Puerto Montt - Pucon, du 12 au 22 mars 2007 : Entre lacs et cratères, de part et d'autre de la Cordillère...
Publié le vendredi 23 mars 2007
Par Gaël et Yves.
12/03 : Puerto Montt.
13/03 : Puerto Montt - La Burbuja, volcan Osorno : 82 km.
14/03 : Rando jusqu'au glacier de l' Osorno + Volcan Osorno - Lago Rupanco : 83 km.
15/03 : Lago Rupanco - Antillanca : 63 km.
16/03 : Ascension du volcan Casablanca + Antillanca - Poste frontière chilien Cardenal Samoré : 46 km.
17/03 : Poste frontière chilien Cardenal Samoré - Villa la Angostura Argentine : 72 km.
18/03 : Villa la Angostura - Lago Falkner : 60 km.
19/03 : Lago Falkner - Bivouac 10 km après San Martin de los Andes : 65 km.
20/03 : Bivouac 10 km après San Martin de los Andes - Paso Maluil Malal : 98 km.
21/03 : Paso Maluil Malal - Pucon (Chili) : 82 km.
22/03 : Pucon, ascension du volcan Villarrica, Pucon.
Voici 10 jours que nous sillonnons la Région des lacs, entre Chili et Argentine. Des forêts humides aux cônes volcaniques, des lacs étincelants aux steppes dorées par le soleil, des rivières tumultueuses aux glaciers immaculés, cette région nous a émerveillée par sa diversité et sa beauté. Nous y avons passé nos premiers cols frontaliers de la Cordillère, à 1321 et 1207 m, et avons gravi deux beaux sommets volcaniques : le Casablanca (1990 m) et le Villarrica (2847 m).
Après deux jours de repos chez Mauricio à Puerto Montt, nous reprenons la route mardi 13 mars, en direction de la Cordillère, des lacs et des volcans.
Dès la sortie de la ville, un premier volcan se présente à nos yeux, l'Osorno. Du haut de ses 2660 m, il domine majestueusement les plaines environnantes et le lago Llanquihue. Ce cône parfait à la cime enneigée nous attire comme un aimant et nous voilà gravissant les rudes pentes de la petite route qui, en 14 km, nous mène à 1200 m d'altitude, à la station de ski accrochée sur les flancs de sa face sud-ouest. En deux heures, nous avons quitté les rives du lago Llanquihue et ses forêts denses et humides, et avons atteint un univers minéral et volcanique. Changement radical ! Là-haut, nous sommes acceuillis par un groupe d'une quinzaine de militaires en stage ici pour une semaine. Ils nous invitent à dormir dans leur refuge et à partager leur repas du soir...
Le lendemain matin, le temps étant dégagé, nous décidons de grimper jusqu'où nous pourrons, en direction du sommet du volcan. Nous atteignons les 2064 m d' altitude et sommes contraints à faire demi-tour au pied du glacier car nous n'avons pas l'équipement pour aller plus haut ...
Nous enchaînons ensuite près de 2000 m de dénivelée négative, à pied puis à vélo, pour se retrouver à midi sur les plages de sable noir du lago Llanquihue, où nous pique-niquons au soleil.
Jeudi, nous abordons un nouveau volcan, le Casablanca. Ce dernier domine le lago Puyehue, un peu plus au nord, du haut de ses 1990 m. Nous commencons par monter à vélo jusqu'à la station de ski d'Antillanca, à 1050 m, par une piste de ripio difficile.
Le jour suivant, nous partons à l'aube pour le sommet. En vingt minutes, nous atteignons un ample cratère au pied de la face ouest du Casablanca. Nous le traversons, cheminant dans un décor lunaire, alors que le soleil se lève et embrase les cimes des volcans Osorno, Puntiagudo et Tronador, un peu plus au sud. Seuls sur la montagne, nous marchons droit vers le sommet dans les roches volcaniques. Là-haut, nous attend un joli cratère rempli de neige, ainsi qu'une superbe vue sur les Andes environnantes. Malheureusement, nous n'en profiterons que peu de temps, car un nuage vient s'accrocher sur le sommet et nous ne voyons plus à 3 m !
Samedi, nous quittons le Chili par le paso Cardenal Samoré et retrouvons, de l'autre côté, l'Argentine. Nous voici dans le Parc Naturel Nahuel Huapi, un des plus visités du pays. Nous changeons encore de paysage et découvrons un environnement montagneux qui rappèle les Alpes, avec des vallées encaissées et des sommets rocheux. Le soir, nous bivouaquons sur les rives du lago Nahuel Huapi, à quelques centaines de mètres des hôtels pour touristes fortunés, qui n'ont pourtant pas une meilleure vue que nous !
Dimanche, nous nous élançons de bon matin sur la réputée Ruta de los siete Lagos (route des 7 lacs), qui rallie Villa la Angostura à San Martin de los Andes, 100 km plus au nord. Un dernier regard sur le lago Nahuel Huapi et les montagnes environnantes et nous voici sur la Ruta, qui est encore une piste sur près de 50 km. Cette dernière, qui n'attend que d'être asphaltée, est bonne et c'est avec "un plaisir mélangé de joie" que nous la parcourons. Quelque peu vallonnée, elle serpente à-travers la forêt, nous offrant de jolis points de vue sur les lacs qui la bordent : l'Espejo, le Correntoso et le Traful avant le déjeuner.
Il fait un temps superbe, beau et chaud, ça change. Nous pique-niquons au bord d'une rivière, au soleil... Nous repartons, vue sur les lacs Escondido et Villarino avant de retrouver l'asphalte. Un peu plus loin, nous bivouaquons au bord du lac Falkner, dans lequel nous faisons trempette...
Le lendemain, nous reprenons la route, direction San Martin de los Andes. La route est belle, nous longeons le lac Machonico et passons un petit col, avant de redescendre sur le lac Lacar au bord duquel est bâtie San Martin. Nous y sommes pour midi, et nous en avons déjà terminé avec ce tronçon dont on nous avait tant et tant parlé... Pour fêter ça, nous nous offrons un ténédor libre, dans lequel nous nous délectons de viandes succulentes, chose que nous n'avions pas fait depuis Coyhaique... Forte de 26000 habitants, San Martin est une station de montagne très prisée mais à l'atmosphère tranquille et agréable. Malgré cela, nous n'y restons pas car les prix des campings sont tout de même bien supérieurs à notre budget quotidien...
Mardi 20, nous filons vers Junin de los Andes et le Paso Maluil Malal, qui nous ramènera au Chili. Comme les jours précédents, le soleil se montre sous ses plus beaux attraits, faisant des paysages des merveilles, et des cyclistes des heureux. Comme le changement de temps, radical entre le Chili et l'Argentine, le changement de paysage entre San Martin et Junin, est incroyable : nous passons de vertes forêts au désert, nous rappelant la Patagonie (la chaleur en plus et le vent en moins).
Dans cette steppe dorée nous apparaît alors le volcan Lanin 3776 m, somptueux, tout de blanc coiffé. La route que nous empruntons après Junin suit la vallée du Rio Malleo, nous offrant des vues imprenables sur les parois rocheuses colorées ainsi que sur le volcan dont nous nous rapprochons... Après manger, nous entrons dans le PN Lanin et retrouvons la piste. Nous bivouaquons au pied du magnifique qui se couvre de nuages, à quelques encâblures du col.
Le lendemain, nous compter arpenter le volcan, jusqu'au glacier qui le couvre. Malheureusement, le temps est couvert ; nous abandonnons donc notre projet et partons pour Pucon au Chili. Le passage de frontière, qui jusqu'ici n'a toujours été qu'une formalité, est cette fois quelque peu délicat : en effet, nous avons notre pique-nique du jour avec nous ; or, il est interdit d'importer produits frais et/ou fruits et légumes d'un pays à l'autre pour des raisons sanitaires. Nous déclarons donc deux pommes et un concombre puis barratinons avec le gars qui nous contrôle avant de nous laisser partir... en fraudeurs ! Nous voici donc de nouveau au Chili, après 4 jours en Argentine. Du col (1207 m), près de 1000 m de dénivelée négative nous attendent afin de rallier Pucon. Nous nous réjouissons à l'idée de dévaler des kilomètres de pente, mais bien vite, nous déchantons : la piste est mauvaise comme jamais, parfois pire que la Carretera Austral, c'est dire ! De plus, nous descendons dans un brouillard agrémenté de bruine, que lindo ! Y'a pas d'doute, on est bien d'retour au Chili ! 41 km en près de 3h30 plus tard, nous retrouvons l'asphalte et un temps plus clément, à Currarehue. Un bon pique-nique et nous repartons, lançés comme des fusées, jusque Pucon. Située sur les rives du Lago Villarrica mais surtout au pied du volcan éponyme, cette bourgade de 16000 habitants ressemble à San Martin. Décidés à gravir le volcan, nous nous inscrivons auprès d'une agence (nous n'avons pas le choix), pour le lendemain, nous verrons bien...
Jeudi 22 mars, jour de notre 200 ème jour de voyage à vélo, le réveil sonne à 6h00. Un solide petit déj' et nous nous rendons à l'agence où nous avons RDV à 7h00. Là, nous trouvons notre groupe, et nos guides qui nous équipent : guêtres, crampons, piolet, casque, et plus pour les touristes de base démunis... Prêts, nous embarquons dans un mini-bus qui nous mène au pied du volcan, 19 km en amont de la ville. Là, nous retrouvons les 20 autres mini-bus des 20 autres agences qui organisent également l'ascension... on sera pas tout seuls ! Et nous partons, enfin, vers 8h30, en file indienne, parmi les 150 autres personnes qui iront, ou non, au sommet aujourd'hui... Le rythme soutenu du début de l'ascension, 2 km/h environ, nous oblige à faire des pauses tous les 100 m, normal...
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Après la collation de 10h00, notre guide nous propose ainsi qu'à deux autres gars, de poursuivre à un rythme un peu plus rapide jusqu'au sommet. Après être montés dans de la roche volcanique semblant fraîche, un joli passage neigeux vient pimenter la randonnée ; mais il fait tellement doux que la neige est bonne, pas besoin de chausser les crampons. Après trois bonnes heures et demi, nous parvenons enfin au sommet, à 2847 m. Nous sommes dans un nuage, accroché au cratère, nous n'aurons pas la vue panoramique espérée, dommâge. Malgré cela, le cratère est impressionnant : des vapeurs s'en échappent continuellement, preuve de l'activité du volcan.
La dernière éruption meurtrière de ce dernier remonte à 1971, faisant 22 victimes dans la région. L'éruption la plus récente, sans conséquence cette fois, date de 1984. Après le pique-nique, nous redescendons, sur les pieds ou sur les fesses, par des toboggans de neige. Le soir, pour fêter tout ça, nous nous offrons une bonne pizza.
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