novembre 2006 - Si On Jouait...

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Buenos Aires - Rosario, du 17 au 22 novembre 2006 : Argentine, nous voilà !

Publié le vendredi 24 novembre 2006

Par Gaël.

Vendredi 17 - lundi 20 novembre 2006 : Buenos Aires
Mardi 21 novembre 2006 : Buenos Aires - Rosario : 300 km en Bus

Nous arrivons à Buenos Aires par la voie des mers, vendredi 17 novembre, après une nuit passée dans le bus et le bateau, depuis Montevideo. Buenos Aires est une capitale immense qui s'étire sur des dizaines et des dizaines de kilomètres le long du Rio de La Plata. Nous avons le plaisir d'y être accueillis par Pia et profitons de son appartement.

Les quatre jours que nous passons à Buenos Aires seront, comme toujours lorsque nous sommes en ville, très chargés. Nous commençons par le Microcentro, le quartier le plus animé durant la journée. Nous allons ensuite à La Boca, quartier populaire et tellement particulier de Buenos Aires.

C'est joli, mais nous sommes déçus par la petitesse du lieu (deux rues seulement) et par l'aspect artificiel de tout ce que nous voyons. Les couples en tenue de tango ne sont pas tous là pour danser : certains se font seulement prendre en photo par les touristes et demandent quelques pièces en échange ! Mais il règne quand même ici une atmosphère particulière, une ambiance de fête populaire très agréable qui contraste avec l'agitation stressante du centre-ville.

Ici, la circulation automobile est infernale. Le code de la route ne semble pas exister et c'est à celui qui ira le plus vite ! C'est de la folie !!!

Nous poursuivons notre découverte de la capitale argentine en compagnie de Pia, notre hôte ici. Elle nous fait découvrir les quartiers de Puerto Madero, de La Recoleta et de Palermo. Buenos Aires est une capitale très "européenne" et on se croirait parfois dans les rues de Paris. Le quartier de Puerto Madero, entièrement neuf, est très agréable et bien plus calme que le reste de la ville. C'est en fait l'ancien port qui a été réaménagé et qui accueille désormais des bureaux, des hôtels et des boutiques de luxe.

A Buenos Aires, nous faisons aussi une halte culinaire appréciée. Nous redécouvrons la délicieuse viande argentine que nous avions goûté entre Posadas et Salto, et nous profitons de la cuisine de l'appartement de Pia pour nous faire quelques plaisirs : crêpes et tartiflette auvergnate au Saint Nectaire, en provenance directe de France, entre autres...

Mardi, nous quittons cette immense métropole en bus, pour 4 heures de trajet jusqu'à Rosario où nous devons rencontrer les élèves de l'école Lola Mora. à Rosario, nous retrouvons aussi Joan, un ami qui fait ses études cette année à Cordoba, tout près d'ici. Nous passons une après-midi fort agréable en sa compagnie.

Mercredi matin, nous allons donc, en compagnie de Silvia COTELLA, professeur de français, à l'école Lola Mora, pour présenter notre voyage à ses élèves de 14-15 ans. L'école Lola Mora est située dans un quartier populaire, dans la banlieue de Rosario (ville de plus d'un million d'habitants, 3ème du pays).

Beaucoup d'élèves étudiant ici sortent rarement de leur quartier, même pour aller dans le centre de la ville. C'est donc avec curiosité qu'ils nous reçoivent et nous posent beaucoup de questions auxquelles nous avons tenté de répondre du mieux que possible, travaillant ainsi notre castellano !!!

Nous prenons maintenant la direction d'Ushuaia, cap au sud. Sur le chemin, nous aurons encore quelques écoles à visiter avant de rencontrer nos premiers manchots...

Salto - Montevideo, du 11 au 16 novembre 2006 : l'Uruguay, en toute simplicité...

Publié le vendredi 24 novembre 2006

Par Yves.

11/11/2006 : Salto.
12/11/2006 : Salto - bivouac après Paysandu : 151,46 km.
13/11/2006 : Bivouac après Paysandu - Palmitas : 149,12 km.
14/11/2006 : Palmitas - San José de Mayo : 157,06 km.
15/11/2006 : San José de Mayo - Montevideo : 110,13 km.
16/11/2006 : Montevideo.

Samedi 11 novembre, après 9 étapes consécutives (et quelles étapes !), c'est jour de repos. Ca fait du bien ! Et pourtant, nous nous levons vers 7h00, inconvénient de notre horloge interne réglée pour des levers matinaux ! La matinée passe entre courses et Internet. En rentrant à l'hôtel, nous constatons que notre montre n'est pas en accord avec celle de l'accueil ; et pour cause, il y a une heure de plus ici qu'en Argentine, c'est notre premier changement d'heure ! L'après-midi, nous flânons dans les rues de Salto, déserte ; étrange... Le centre ville n'est pas très grand, nous en avons vite fait le tour. Nous passons près du Rio Uruguay qui sépare l'Uruguay de l'Argentine, on aurait pu arriver là en bateau aussi, de Concordia. Le soir, nous goûtons au traditionnel chivitos, le lomitos uruguayien, ni plus, ni moins... Nous sommes quasiment seuls en terrasse jusque... 21h environ, on vit à l'heure espagnole ici ! D'ailleurs, on se sent plus en Europe qu'en Amérique du Sud, pour tout, seul le maté nous y ramène ! Après le repas, nous assistons à des représentations de danses traditionnelles d'Italie et du Pays Basque, présentées par des enfants (toujours dans le cadre de la fête des immigrants). Un groupe de jeunes filles présente un fandango magnifique, ça me démange d'aller danser avec elles ... S'en suivent des danses du pays, de la danse moderne et de la capoeira importées par un groupe argentin !

Dimanche, nous reprenons la route sous le soleil. C'est toujours relativement plat mais nous n'avons pas l'impression de rouler en ligne droite sans en voir le bout. Le vent est avec nous, les paysages agricoles sont magnifiques, c'est la moisson en ce moment ! Nous roulons bien et nous arrêtons dans une petite estancia pour demander l'autorisation de camper aux alentours. La fin d'après-midi est agréable, à l'ombre du petit bois où nous sommes installés, l'heure du repas approche : polenta au bleu du pays, un délice avant d'aller dormir, vers 18h45... Mais un paysan de l'estancia vient à notre rencontre et nous invite à le suivre. Ca sent l'invitation... A la ferme, nous rejoignons deux autres paysans qui s'affairent autour d'un assado, barbecue où un veau entier est en train de rotir.

Ces gens nous demandent si nous avons faim, on se regarde et, sans hésiter, nous répondons oui, alors que nous sortons de table ! Et nous voilà à partager le maté avec eux, avant de se régaler d'une salade de pomme de terre accompagnée de viande qui fond sous la langue... Ces paysans ont un accent de folie, on ne comprend pas toujours leurs propos mais nous arrivons à communiquer tout de même ! La nuit tombe, il fait bon, on est bien... Soudain, une voiture arrive : "c'est le patron, c'est le patron !", s'exclament les paysans. Aussitôt, ils cachent les verres de vin qu'ils sirotaient et ravivent le barbecue. Une ribambelle de jeunes arrive, on nous salut en nous faisant une bise (c'est comme ça ici, entre garçons aussi), et on nous offre un verre. Toute l'estancia est réunie, le repas va pouvoir avoir lieu...

Tous se réunissent sous une grange et dévorent (le terme est approprié) l'assado avec du pain ; à les regarder, on dirait de vraies bêtes, les yeux brillants, les doigts et la bouche pleins de graisses... Nous en profitons pour nous éclipser et aller nous coucher, quelle soirée !

Le lendemain, l'étape ressemble aux précédentes. Avant d'arriver dans une ville nommée Mercedes, une voiture s'arrête devant nous, un homme en sort , ouvre son coffre et... nous tend une bouteille de jus d'orange préssée frais !Il nous encourage, nous donne la bouteille et repart comme il s'était arrêté ! C'est pas beau ça ? Nous bivouaquons à Palmitas.

Mardi 14 novembre, c'est le jour de notre 50 ième étape et de notre passage aux 5000 km, ça se fête ! Nous roulons bien, le vent est toujours plus ou moins avec nous, nous ne voyons pas les kilomètres passer... Gaël s'achète un nécessaire à maté à la pause et nous repartons jusque Juan Soler, à 7 km de San José. Là, nous fètons l'évènement au restaurant avec un petit verre de vin rouge, pas mauvais. Nous poussons jusque San José où nous espérons pouvoir camper aux alentours d'une station essence et ainsi pouvoir nous doucher. Ce n'est pas possible, tant pis pour la douche, ce sera pour demain ! On bivouaque donc dans un petit bois.

Mercredi, lever 5h30, départ 6h30 pour Montevideo. Il nous reste à peine 100 km, ça passe presque tout seul. nous arrivons en milieu de matinée dans la capitale et filons à l'Alliance Française. Là, nous sommes reçus pas son directeur qui nous informe que nous ne pourrons pas rencontrer d'élèves car ils sont en examens. En revanche, il nous organise un RDV au collège français et... nous paye l'hôtel pour la nuit ! Nous allons nous y installer avant d'aller manger dans un petit resto italien où nous faisons des ravages sur le buffet libre ! Puis nous nous promenons dans les rues de cette petite capitale fortement européanisée, passons au bord du Rio de La Plata avant d'aller nous abriter dans un café car l'orage gronde. En rentrant à l'hôtel, une coupure de courant dûe à l'orage plonge la ville entière dans la pénombre. Le lendemain, on apprendra que la moitié du pays a été privée d'electricité cette nuit, incroyable !

Jeudi, nous nous rendons au lycée français sous la bruine. Là nous rencontrons le directeur adjoint et le CPE, deux voyageurs avec lesquels nous conversons pendant plus de deux heures. Nous ne pouvons pas non plus rencontrer d'élèves, pour les mêmes raisons qu'à l'Alliance. Ensuite, nous allons chercher nos billets pour Buenos Aires, nous partons cette nuit, à 2h00 ! A midi, nous allons manger dans un restaurant au buffet libre, une fois de plus... Là, nous rencontrons nos premiers collègues voyageurs à vélo, en tandem plus précisément. Ils sont de l'Aveyron et voyagent pendant 6 mois en Amérique du Sud. L'échange d'expérience est énorme, on les retrouvera peut-être vers Bahia Blanca !

Vers 19h, nous retournons à l'AF où les élèves organisent une fête de fin d'année. C'est sympa, nous y rencontrons Matthieu, un gars qui vient de finir un stage ici et qui part sac au dos au Brésil Nous passons la soirée avec lui et d'autres amis, avant de partir prendre le bus et le bateau pour Buenos Aires : départ 2h00 du matin, 3h de bus, réveil à 5h00 pour passer la frontière et bateau jusque 8h30, drôle de nuit...

Encarnacion - Salto : du Paraguay en Uruguay en passant par l'Argentine, bienvenue au pays des Gauchos, du vent et de l'immensité. Du 6 au 10 novembre 2006

Publié le samedi 11 novembre 2006

Encarnacion (PAR) - bivouac à 25 km de Posadas (ARG) : 41 km lundi 6 novembre 2006
Bivouac à 25 km de Posadas - Santo Tome : 145 km mardi 7 novembre
Santo Tome - Guaviravi : 136 km mercredi 8 novembre
Guaviravi - Cuatro Bocas : 159 km jeudi 9 novembre
Cuatro Bocas - Salto (URU) : 176 km vendredi 10 novembre

Par Gaël,

Après 10 jours passés au Paraguay, nous devions traverser le nord-est argentin pour rejoindre l'Uruguay. C'est chose faite, en 5 jours pour 660 km !

Lundi, nous quittions le Paraguay sous la pluie et retrouvions le soleil en Argentine, une fois le pont international franchit... en camionette (interdit aux vélos !). Mais si nous y trouvons le soleil, nous trouvons aussi le vent, qui souffle du sud (un vent frais et sec venant de Patagonie) et donc de face. Nous faisons ainsi une étape courte et bivouaquons dans une forêt de pins, à l'abri du vent, dans un paysage vallonné, bien différent de celui du Paraguay. La température y est aussi bien plus fraîche (certainement en raison du vent du sud), on est loin des 40°C et on ressort les polaires !

Les étapes qui suivent se ressemblent, avec du soleil et du vent, de face, de côté ou dans le dos, c'est variable. Nous roulons dans l'immensité argentine, sur des terres sans relief... il y a ici comme un air de pampa... Les zones marécageuses alternent avec des forêts d'exploitation et d'immenses près où les gauchos guident leurs troupeaux de vaches.

Nous faisons connaissance avec les argentins (forts sympathiques), leurs camions (bien moins sympas) et leur cuisine (beaucoup mieux !). Nous découvrons ainsi les parrilladas argentines. Ce sont des restaurants de grillades où le repas est simple : on mange de la viande, et tant qu'on ne dit pas "non merci", on nous ressert !

La journée de vendredi, pour notre dernière étape de ce premier passage en Argentine, fut assez exceptionnelle. Entre Cuatro Bocas et Salto, en Uruguay, nous avonc parcouru 176 km (plus 5 km en pick-up, pour franchir le pont à la frontière, lui aussi interdit aux vélos) sous le soleil, dans la chaleur et le vent... et entre les camions. Mais tout allait bien jusqu'au km 80, où nous passons un énième contrôle de police. Le policier nous fait signe de nous arrêter. Jusque là, rien d'anormal, ça nous est déjà arrivé plus d'une fois. Mais là, en voyant que nous sommes français, le flic se dit qu'il y a de l'argent à se faire et il va tout chercher pour nous en soutirer ! Il commence par nous dire qu'il ne faut pas rouler sur la route, mais à côté (c'est-à-dire dans l'herbe ou les cailloux) car on risque de créer des accidents entre camions. Puis il inspecte nos vélos à la recherche de la moindre défaillance : freins, lumières, largeur, etc. Et il trouve finalement le détail qu'il lui fallait : nous n'avons pas de casque ! Il nous montre alors fièrement le livre de loi sur lequel est inscrit que les cyclistes doivent avoir un casque. Je tiens à préciser que nous avons croisé bon nombre de cyclistes jusque là et nous n'en avons vu aucun avec un casque, sans parler des motards et des gens qui sont dans les bennes des camions ou à l'arrière des pick-up. Le flic nous demande alors 140 pesos (environ 38 euros). Nous feignons de ne pas avoir d'argent, négocions une bonne demie-heure et finissons tout de même par payer 28 pesos... Cet épisode a eu le don de nous énerver et il faudra une bonne parrillada quelques kilomètres plus loin pour nous apaiser un peu.

Après toutes ces aventures, nous arrivons à Salto vers 18 h (nous sommes partis à 7h du matin !). On trouve un hôtel, puis on va se balader en ville et là, on tombe sur la 7ème fête de l'Immigrant. L'Uruguay est un pays d'immigrants, encore plus que les autres pays d'Amérique Latine. Ici, les communautés italiennes, allemandes, suisses ou anglaises sont encore très présentes. Nous assistons là à des danses traditionnelles, écoutons de la musique et avons la chance de voir notre premier tango sud-américain (et oui, on se rapproche de Buenos Aires et nous sommes entrés dans la région du tango).

Asuncion - Encarnacion, du 29 octobre au 5 novembre 2006 : Au coeur du Paraguay.

Publié le samedi 11 novembre 2006

Par Yves.

02/11/2006 : Asuncion - Ybytymi : 116,15 km.
03/11/2006 : Ybytymi - Caazapa : 99,67 km.
04/11/2006 : Caazapa - Yuti : 99,04 km.
05/11/2006 : Yuti - Encarnacion : 132,56.

Arrivés dimanche midi à Asuncion, capitale du pays située sur les rives du fleuve Paraguay, nous sillonnons ses rues désertes une bonne partie de l'après-midi. Première impression : architecturalement parlant, cette ville est partagée entre bâtiments datant de la dictature, maisons coloniales restaurées et bâtiments modernes ; le contraste est parfois saisissant...

Lundi matin, nous nous rendons à l'Alliance Française où nous rencontrons Pauline qui est très intéréssée par notre projet. Elle va voir ce qu'elle peut faire, il nous faut repasser dans l'après-midi. Vers 16h, nous la retrouvons et elle nous annonce un programme très chargé pour les deux jours qui viennent, si toutefois nous sommes partant (c'est le cas) : mardi, rencontre avec des professeurs souhaitant participer au projet à la rentrée prochaine (c'est bientôt les vacances d'été ici) ; mercredi, rencontre avec une directrice d'école qui a écrit un livre sur les jeux paraguayiens, émission de radio et intervention avec une classe de l'AF. Quelques courses plus tard, nous nous retrouvons à l'hôtel, autour d'un aligot au réchaud, avec du queso paraguaya (fromage paraguayien) ! Un régal !

Mardi 31, nous décidons de nous séparer jusque 15h, heure à laquelle nous nous retrouverons à l'AF. Ca fait du bien, pour l'un comme pour l'autre, de se retrouver seul et de vivre comme on le sent l'espace de quelques heures... Il pleuviote, en route pour un vagabondage au coeur de la capitale, bien vivante comparé à dimanche ! Si j'avais observé un contraste au niveau de l'architecture, un autre m'apparaît : celui entre les paraguayiens en costard et les paraguayiens qui vendent tout et n'importe quoi à la sauvette ; parfois, ce sont même des enfants qui viennent me proposer une montre, une lampe de poche, etc. Leur seul point commun, le thermos et le récipient à maté que tous, sans exception, boivent à longueur de journée : froid, c'est le terere, ou chaud, ça dépend de la température qu'il fait ! Partout, on peut grignoter un empanada, sorte de petit chausson fourré (viande, poulet, jambon-fromage, fromage-oignon), ou une chipa, sorte de petit pain à la farine de mais. Partout aussi, on peut prendre un bus en marche (car ils ne s'arrêtent pas !), il y en a des centaines ! La cathédrale, le palais présidentiel et le quartier "politique" (situés dos au fleuve et aux bidonvilles...), le panthéon des héros, les maisons coloniales, Asuncion ne regorge pas de sites particuliers à voir mais le simple fait de déambuler dans ses rues m'est agréable. Je retrouve Gaël en milieu d'après-midi et nous présentons le projet à quatre professeurs, dont une qui travaille avec une école du Chili et qui a vu un article sur nous dans un magazine pour enfants ! On n'était pas au courant... Ensuite, on déménage chez un ami de Pauline, Ludovic, qui tient un café dans une maison coloniale restaurée.

Mercredi, grosse journée, qui commence sous la pluie. A 10h30, nous retrouvons Silvia à l'AF, notre seconde maison, assistante de français qui sera notre guide-interprète du jour. On prend un bus pour l'école Taller, école où l'enseigement passe par l'art et la création ; enseigner autrement, c'est génial ! La directrice nous offre son livre. Après le repas (on mange un morceau de chipa guazu et de sopa paraguaya, sortes de gâteaux de mais salé), nous filons à Radio Libre, une radio "artisanale" où l'animateur fait tout lui-même ! Il lance l'émission sans aucune préparation, heureusement que Silvia est là ! Il nous interroge, elle nous traduit quand on n'a pas compris, on répond en français et elle retraduit en espagnol ! C'est du bonheur ! Une heure plus tard, nous reprenons un bus pour l'AF où les enfants nous attendent. Ils sont peu nombreux, un seul garçon, et sont bien timides. Pas pour longtemps ! On joue au chef d'orchestre et au béret, inconnu ici aussi. Puis, les enfants nous montrent "l'oeuf pourri" (notre "renard / facteur passé"). Cette fois, nous n'avons pas appris de jeu à eux, dommâge.

Le soir, nous allons dîner au Lido (et oui !), où l'on trouve les meilleurs empanadas d'Asuncion, copieux et délicieux...

Jeudi 2 novembre, nous reprenons la route sous le soleil, avec la quasi-certitude que nous reviendrons dans cette ville qui nous a vraiment plu. Au bout de quelques kilomètres, nouveau drame, nouvelle chute de Gaël sur une plaque d'huile ! Rien de grave. On roule jusque Paraguari où nous retrouvons la piste.

La piste, un autre monde dans le monde, un autre XXI ème siècle... Ca y est, nous sommes dans les cartes postales que nous avons envoyé quelques jours plus tôt : paysages marécageux avec quelques petites collines ici et là, traversant de petits villages aux noms guaranis et où nombre de gens parlent encore cette langue indienne ; les gens vivent simplement autour de leur lopin de terre et de leurs quelques bêtes, et les véhicules que nous croisons le plus souvent sont les charettes à boeufs ou à cheval ! Nous nous arrêtons à Caballero où nous comptons passer la nuit. Nous demandons le gîte à deux écoles avant de finir au commissariat (c'est ainsi au Paraguay...) qui nous envoit dans le village suivant, Ybytymi, où le Père de la paroisse pourra certainement nous héberger. On ne veut pas de nous ici, on file au dit village, où le Père (qui pourrait être le notre) nous accueille chez lui. Nous avons une chambre, la douche et le repas, offerts, c'est mieux qu'à l'hôtel !

Le lendemain, le petit déj'est servi, par le Père en short et en Marcel ! Nous retrouvons l'asphalte à Villarica, après s'être à nouveau fait contrôler par la police. Nous nous arrêtons peu après, rattrapés par un orage que nous ne soupçonnions pas en partant. Nous nous abritons le temps du déluge et repartons sous la pluie jusque Caazapa.

Samedi, le ciel est couvert quand nous reprenons la piste pour Yuti, piste boueuse comme jamais à cause de la pluie d'hier. Une étape de folie, dans la boue toute la journée, à éviter les flaques et les ornières ; mais le Paraguay que nous traversons depuis trois jours est tellement beau que nous en oublions presque la difficulté. Petites maisons de bois et de briques couleur bleu, toits de chaumes, sol en terre battue, avec de petites cours où gambadent tous les animaux de la ferme, quand ils ne sont pas dans la rue ; "gauchos" authentiques qui mènent leur troupeau au fouet et au lasso...

Dimanche, nous repartons de bon matin, comme à notre habitude (lever 5h, départ 6h). Nous arrivons au bout de nos 80 derniers kilomètres de piste au Paraguay et retrouvons la route à Coronel Bogado. Dans la matinée, j'ai crevé alors que la pluie commençait à tomber ; le temps de réparer à l'abri et je retrouve Gaël sous une "case" circulaire ouverte au toit de chaumes, en train de boire un terere avec la famille du lieu ! Des gens accueillants et chaleureux, comme nous en avons croisé plusieurs fois ces jours-ci... A Coronel Bogado, 40 km nous séparent d'Encarnacion. En route, mon pneu arrière éclate, je dois m'en séparer et rouler avec le pneu de secours de Gaël. Nous arivons à Encarnacion vers 16h, nous quitterons le Paraguay demain, déjà... pour un passage "transit" en Argentine qui nous mènera en Uruguay !