juin 2007 - Si On Jouait...

Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

San Pedro de Atacama, du 22/23 au 30 juin 2007 : San Pedro, répis, repas, repos...

Publié le samedi 30 juin 2007

Par Yves.

San Pedro de Atacama, située à 2440 m d' altitude, à peine 5000 habitants, est une oasis perdue entre le Désert d'Atacama et la Cordillère au pied du mythique Volcan Licà¡ncabur (5916 m). Pour nous, c' est une halte idéale avant de nous lancer dans le Sud-Lipez, le sud bolivien. Aussi, une semaine durant, nous nous y reposons et reprenons des forces (entendez, nous nous cuisinons de bons repas !), dégustant notamment nos derniers asados... Nous sommes toujours en compagnie de nos amis cyclistes avec lesquels nous allons traverser le Lipez.

Dimanche, il fait gris et froid à San Pedro, le plafond nuageux est bas et on ne voit plus la Cordillère. Lundi, cette dernière se découvre, saupoudrée de neige fraîchement tombée, mais le ciel reste couvert. Nous en profitons pour aller à Calama en bus, afin d' acheter le nécessaire de survie pour 10 jours et 6 cyclistes dans le Lipez, soit plus de 50 kg de nourriture ! Rentrés, nous dévorons un bon asado.

Le lendemain, le temps revenu au grand beau nous pousse à aller voir le coucher de soleil dans la Vallée de la Lune, après avoir apprécié la Cordillère, blanche sur ciel azur... Après quelques kilomètres dans des paysages plus enchanteurs que n' importe quel Merlin, nous entrons dans ladite vallée. Là , nous retrouvons des dizaines de touristes, venus en mini-bus. Suite à ce spectacle magnifique, nous dormons à la belle-étoile dans ces lieux magiques après s' être préparé et mangé une génoise crème-dulce de leche-chocolat, un dessert "bien cochon" comme dirait notre amie québecoise Vanessa !

Mercredi, nous admirons le lever du soleil, seuls cette fois, c' est plus agréable... De là , nous filons à la Vallée de la Mort, à quelques kilomètres, beaucoup plus encaissée que sa consoeur, aux formations rocheuses et aux dunes de sable impressionnantes. Nous passons la journée à cheval sur une dune, à farnienter, aquareller, sandboarder (surf de sable, loué pour l'après-midi) avant une nouvelle belle étoile, seuls au monde...

Jeudi et vendredi, nous réglons les derniers préparatifs de notre expédition pendant que le village fête son Saint patron, San Pedro, au rythme de messes, de danses et de fanfares. Samedi, après un dernier bon repas, nous prenons la route de la Bolivie, sous un soleil de plomb...

Humahuaca - San Pedro de Atacama (Chili), du 05 au 23 juin 2007 : Entre Puna, salars et déserts...

Publié le lundi 25 juin 2007

MERCI A TOUTES NOS CLASSES PARTENAIRES DE NOUS AVOIR SUIVI CETTE ANNEE, BONNES VACANCES ET RDV AU MOIS DE SEPTEMBRE POUR LA SUITE DES AVENTURES DE SI ON JOUAIT !!!

Par Yves et Gaël.

Du 05 au 08/06 : Humahuaca.
09/06 : Aller à Iruya en bus puis randonnée jusque San Isidro.
10/06 : Retour à Iruya à pied, à Humahuaca en bus.
11/06 : Humahuaca - Bivouac avant Pampa Azul : 38,50 km.
12/06 : Bivouac avant Pampa Azul - Abra Pampa : 54,50 km.
13/06 : Abra Pampa - La Quiaca/Villazón (Bolivie) - Abra Pampa en bus.
14/06 : Abra Pampa - Rachaite : 59 km.
15/06 : Rachaite - Corenzuli : 37,50 km.
16/06 : Corenzuli - Bivouac "Paso del Puente" : 39 km.
17/06 : Bivouac "Paso del Puente" - Susques : 35,50 km.
18/06 : Susques - Bivouac Salar d' Olaroz : 53 km.
19/06 : Bivouac Salar d' Olaroz - Bivouac 23,50 km avant Jama : 46 km.
20/06 : Bivouac 23,50 km avant Jama - Jama : 23,50 km.
21/06 : Jama - Salar d' Aguas Calientes : 52 km.
22/06 : Salar d' Aguas Calientes - 11 km après puis stop jusque San Pedro de Atacama (Yves) ;
22/06 : Salar d' Aguas Calientes - Bivouac "Observatoire" : 50 km (Gaël).
23/06 : Bivouac "Observatoire" - San Pedro de Atacama : 65 km + ascension du volcan Chascon (5548m).

Ces trois dernières semaines nous ont mené de la large et fertile vallée d' Humahuaca, au petit village de San Pedro d' Atacama, au Chili, oasis du Désert Atacameño. nous avons donc quitté pour de bon cette chère Argentine, en passant par la Puna, de nombreux déserts, de sel et/ou de sable, et par 8 cols à plus de 4000 m d' altitude...

Arrivés à Humahuaca le 04 juin, nous attendons nos amis Céline et François ainsi que Vanessa et Jaime, qui se sont rencontrés à Salta et qui font route ensemble. Nous en profitons pour nous reposer, mettre le site à jour et nous promener dans les rues de ce charmant village, où la proximité de la Bolivie est prégnante. Jeudi 07, alors que nous nous apprêtons à déjeuner, nos amis arrivent ! Qu' il est bon de se retrouver après s'être quittés il y a près de 5 mois ! Aussitôt, l'asado des retrouvailles se prépare, en toute simplicité...

Samedi matin, sacs au dos, nous prenons un bus pour le petit village d'Iruya, perdu au fond d' une vallée, à quelques 75 km au nord-est d' Humahuaca. La piste qui nous y mène est magnifique, passant un col à près de 4000 m et redescendant en lacets, vertigineuse ! Là, nous déjeunons dans un petit restaurant où les pommes de terre sont pleines de vers, mais "Vienen siempre asi ", c' est normal ça vient avec !

Ensuite, nous partons pour San Isidro, autre petit village du coin, sous un soleil de plomb. Nous remontons une vallée minérale colorée, durant près de deux heures, jusqu'à arriver "à bon port". Ce soir là, nous dormons à la belle étoile, en rang d'oignons sur le terrain de foot du village... Le lendemain, nous rentrons à Humahuaca et fêtons mon anniversaire autour d' un asado gigante (6 kg de viande pour 6 !), normal...

Lundi 11 juin, nous reprenons la route après une semaine d'arrêt, en direction d' Abra Pampa au nord. Nous y parvenons en deux jours et profitons de l'hospitalité du Padre Jesus, qui nous ouvre une salle de la paroisse. Le lendemain, nous montons à la frontière argentino-bolivienne en bus, afin de retirer des bolivianos. De La Quiaca en Argentine, nous nous rendons à Villazón en Bolivie où nous passons quelques heures. le changement de pays est radical, ça y est, on y est... même si ce n'est pas pour longtemps ! De retour à Abra Pampa, deux cyclistes irlandais nous rejoignent dans notre "gîte", une belle tablée en perspective...

Le 14 juin, après plusieurs jours sur l'asphalte, nous retrouvons la piste et reprenons la direction de Susques. Van et Jaime nous quittent alors pour quelques temps, prenant une route différente de la notre. En compagnie de Vélharmonie, nous remontons une jolie vallée de la Puna, où vaches, chevaux, lamas et vigognes paissent paisiblement... En fin d' après-midi, nous arrivons à Rachaite où nous demandons l'hospitalité à l'école. La directrice n' est autre que la nièce de la directrice de l'école de San Juan de Quillaques, nous sommes acceuillis comme des rois : une salle pour dormir, le goûter et le repas du soir offerts, un asadito en l'honneur de la fête des pères ! Nous jouons au football avec les enfants jusqu'à la nuit.

Le lendemain, après le petit-déjener, nous nous attaquons à un premier col sur la route de Corenzuli, montanr en lacets à 4255 m. Après le pique-nique, nous redescendons dans une vallée aux formations rocheuses incroyables avant de passer un second col à 4309 m. De l'autre côté, une bonne surprise nous attend : des eaux thermales chaudes gratuites où nous nous prélassons avant un bon maté... Le soir, nous atteignons Corenzuli où la municipalité nous offre l'hospitalité. Le 16, nous partons de bon matin en direction de Susques. Un nouveau col remontant une quebrada magnifique nous attend. Les parois rocheuses nous entourant sont le paradis des vizcachas, sorte de marmotte aux oreilles de lapin et à la queue d' écureuil. De vraies acrobates, sautant de rocher en rocher ! Après le sommet du col, à 4360 m, nous redescendons sur un altiplano désertique d'où nous apercevons le Salar d' Olaroz au loin. Mais il nous faut traverser de nouveau la chaîne de montagnes que nous venons de franchir afin de rallier Susques. Les paysages sont de toute beauté, une quebrada encaissée, puis un altiplano désert et un nouveau col au milieu duquel nous bivouaquons, dans le lit d' une rivière asséchée !

Le lendemain, nous franchissons ce col à 4486 m avant de redescendre sur la vallée de San Juan à Susques. La descente est mauvaise, du vrai VTT, heureusement qu' on n'est pas monté par là ! A Susques, nous retrouvons Van et Jaime qui arrivent également. Après un bon repas, nous buvons le maté tout l'après-midi et finissons dans une salle de l'école, devant un nouveau repas de fête...

Lundi 18, nous quittons Susques en compagnie de Céline et François, direction le Chili, via le Paso Jama. 288 km nous attendent avant de rejoindre San Pedro de Atacama, de l'autre côté de la Cordillère, via 4 cols à plus de 4000 m! Tout commence par l'ascension de l'Abra del Taire, premier col, à 4130m. La montée se déroule sans problème, dans de beaux paysages. Au sommet, le vent se met à souffler violemment. Nous descendons vers le Salar d' Olaroz, magnifique étendue immaculée. Nous nous relayons à 4, face au vent, et nous nous terrons dans un trou pour bivouaquer à l'abri. Le lendemain, nous grimpons sur un haut plateau, à plus de 4100 m, où là encore le vent souffle très fort. Nous nous arrêtons à l'abri d' un talus en fin d'après-midi.

Mercredi, il nous reste 23,50 km à parcourir pour atteindre le poste frontière de Jama. Nous mettrons 2h20 à les boucler, dans un vent qui souffle de plus en plus fort. Nous arrivons à Jama à midi et nous y profitons d' un bon repos bien mérité le temps d' une demie-journée.

Jeudi matin, au lever du jour, le vent balaye déjà violemment les étendues désolées de l'altiplano. Céline et François décident de faire du stop pour rejoindre San Pedro ; nous, nous continuons à vélo. Nous franchissons le Paso de Jama et quittons ainsi définitivement l'Argentine. Adieu asados, facturas, dulce de leche, maté et autres douceurs du palais... Nous débouchons sur un haut plateau au bout duquel pointent des volcans aux cônes parfaits. Nous luttons face aux vents et bivouaquons près du Salar d' Aguas Calientes. Le coucher de soleil nous offre des couleurs magnifiques dans le ciel chilien.

Alors que les jours précédents le vent cessait de souffler durant la nuit, cette fois, il n' a pas arrêté un instant. Nos tentes vacillent mais tiennent bon. Au matin, il est dur de trouver le courage de sortir du duvet bien chaud pour affronter cet élément invisible. Le ciel est bien couvert et nous commençons l'ascension d' un premier col à 4675 m. Au bout d'une heure de route, Yves craque et choisi de faire du stop jusque San Pedro. Il y retrouvera Céline, François mais aussi Vanessa et Jaime ainsi que Grégory, cyclo belge croisé à Humahuaca et à Jama.

Je me retrouve donc seul face au vent, à la pente et à l'immensité de la Cordillère. Je franchis le Portezuelo Paranal, à 4675 m et redescend vers un nouveau salar, au pied de l'impressionnant volcan de Aguas Calientes. La température baisse d'heure en heure : -1, -2 puis -3°C. Quelques flocons de neige ajoutent de la difficulté à mon avancée, me fouettant le visage. Les lignes droites sont interminables. J'avance entre 4 km/h quand ça monte, et 9 km/h quand c'est plat ! Je m'arrête pour bivouaquer à 4500 m d'altitude, au pied du Cerro Chascon, avec une petite idée derrière la tête. Le soir, j'ai tout juste le temps de me cuisiner de la polenta et de me réfugier dans ma tente avant que la neige ne se mette à tomber fortement... Samedi, je me lève peu avant le soleil. Il fait très roid, le ciel et voilé et surtout, il y a de la neige tout autour de ma tente. Mais cela ne me refroidi pas. Je prends mon sac à dos et pars en direction du volcan Chascon, bien décidé à en atteindre le sommet. L'ascension n'est pas évidente, dans des pierriers instables. Je franchis pour la première fois la barre des 5000 m et l'altitude m'oblige à une progression très lente. J'atteinds le sommet du Cerro Chascon après 3h30 d' efforts, à 5548 m !

La vue y est époustouflante sur les sommets environnants de la Cordillère, dont le cône parfait du Licancabur et les Lagunas Blanca y Verde à ses pieds. Redescente rapide dans les pierriers. Je retrouve mon vélo et boucle les 65 km restant avant San Pedro, toujours face au vent... Le contraste entre San Pedro et l'altiplano est saisissant. Ici, à 2440 m, il fait beaucoup plus chaud et surtout, je me retrouve au milieu de hordes de touristes... Je retrouve toute la bande au camping. Ce soir, nous nous offrons un petit resto pour nous récompenser de nos efforts...

Chanson écrite par les enfants de l'école de Ressons-le-Long, spécialement pour nous !

Publié le mercredi 6 juin 2007

Yves et Gaël sont deux amis
Leur truc à eux c'est le vélo
Et voilà ils sont partis
Nous sommes fiers de nos héros

Peut-être un peu de crevaisons
Mais ils se débrouillent ave le guidon
Peut-être besoin d'un ventilo
Sur leurs super beaux vélos

Yves et Gaël sont deux amis
Leur truc à eux c'est le vélo
Ils ont parcouru l'Amazonie
Nous sommes fiers de nos héros

Ils sont partis à l'aventure
Pour découvrir la nature
Sur l'Amazonie ils ont navigué
Et la forêt ont traversé

Yves et Gaël sont deux amis
Leur truc à eux c'est le vélo
Ils ont roulé jusqu'en Patagonie
Nous sommes fiers de nos héros

(Ils) vont visiter différents pays
Du Chili à la Colombie
Descendent l'Amérique en s'amusant
Remontent le Chili en pédalant

Yves et Gaël sont deux amis
Leur truc à eux c'est le vélo
Ils sont à l'écoute des oiseaux
Nous sommes fiers de nos héros

Après Macapa, sans panama
Se sont installés à Ushuaïa
Ils se dirigent après Sao Paolo
Vers Santiago et Valparaiso

Yves et Gaël sont deux amis
Leur truc à eux c'est le vélo
Quand ils passent les enfants sourient
Nous sommes fiers de nos héros

Ont pédalé jusqu'au Paraguay
Et rencontré des enfants par milliers
Sont arrivés en Uruguay
Si on jouait, si on jouait

Yves et Gaël sont deux amis
Leur truc à eux c'est le vélo
En partant très loin d'ici
Ils sont devenus nos héros

Mars 2007
Classe de CM2 école de Ressons le long

MERCI BEAUCOUP AUX ENFANTS DE RESSONS LE LONG ! C'EST UNE TRES BELLE CHANSON QUI NOUS TOUCHE BEAUCOUP...

Susques - San Juan de Quillaques - Humahuaca, du 29 mai au 4 juin 2007 : A l' école d'un bout du monde...

Publié le mardi 5 juin 2007

Avant d' entrer dans le vif de cet article, NOUS TENONS A REMERCIER DU FOND DU COEUR LES ELEVES DES ECOLES D'ACY, DE THURET, DE CHAUDUN ET DE RESSONS-LE-LONG, qui nous ont écrit et fait parvenir des cadeaux (règles de jeux, tee-shirt, courriers, dessins et chanson) par les parents de Gaël ; preuve de l'implication et de la mise en oeuvre effective de notre projet en France, MERCI A EUX !!!

Par Yves.

29/05 : Susques - San Juan de Quillaques : 38 km.
30,31/05 : Escuela de S.J. de Quillaques.
1er/06 : SJDQ - Susques : 38 km.
02/06 : Susques - Salinas Grandes : 72 km.
03/06 : Salinas Grandes - Purmamarca : 68 km.
04/06 : Purmamarca - Humahuaca : 73 km.

Mardi 29, nous parcourons les 40 km nous séparant de San Juan de Quillaques, dans le vent et le froid, passant à plus de 4100 m d' altitude.

Nous arrivons donc dans ce petit village qui n' est sur aucune carte, perdu au fond d' une vallée à plus de 3900 m tout de même, en plein coeur de la Puna jujuyense (de la province de Jujuy), balayé par les vents... Ce dernier, formé de quelques maisons seulement, d' une église, d' une école et d'un terrain de football, compte près de 200 habitants ; 13 ou 14 familles qui, pour la plupart, vivent à Susques la semaine. De ce fait, le pueblito semble quasi-abandonné... Ici, les maisons sont en adobe (briques de terre et de paille séchées) et leurs toits en chaume ; quelques-unes cependant sont de pierres ou de béton, aux toits de tôle. C' est le cas de l'église et de l'école par exemple. Pas de rio à proximité, pas d'électricité, l'eau vient de puits, le peu d'électricité de panneaux solaires disposés un peu partout dans les rues...

Nous sommes acceuillis par la Señora VIVEROS, une des trois instituteurs de l'école, créée il y a 46 ans ; avant, les enfants devaient aller à l'école de Susques, à près de 40 km au sud-ouest de là, soit près de 6h30 de marche par le chemin le plus court, la piste n'étant carrossable "à temps plein" que depuis quelques années ! Aussi est-il probable que la plupart d' entre-eux n'étaient pas scolarisés... Aujourd'hui, tous le sont, 19 enfants au total, 16 garcons pour seulement 3 filles, de 6 à 13 ans ; 5 sont internes à la semaine. Ces 19 élèves sont répartis en deux classes, la première regroupant les 3 premiers "grados" (correspondants aux maternelles eu au cours préparatoire), la seconde les 4 derniers (cours élémentaires et moyens).

La Señora VIVEROS (vient de Humahuaca, 250 km) a la charge des plus petits (10) ; la Señora Elisa ARROYO (vient de San Salvador de Jujuy, 235 km), directrice de l' école depuis 21 ans, des plus grands (9). Pendant les 12 premières années, cette dernière venait de Jujuy à Susques en bus, puis marchait 6h30, le dimanche soir et le vendredi après-midi, pour se rendre ou rentrer de l'école... Un troisième instituteur, le Señor Roque BUSTO, a la charge des cours d' EPS, de musique et de dessin. Travaillent également à l' école une documentaliste à temps partiel, deux cuisinières et deux hommes d' entretien.

Les salles de classe sont petites, ne sont pas chauffées et n' ont pas l'électricité. Les chambres des "hébergés" ne sont pas non plus chauffées et l'isolation laisse plus qu' à désirer, d'où les 5 ou 6 couvertures par lit ! (Il faisait 1 degré, pas plus dans la pièce où on a dormi la première nuit, et il ne devait pas faire plus chaud dans le dortoir des garcons). Les douches sont chauffées grâce à un poêle à bois extérieur qu'alimentent les internes chacun leur tour à l'heure du bain, le mercredi soir. En outre, l'école possède un chauffe-eau et une cuisinière solaires, suppléant la cuisinière à bois et la gazinière de cantine. L'école dispose également du téléphone.

L' année scolaire s' étend de début septembre à mi-juin, quâsiment comme en France, mais différemment du reste du pays, conséquence de l'hiver rigoureux (de mi-juin à mi-septembre ici). Les congés scolaires sont de deux semaines pour les fêtes de fin d' années, de deux mois l'hiver et de quelques jours par-ci par-là. Les enfants ne passant pas directement au grado supérieur ont deux semaines de "compensation" fin août, leur offrant une seconde chance. A la fin du cycle primaire, certains iront au collegio de Susques, les autres aideront leurs parents à l'élevage, principale activité ici... L'emploi du temps des enfants, rythmé par la cloche qu'ils vont sonner à tour de rôle, est le suivant :

8h30 : Réveil des internes. 8h45 : Tous les enfants doivent être là, portant leur blouse blanche. 9h00 : Lever de la bandera, drapeau argentin, par deux élèves pendant que leurs camarades, en colonnes par cycle, chantent "l'hymne au drapeau". Ce rituel, à l'entrée et à la sortie de l'école, est effectué de manière très cérémonieuse et disciplinée. Rituel patriotique, il a quelque chose qui nous échappe... 9h05 : Petit déjeuner et début des cours. 10h15 - 10h30 : Première récréation. 11h15 : Collation du matin. 12h00 : Récréation des petits. 13h00 : Déjeuner pour tous les enfants. 14h00 : Reprise des cours. 15h30 : Récréation. 17h00 : Goûter, fin des cours. 17h30 - 17h45 : Descente de la bandera, départ des enfants, douche pour les internes. 20h00 : Dîner. 20h30 : "Extinction des feux ".

Les enfants ont cours de castellano (espagnol), de mathématiques, d' histoire, de biologie, d' EPS, de musique, de dessin, d' anglais (une fois de temps en temps), plus des heures de soutien et de "récupération". Ces enfants ressemblent à ceux de l' école d'El Rodéo rencontrés quelques jours plus tôt. Ils forment un groupe, unis, ou petits et grands se cotoient sans aucun problème, ou chacun a sa place. Ils participent des tâches quotidiennes, aider au ménage, à la cuisine, à mettre le couvert, etc.

Ils jouent encore à des jeux, certains jouent de la zampoñia (flûte de pan traditionnelle), chantent et dansent de la musique traditionnelle de leur région (à écouter, bientôt, le "Bailecito de San Juan"). Fils et filles d' éleveurs, de brebis, de chèvres et de lamas majoritairement, tous cotoient ces bêtes, les mènent en pâture le week-end et pendant les vacances, connaissent les secrets de la fabrication du fromage et du travail de la laine. En classe, ils travaillent cette dernière, du pelage de la peau au tricotage de "tejidos" (béret, bonnet, châle, écharpe, gants, chaussettes). Passer du temps avec ces enfants, quasi-autonomes et avec lesquels il n' est jamais besoin de "faire la police", fut un vrai régal.

L' après-midi de notre arrivée, nous assistons à la répétition du "Carnavalito" du premier cycle, danse de carnaval. Le lendemain, nous suivons les cours du second cycle et participons à la séance d' EPS orientée sur les jeux traditionnels (voir forum) ;cette séance se termine par une partie de football où il nous est difficile d' enchaîner les sprints à cause de l'altitude ! Jeudi, nous intervenons avec les grands, lesquels nous posent des questions dignes de celles posées lors de notre "tournée des écoles pré-départ" : "Il y a des policiers en France ?" Sans commentaire... Le soir, plusieurs élèves sont malades à cause du froid et rentrent chez eux. Vendredi, avant de dire au-revoir aux enfants et de retourner à Susques, nous dégustons un asado de cordero (agneau), tué la veille ! Après le repas, les enfants rentrent chez eux, nous saluons nos hôtes et rentrons à Susques.

Samedi 02 juin, nous reprenons la route en direction de Purmamarca. Une chaîne de montagnes à traverser et nous dévalons la Quebrada du Mal Paso qui nous mène sur un altiplano en contrebas. Ligne droite, vent dans le dos, c' est le désert... Nous abordons les Salinas Grandes au bord desquelles nous bivouaquons, dans une roulotte d' ouvrier !

Dimanche, nous quittons le salar et attaquons l' Abra del Potrerillo qui culmine à 4170 m d' altitude. De l' autre côté, nous dévalons la vertigineuse Cuesta de Lipan, 36 km de lacets, jusque Purmamarca et la Valle de los 7 colores. C' est magnifique.

Lundi 04 juin, après être montés jusqu'au mirador du Mont des 7 couleurs, nous rattrapons la Vallée d' Humahuaca, que nous remontons jusqu'à la ville éponyme, repassant au-dessus du Tropique du Capricorne, sous un franc soleil d' automne...

A San Juan de Quillaques, nous avons fait le portrait des 5 enfants hébergés :
Ces cinq enfants dorment à l'école toute la semaine et ne rentrent chez eux que le week-end, bien qu'ils vivent au village de San Juan de Quillaques (mais leurs parents sont souvent partis à Susques ou ailleurs). Ils font preuve d'une autonomie impressionnante. Chez eux, il n'y a pas, ou très peu (grâce aux panneaux solaires), d'électricité. Ils n'ont donc ni télévision, ni radio, ni quelconque objet électronique...

Arnaldo :
Arnaldo a 13 ans et est au septième et dernier "grado" de l'école primaire. L'an prochain, il aura la chance de poursuivre sa scolarité à Susques (ce n'est pas le cas de tous, certains arrêtent leur scolarité à 13 ans et vont s'occuper des chèvres, lamas et moutons et aider leurs parents à la maison).
Il est l'aîné d'une famille de 6 enfants, dont deux autres sont scolarisés : Vanessa et Ronaldo (voir son portrait). Les 3 autres sont plus petits. Il avait aussi un autre petit frère, mais qui est décédé.
Son père travaille comme chef de foyer tandis que sa mère reste à la maison et s'occupe des enfants et de la cuisine. Chez lui, il y a beaucoup d'animaux : des chèvres (150), des lamas (100), des moutons, des ânes, des vaches et des poules !
Son plat préféré est la milanesa con arroz y mayonesa (steack pané avec du riz et de la mayonnaise), et sa boisson préférée, c'est le soda. Son genre de musique préféré, c'est la cumbia. Il joue cependant de la zampoña (flûte de pan traditionnelle des hauts plateaux andins). Sa matière favorite à l'école est l'éducation physique et son jeu favori est le football.
Pendant les vacances, il va mener paître les chèvres de la famille.


Arnaldo (à gauche) et Ronaldo

Ronaldo : Ronaldo est le frère d'Arnaldo. Il a 9 ans et est surnommé "El Negro" (Le Noir). Son jeu favori est le football et il rêve d'ailleurs de devenir footballeur professionnel dans le club de La Boca, à Buenos Aires ! Son plat préféré est la pizza au fromage, arrosée de soda ! Pour ce qui est de la musique, comme son frère, il aime la cumbia. Ses matières préférées à l'école sont les mathématiques et les sciences sociales.
Pendant les vacances, comme son frère, il s'occupe des chèvres.

Adrian : Comme Arnaldo, Adrian est au septième "grado" de l'école primaire". L'an prochain, il poursuivra aussi sa scolarité à Susques. Il a 13 ans et est l'aîné d'une famille de 4 enfants : Aldo, 11 ans (voir son portrait), Samuel, 8 ans (voir son portrait) et Ivan, beaucoup plus petit.
Son père travaille comme chef de foyer à l'école et sa mère travaille un peu comme documentaliste à l'école. A la maison, ils ont des chiens, des chèvres, des lamas et 4 ânes.
Son rêve est de devenir chef cuisinier et aime d'ailleurs beaucoup aider les cuisinières de l'école au quotidien. Son plat préféré est le poulet grillé et sa boisson favorite le café au lait. Son jeu préféré est le football et il aime la "cumbia vichera". A l'école, ce qu'il préfère, c'est l'éducation physique.
Durant les vacances, comme ses frères, il va s'occuper des chèvres de la famille.


Adrian et Aldo

Aldo : Aldo a 11 ans et est le frère d'Adrian et Samuel. Il aimerait devenir professeur d'anglais. Don plat préféré est l'empliado (viande panée) et sa boisson préférée le soda. A l'école, il aime les sciences naturelles et son jeu favori est le hanball. Il aime aussi beaucoup chanter des "coplas" traditionnelles de San Juan et aime la cumbia vichera.

Samuel : Samuel a 8 ans et est le frère d'Adrian et Aldo. Il voudrait devenir professeur de musique. Sa matière préférée à l'école, ce sont les sciences naturelles. Son plat préféré, c'est un bon steack avec du riz, et sa boisson favorite, le soda ! Côté musique, il aime la cumbia du Pérou.

Cafayate - Susques, du 16 au 28 mai 2007 : Quand "Si On jouait..." reprend du service.

Publié le mardi 5 juin 2007

Par Gaël.

Mercredi, jeudi 16 et 17 mai : Cafayate.
Vendredi 18 : Cafayate - San Carlos, 26 km (1h18').
Samedi 19 : San Carlos - bivouac après Angastaco, 65 km (5h18').
Dimanche 20 : Biv. après Angastaco - Cachi, 78 km (6h42').
Lundi 21 : Cachi - El Rodeo, 35 km (2h52').
Mardi 22 : El Rodeo - Bivouac après La Poma, 31 km (3h31').
Mercredi 23 : Biv. après La Poma - "Rio Blanco" (3870m), 25 km (3h22').
Jeudi 24 : "Rio Blanco" - Bivouac descente Abra del Acay (4400m), 31 km (4h41').
Vendredi 25 : Biv. desc. Abra del Acay - San Antonio de Los Cobres (3775m), 33km (2h38').
Samedi 26 : S. A. de los Cobres - Bivouac avant Cobres, 34 km (1h52').
Dimanche 27 : Biv. avt Cobres - Bivouac Quebrada Paso Cobres (3940m), 51 km (5h36').
Lundi 28 : Biv. Qda Paso Cobres - Susques (3620m), 32 km (2h34').

Ces deux semaines de voyage ont une nouvelle fois été très riches, avec de nombreux moments forts et de belles rencontres. Pour nous, elles ont surtout été le moment de retourner dans les écoles : deux visites très enrichissantes à San Carlos et à El Rodeo, avant d'arriver à San Juan de Quillaques. Nous avons aussi franchit l'Abra del Acay, plus haut col d'Argentine, à 4895m d'altitude...

Après deux jours de repos en compagnie de Paulo et Gauthier, deux cyclos francais venant du Guatemala et se dirigeant vers le sud (voir leur blog dans nos liens), nous reprenons la route vendredi 18, "dia de la Escarapela" ("jour de la cocarde" : la cocarde est l' un des symboles de la patrie argentine. Le 18 mai est dédié à la commémoration du commencement de la semaine de mai de 1810, la révolution argentine, qui aboutit à son indépendance le 25 mai 1810, traité signé le 09 juillet de cette même année. La Escarapela est symbole de paix, union, liberté, fraternité, indépendance, égalité, distinction nationale, patriotisme),en direction de Cachi, dans les Vallées Calchaquies.

Nous rencontrons alors Vanessa, cycliste québecoise (voir son blog en lien), et rendons visite ensemble à l'école du petit village de San Carlos. Fort bien acceuillis par la directrice de l'école, nous jouons avec 6 classes, soit plus de 100 enfants, de 6 à 10 ans ! Nous leur apprenons des jeux de chez nous (béret, 1,2,3, soleil, le facteur n'est pas passé...) et ils nous apprennent des jeux à eux : "El gato y el raton " (Le chat et la souris), "¿El lobo esta?" (Loup y es-tu ?), "Hielo y Sol" (glace et soleil)... (voir les règles de ces jeux dans la rubrique jeux du forum).

Ce fut une après-midi bien fatiguante, mais très enrichissante. Le soir, en remerciements de notre intervention, nous sommes logés gratuitement dans une cabaña du camping municipal et dormons dans un bon lit, après avoir savouré un repas de fête (foie-gras de Joan, vin sucré du coin acheté par Vanessa sur la route, et bien sûr pastas !).

Les deux jours suivants, nous roulons en compagnie de Vanessa et remontons la superbe Vallée Calchaqui. Petits villages paisibles, formations rocheuses étonnantes et montagnes colorées ponctuent notre parcours. Nous arrivons à Cachi dimanche soir, après une grosse étape, et retrouvons Jaime, espagnol et compagnon de voyage de Vanessa. Ensemble, nous faisons une bonne soirée crêpes au réchaud, comme seuls les cyclistes en ont le secret !

Lundi 21, c'est donc à quatre que nous repartons, bien décidés à franchir l'Abra del Acay, plus haut col d'Argentine, à 4895m. La piste remonte doucement une belle et large vallée et, en fin d'après-midi, nous nous arrêtons dans le hameau d'El Rodeo où nous nous présentons à l'école. Le directeur nous recoit chaleureusement et nous invite à entrer dans sa cuisine pour boire le maté. Il y a 5 classes ici et sont scolarisés des enfants de 6 à 15 ans. La plupart sont internes et restent ici toute la semaine, ne rentrant chez eux que le week-end. Certains ont alors jusqu'à 4 heures de marche pour rentrer chez eux. Ils effectuent ce trajet seuls, entre frères et soeurs... Nous passons la soirée à jouer au football et au frisbee (emporté par Vanessa) avec les enfants, puis dînons avec eux : un plat unique fait de pommes de terre, de riz, de carottes et d'un petit peu de viande, accompagné d'un petit morceau de pain, sans entrée ni dessert... Nous dormons dans une salle de classe et sommes réveillés, le lendemain à l'aube, par un joyeux instit' qui chante "¡ Hola, buen dia !" aux enfants. Nous prenons le petit déjeuner avec eux (un verre de thé sucré et une tartine de dulce de leche) puis jouons avec deux classes : les plus petits (6 - 8 ans).

Nous leur apprenons la tomate et 1, 2, 3, soleil et ils nous montrent leurs jeux favoris qui, outre le football, sont : "El gato y el raton", "¿El lobo esta?" et "Arroz con leche" (riz au lait). Ce furent de très bon moments, avec des enfants heureux de jouer avec nous et bien différents de ceux de la Province de Buenos Aires, rencontrés en novembre dernier, ou même de ceux de San Carlos.

Après notre intervention, nous reprenons la route vers 10h30. Nous passons à La Poma, dernier village de la vallée, à déjà 3015m d'altitude, où nous achetons quelques provisions et mangeons une bonne milanesa dans un petit resto. Nous roulons encore quelques kilomètres, puis bivouaquons dans une maison abandonnée sur le bord de la piste, à l'abri du vent qui souffle fort ce soir.

L'étape du mercredi s'avèrera très difficile. La piste, plus ou moins bonne, qui s'élève dans une belle vallée, est ponctuée de 5 passages de rios à gué ! à chaque fois, nous devons nous déchausser et pousser nos vélos avec de l'eau glacée jusqu'à mi-mollets. Nous montons jusqu'à 3870m et dormons dans des ruines, au milieu d'un troupeau de lamas. La nuit est bien fraîche (-10°C le matin au petit déjeuner !) et nous repartons jeudi en direction du col. Il ne reste que 18 km d' ascension mais nous mettons près de 8 h pour les parcourir ! La forte pente et surtourt l' altitude rendent notre progression laborieuse. Nous franchissons des passages à gué, gelés cette fois, et croisons quelques vigognes. Jaime et surtout Vanessa souffrent du mal d' altitude. Les derniers kilomètres sont très durs pour elle, nous l' aidons à pousser son vélo car elle ne peut plus pédaler. Nous parvenons enfin au sommet de l' Abra del Acay à 17h30. 4895 m, nous sommes plus haut que le Mont-Blanc ! Magnifique.

Nous ne traînons pas car la nuit approche. Quelques photos et nous nous élancons dans la descente. Nous roulons jusqu'à ce que la nuit nous arrête et bivouaquons à 4400 m d' altitude, dans un froid glacial (-6°C sous la tente et sûrement près de -15 dehors !).

Vendredi 25 mai, jour de la fête nationale argentine, nous arrivons à San Antonio de los Cobres (ex-cité minière où l' on exploitait le cuivre , "cobre" en espagnol) et nous nous régalons d' un bon steack de lama bien mérité ! San Antonio est une petite ville perchée à 3775 m d' altitude, sur l' altiplano, au coeur de la Puna. Nous nous y reposons, buvons de nombreux maté et mangeons de bons repas avant de reprendre la route. C' est alors l' heure de se séparer. Van et Jaime descendent à Salta tandis que nous partons vers le nord, en direction de Susques et de l' école de San Juan de Quillaques. C' est avec un petit pincement au coeur que nous nous éloignons. Mais nous nous donnons rendez-vous à Iruya, dans quelques jours, pour un bon asado ! La piste, totalement plane, traverse les paysages désertiques de la Puna. Partis tard, nous ne faisons que peu de kilomètres et bivouaquons près d' une cabane de berger et d' enclos à lamas. Nous dormons à la belle étoile...

Dimanche, nous roulons jusqu' au village de Cobres qui domine magnifiquement les Salinas Grandes. Là, une mauvaise surprise nous attend : la piste que nous comptons emprunter et qui rejoint directement Susques n' est plus entretenue depuis des années et n' est plus transitable ! Il nous faut donc faire demi-tour et un détour de plus de 40 km ! Cela ne nous enchante guère. Du coup, nous décidons de passer tout de même par l' ancienne piste. Cette dernière a en réalité totalement disparu et nous devons remonter la vallée dans le lit du rio asséché. Bien sûr, il nous est impossible de pédaler dans ce mélange de sable et de pierres. Nous poussons péniblement nos vélos et parcourons 13 km en près de 5 h avant de nous arrêter, épuisés, pour bivouaquer, à plus de 3900 m. Nous plantons les tentes et allumons un feu pour nous réchauffer. A la tombée de la nuit, alors que nous croyons être seuls, perdus au bout du monde, arrive une petite bergère avec ses chèvres, moutons et lamas. Elle vit à 200 m de là, dans une minuscule maison, seule au fond de cette vallée !

Le lendemain, en repartant, nous nous arrêtons chez elle et lui achetons de délicieux fromages de chèvre. Nous franchissons ensuite un col à 4006 m, où nous retrouvons une piste cyclable pour redescendre. Un nouveau passage à gué nous oblige à nous déchausser avant d' arriver à Susques, petit village sur la route du Paso Jama. A peine sommes-nous entrés dans le village et avons-nous eu le temps d' acheter du pain pour notre pique-nique, qu' un policier nous aborde : " C'est vous les francais qui allaient à San Juan ?". - "Euh, oui, comment le savez-vous ?" "On vous attendait, je vais chercher René CALPANCHAY, le chef". Quelques instants plus tard, René, chef de la police, arrive et nous invite à nous installer dans son bureau du commissariat. Nicole BRONDY (institutrice retraitée de Toulon), créatrice de la Fondation francaise "Les enfants d' Atacama" (avec laquelle nous étions en contact avant de partir), qui aide l' école de San Juan de Quillaques depuis décembre 2005, les avait prévenus de notre arrivée prochaine...

A San Carlos, nous avons esquissé le portrait de trois enfants :

Portrait de José LUIS LOPEZ : José a 7 ans et vit à San Carlos avec son père, sa mère, sa grand-mère et ses deux frères. Son père travaille à l'usine tandis que sa mère reste à la maison. C'est la deuxième année qu'il va à l'école (depuis qu'il a 6 ans). Il a un chien (son animal préféré). Son jeu favori est le football. Après l'école, il rentre chez lui et joue avec ses frères.

Portrait de Victoria et de Daniela : Victoria et Daniela, 7 ans, vivent à San Carlos. V. a un frère et six soeurs dont l' une est morte ; D. a quatre soeurs. Elles vont à l' école du lundi au vendredi, de 13h30 à 18h. Leur jeu préféré est l' oeuf pourri pour la première, le chat pour la seconde. Côté cuisine, le plat préféré de V. est le riz avec des oeufs, le riz avec du poulet pour D. Leur boisson préférée, le soda au pamplemousse et au citron. V. ne sait pas faire de vélo, D. si. Plus tard, elles veulent devenir, respectivement, chanteuse et maîtresse.

Chilecito - Córdoba - Cafayate, du 04 au 15 mai 2007 : Vivre comme un étudiant córdobes...

Publié le mardi 5 juin 2007

Par Yves.

A Chilecito, nous avions décidé de nous séparer pendant 11 jours : Gaël allait découvrir le troncon peu emprunté qu' est Belén - Antofagasta de la Sierra - San Antonio de los Cobres, au nord de Chilecito, tandis que j' allais retrouver mon ami Joan, étudiant à Córdoba cette année.

Vendredi 4 mai, nous nous disons : "¡ Hasta luego, cuidate y que te vaya super bien !", avant une embrassade chaleureuse et le départ de Gaël, dont le bus part plus tôt que le mien. Ca fait drôle de le voir partir et de me retrouver seul, mais, en même temps, je suis tout excité.

Je prends mon bus vers 14h et, huit heures et demie plus tard, j' arrive à Córdoba, 400 m d' altitude, 1 300 000 habitants (c' est la deuxième plus grande ville d' Argentine après Buenos Aires), après avoir traversé la province de La Rioja, la Sierra de Valesco et la pampa de la province de Córdoba, aux lignes droites dignes de celles de Patagonie ! A la gare routière, je retrouve mon ami Joan, connaissance de Rennes, qui fait sa Licence "Sciences Politiques" en Argentine. Nous nous étions déjà croisés le 21 novembre dernier à Rosario, en coup de vent, aussi les retrouvailles sont chaleureuses ; et que de choses à se raconter sur nos expériences respectives ! Après avoir grignoté un morceau, nous rentrons chez lui, à quelques quadras (rues) du centre-villes. Il vit en collocation avec un argentin de Santiago del Estero, Mauro. Nous nous couchons relativement tôt pour l' étudiant córdobes qu' est devenu Joan, vers 1h, d' autant plus qu' on est vendredi ! A partir du lendemain, je me mettrais au rythme local, radicalement opposé au rythme "voyage à vélo"...

Samedi, après une courte grasse matinée, nous prenons le "petit-déjeuner type" de la semaine : café-facturas (viennoiseries) suivis d' un bon maté. Joan a fait un stage de plusieurs semaines dans une coopérative de maté dans la provinces des Missiones (nord-est du pays), aussi connaît-il désormais tous les secrets de la préparation de cette boisson "rituelle".

Ensuite, nous partons nous promener dans le centre-ville de Córdoba. Centre géographique de l' Argentine, c' est également la ville à l' architecture coloniale la mieux préservée ; cela n' empêche pas que les jolis bâtiments soient "noyés" entre des immeubles et autres édifices modernes, sans aucune mise en valeur... Dans la soirée, un orage éclate et des pluies diluviennes s' abattent sur la ville, transformant les rues en torrents, incroyable ! Moi qui croyais trouver la chaleur ici, c' est râté !

Dimanche, nous passons l' après-midi devant TV5 dans l' attente des résultats des élections présidentielles... avant d' aller boire le maté dans un parc -comme le font nombre d' argentins après l' asado dominicale- pour nous changer les idées !

Les activités de la semaine : cours d' "Histoire de l' Amérique Latine" avec Joan, rencontre parkour avec l' Asociación córdobese de Parkour, asado "gigante" avec des copains (6 kg de viande pour 11 personnes !), visite de la maison d' enfance du Che, tenedor libre (le pus grand d' Argentine !), baile de cumbia (concert de cumbia, type de musique en vogue en ce moment), pièce de theâtre, soirée galettes-crêpes avec l' ami Tomas (córdobes rencontré à Rennes l' an passé), et sorties nocturnes quasi-quotidiennes nous voyant rentrer à des heures plus que matinales, nous assignant au rythme de vie infernal 13h-5h...

La visite de la maison d' enfance d' Ernesto Guevara, modeste musée d' Alta Gracia, petite ville des sierras au sud-ouest de Córdoba, fut intéressante et très enrichissante sur ce pan de la vie du Che méconnu. En 1927, Ernesto Guevara Lynch se marie avec Célia de La Serna. Ils sont propriétaires de parcelles où l' on cultive la yerba maté (l' herbe à maté) à Caraguatay dans les Missiones. De cette union naissent 5 enfants, dont Ernesto Guevara de La Serna qui voit le jour le 14 juin 1928. Il passe ses premiers jours à Rosario au nord de Buenos Aires, puis ses premières années dans la capitale. En 1932, la famille emménage à Alta Gracia, dans les sierras de Córdoba, où le climat est plus favorable à l' asthme chronique dont souffre Ernestito. Elle y restera 11 ans avant de partir pour Córdoba. Pendant ces onze années, Ernesto va à l' école et passe son temps libre à jouer avec ses amis, de milieux sociaux disparates. Il aime jouer au football, au gendarme et aux voleurs, aux indiens, à la marelle, au chat, au "ballon pourri" et à "la pierre libre". Plus tard, il s' adonne à l' alpinisme, au basketball, au rugby, au golf et aux échecs. Il aime également le vélo puisque le 1er janvier 1950, alors âgé de 22 ans, il part de Buenos Aires pour un voyage à vélo (sur une bicyclette de course, à un plateau et trois pignons auquel il a fait monter un petit moteur) de plus de 4000 km ; ce voyage le mène jusque San Salvador de Jujuy au nord-ouest du pays, par Rosario, Córdoba, Santiago del Estero, Tàºcuman et Salta, et le ramène à Buenos Aires par Catamarca, La Rioja, San Juan, San Luis et La Pampa. Vue l' état du réseau routier actuel, ce voyage dût être, à l'époque, une sacrée aventure !

Lundi 14 mai, je quitte Joan et reprend un bus qui me mène à Cafayate, par Tàºcuman et la Vallée de Tafi, où je retrouve Gaël. En résumé, une dizaine bien remplie et épprouvante bien que je n' ai pas roulé, une expérience différente de celle que nous vivons tous les jours, mais tout aussi enrichissante...