. Nous sommes au pied des glaciers qui descendent de ce massif dont toute la crete est à plus de 6000 m... Dans l'après-midi, nous atteignons la Laguna Glacial (5098 m), formée par le recul du glacier, impressionnant. De là, nous rallions le camp d altitude, à 5400 m, où nous installons le bivouac alors qu'il se met à neigeoter... Nous en profitons pour nous reposer des 2730 m de dénivelée que nous venons de monter ces deux derniers jours et, en sortant de la tente pour diner, le ciel s'est dégagé et nous avons droit à un superbe coucher de soleil, au son des craquements du glacier qui nous surplombe...

Jeudi, 5h30, vamos a la cumbre ! Nous chaussons bientot les crampons et, encordés, piolets en main, nous voila partis à remonter le glacier bien crevassé. A plusieurs reprises, nous devons nous assurer l'un l'autre afin de franchir les crevasses, parfois bien grandes et profondes. Après 4 h de marche, nous arrivons sur l'arete menant au sommet. Là, une énorme crevasse et la pente à 50-55 degrés dont les conditions de glace rendront la descente dangereuse, nous font faire demi-tour ; nous sommes à 6150 m d altitude, à 277 m du sommet. C'est la première fois que nous sommes tenus en "échec" par la montagne, mais, nous le savons bien, c'est elle qui décide. Aussi ne sommes-nous pas déçus, ce restera une expérience formidable, les paysages nous entourant récompensant largement nos efforts. Nous redescendons donc tout d'abord au camp puis à la Laguna Glacial où nous bivouaquons, bien fatigués.

Le lendemain, nous rallions Colani dans un temps record, retrouvant peu à peu végétation et chaleur, et, pour feter ça, nous faisons un asado avec nos deux compères, rien à voir avec l'asado argentin mais délicieux quand meme !

Samedi 6 octobre, nous ré-enfourchons nos betes, direction le Lac Titicaca et Copacabana. Pour y parvenir, il nous faut tout d abord franchir un col à 4200 m (en partant de 2670 m !) de 35 km ! Heureusement, nous retrouvons l'asphalte après 15 km et, après plusieurs heures d efforts, nous retrouvons l altiplano de l autre coté du col. Peu avant Huarina, nous découvrons le mythique Lago Titicaca (dont le nom vient de Titi Khar ka, qui signifie "rocher du puma", premier nom de l'Isla del Sol). A Huarina, nous assistons à une partie du défilé de la fete de la Vierge Rosario, dont les danseurs (de morenada) et musiciens, tous bien imbibés, portent des costumes incroyables. Le soir, nous bivouaquons au bord du lac, dans la fraicheur retrouvée.

Le lendemain, le Détroit de Tiquina franchit en bac, nous rallions Copacabana, le vrai, après avoir croisé deux couples de voyageurs à vélo, ça faisait longtemps ! Ca y est, on y est, à quelques kilomètres du Pérou, notre séjour en Bolivie touche à sa fin...

Mais avant, nous voguons jusqu à l'Isla del Sol, l'ile du soleil, réputée pour ses vestiges incas. A l'arrivée du bateau à Yumani, nous sommes "acceuillis" par des enfants "formatés" par le "tourisme irresponsable", qui nous demandent de l'argent, des bonbons ou de les prendre en photos, "asi es"... Nous échappons au groupe qui est arrivé avec nous et filons vers le nord de l ile, par le chemin inca. C'est chouette, l'eau du lac est d'un bleu qui donne envie de se baigner (bien qu elle ne doit pas etre bien chaude !) et, alors que le soleil se couche, nous avons droit à une vue exceptionnelle sur la Cordillère Royale...

Mardi 09, nous marchons jusqu'au ruines de Chincana, superbes, près desquelles se trouve le "rocher du puma", Titi khar ka en quechua, duquel, selon la légende, est né le Soleil, suivi de Manco KapaK et Mama Ocllo, fondateurs de l Empire Inca. Nous rejoignos ensuite le petit village de Challa Pampa d'où nous reprenons le bateau pour Copacabana.

Après trois mois et demi, des tours et des détours dans ce pays aux multiples visages qui nous a enchanté, nous prenons donc désormais la route du Pérou, son "frère-voisin"...

La Paz - Rurrenabaque - Sorata, du 15 septembre au 1er octobre 2007 : Changement de décor...

Publié le lundi 1 octobre 2007

Par Gaël.

15/09 : La Paz - La Cumbre : 27 km.
16/09 : La Cumbre - Yolosita : 66 km.
17/09 : Yolosita - Caranavi : 71 km.
18/09 : Caranavi - Villa Unificada : 58 km.
19/09 : Villa Unificada - Bivouac "hamac" après La Cascada : 61 km.
20/09 : Bivouac "hamac" après La Cascada - El Palmar : 64 km.
21/09 : El Palmar - Rurrenabaque : 86 km.
22,23,24/09 : Tour dans La Pampa près de Santa Rosa de Yucumo.
25,26/09 : Rurrenabaque - Guanay en pirogue.
27/09 : Guanay - Mapiri en pirogue + Mapiri - Santa Rosa : 17 km.
28/09 : Santa Rosa - Consata : 44 km.
29/09 : Consata - Florida : 54 km.
30/09 : Florida - Sorata : 75 km.
01/10 : Sorata.

Après plus de trois mois passés sur les hauts plateaux andins, nous avions envie d'un peu de changement, mais aussi d'un peu de chaleur. Nous avons donc choisi de délaisser les montagnes pour une quinzaine de jours, le temps de plonger dans la chaleur amazonienne autour de Rurrenabaque. Nous y avons retrouvé ce vert qui nous manquait tant, avons découvert une faune abondante et variée et avons aussi affronté des pistes très éprouvantes mais dans des cadres souvent splendides.

Samedi 15 septembre, nous réenfourchons nos fidèles bicis, toujours prêtes à découvrir de nouveaux horizons et quittons - cette fois pour de bon - La Paz, cap sur l'océan vert. Tout commence par la montée jusqu'au col de La Cumbre, à 4725 m d'altitude, éprouvante. Au sommet, après que Yves ait reçu les assauts d'une meute de chiens en furie, nous sommes acceuillis par Toribio, garde du PN de Cotapata, dans son refuge qui marque le départ du trek qui suit le chemin précolombien d'El Choro. Nous buvons un café en sa compagnie, puis il nous prépare une délicieuse soupe, bienvenue par le froid qui court... Nous ne traînons pas pour aller nous coucher, épuisés après la soirée d'hier soir à La Paz, dans une peña, en compagnie de notre hôte, Marisita, et de trois de ses amies...

Le lendemain matin, il fait un froid de canard et le sol est une nouvelle fois recouvert de neige fraîche, pas la route heureusement ! Nous repartons donc dans le brouillard, mais sachant que ce soir nous serons au chaud... En effet, après quelques kilomètres de descente bin frisquette, changement de décor : La neige disparaît, la végétation réapparaît, d'abord éparse, puis de plus en plus dense. A chaque mètre parcouru, la température augmente. Nous bifurquons alors sur la droite et nous voici sur le "camino antiguo", autrement nommé "la ruta de la muerte" ou "la route la plus périlleuse du monde". Taillée à flanc de falaise, cette route impressionnante n'est toutefois pas si terrifiante que sa réputation le laisserait penser. Elle réserve bien quelques sensations fortes, mais depuis qu'une nouvelle route asphaltée a été construite dans l'autre vallée, celle-ci n'est quasi-plus empruntée que par les touristes à vélo, et elle a grandement perdu de sa dangerosité. Tant mieux ! Nous dévalons ces montagnes verdoyantes avec grand plaisir et bivouaquons près de Yolosa, à quelques 1400 m d'altitude, dans la végétation tropicale des Yungas et la chaleur retrouvée. Les oiseaux chantent, les insectes bourdonnent, la vie revient... et même les pâtes sont redevenues bonnes avec la perte d'altitude ! Les jours suivants, nous enchaînons les cols, sur des pistes mauvaises et sous une chaleur écrasante. Nous franchissons les derniers contreforts des Andes, au coeur de montagnes de forêts. Le contraste avec l'altiplano est saisissant. Tout est différent ici : Les gens, les habitations, le mode de vie... Nous retrouvons des saveurs guyanaises et brésiliennes, regoûtons au bonheur d'une baignade dans un rio à l'eau fraîche et claire en fin d'étape, d'un bivouac en hamacs ou d'un réveil au son des cris des singes hurleurs... Vendredi, après sept jours d'efforts, nous arrivons à Rurre, petite ville ultra touristique de la selva, sur les rives du Rio Beni. Dans la région de Santa Rosa, au nord, se trouvent de vastes plaines marécageuses où l'observation de la faune est beaucoup plus aisée que dans la forêt.

C'est là que nous nous rendons le lendemain. Au programme, remontée du Rio Yacuma en pirogue, marche dans la pampa à la recherche d'anacondas, pêche au pirañhas (que nous dégusterons le soir même, délicieux !), et baignade dans le Rio Yacuma, infesté de crocos, et où les pirañhas viennent nous mordiller la peau ! Ils viennent manger quelques saletés, et vue notre état de propreté, ils s'en donnent à coeur joie ! Nous avons la chance de voir beaucoup d'animaux : tortues, aligators, caïmans, capibaras, nombreux échassiers dont le fameux jaibu, singes (hurleurs et "saïmiris"), pirañhas, dauphins de rivière, nombreux rapaces (condor de pampa, caracaña, aigles, etc.) et le célèbre anaconda !

De retour à Rurre, nous ne traînons pas et trouvons, dès mardi matin, une embarcation pour remonter jusqu'à Guanay sur les Rio Beni puis Kaka. C'est parti pour deux journées de pirogue qui nous rappèlent notre remontée du Maroni en Guyane. Après quelques heures de navigation, nous embarquons cinq chercheurs d'or qui quittent leur campement en bordure du rio, avec tout leur matériel ainsi qu'un cochon sauvage, chassé ce matin-ci. Il finira ce soir sur la parilla, lors d'un bivouac de rêve sur une petite plage au confluent des Rios La Paz et Kaka, qui forment alors le Rio Beni. Nous arrivons à Guanay mercredi, et continuons le lendemain sur le Rio Consata, à bord d'une autre pirogue, jusqu'à Mapiri. Tout le long de cette remontée, nous voyons beaucoup de chercheurs d'or sur les rives du rio. Souvent, ce sont des campements très artisanaux de deux ou trois associés, avec un matériel rustique et un simple abri pour dormir. Mais il y a aussi de vraies entreprises minières organisée avec de grandes installations, des camions, et qui travaillent à plus grande échelle.

à Mapiri, nos vélos reprennent du service. Mais dans la touffeur des Yungas et sur une piste très mauvaise où il nous faut souvent pousser nos montures pour franchir certains obstacles, nous avançons à pas de fourmis. Le summum est atteint entre Santa Rosa et Consata où, après un fort orage matinal, la piste est quasiment impraticable. Des glissements de terrain la barrent en plusieurs endroits, des arbres sont couchés en travers de la chaussée et nous devons traverser des rios à gué, avec de l'eau jusqu'à mi-roue, sans parler des épouvantables montées en cailloux et des descentes glissantes !!! Après Consata, la piste devient meilleure, mais nous entamons alors l'ascension d'un col à 3500m d'altitude (en partant de 1000m !). Au fil des kilomètres et des lacets avalés sur cette superbe piste taillée à flanc de montagne, la végétation tropicale disparaît, l'air s'assèche et les cactus refont leur apparition. Nous retrouvons des populations andines, Aymaras, et retrouvons aussi un peu de fraîcheur !

Nous arrivons enfin à Sorata dimanche. Cette petite cité touristique est nichée à flanc de montagne, dans un cadre naturel exceptionnel, au pied des Nevados Illampu et Ancohuma, tous deux à plus de 6000m. La douceur de cette petite ville coloniale et des palmiers de sa place centrale contrastent avec les glaciers qui brillent au dessus de nos têtes!