Par Yves.
02/11/2006 : Asuncion - Ybytymi : 116,15 km.
03/11/2006 : Ybytymi - Caazapa : 99,67 km.
04/11/2006 : Caazapa - Yuti : 99,04 km.
05/11/2006 : Yuti - Encarnacion : 132,56.
Arrivés dimanche midi à Asuncion, capitale du pays située sur les rives du fleuve Paraguay, nous sillonnons ses rues désertes une bonne partie de l'après-midi. Première impression : architecturalement parlant, cette ville est partagée entre bâtiments datant de la dictature, maisons coloniales restaurées et bâtiments modernes ; le contraste est parfois saisissant...

Lundi matin, nous nous rendons à l'Alliance Française où nous rencontrons Pauline qui est très intéréssée par notre projet. Elle va voir ce qu'elle peut faire, il nous faut repasser dans l'après-midi.
Vers 16h, nous la retrouvons et elle nous annonce un programme très chargé pour les deux jours qui viennent, si toutefois nous sommes partant (c'est le cas) : mardi, rencontre avec des professeurs souhaitant participer au projet à la rentrée prochaine (c'est bientôt les vacances d'été ici) ; mercredi, rencontre avec une directrice d'école qui a écrit un livre sur les jeux paraguayiens, émission de radio et intervention avec une classe de l'AF.
Quelques courses plus tard, nous nous retrouvons à l'hôtel, autour d'un aligot au réchaud, avec du queso paraguaya (fromage paraguayien) ! Un régal !

Mardi 31, nous décidons de nous séparer jusque 15h, heure à laquelle nous nous retrouverons à l'AF. Ca fait du bien, pour l'un comme pour l'autre, de se retrouver seul et de vivre comme on le sent l'espace de quelques heures...
Il pleuviote, en route pour un vagabondage au coeur de la capitale, bien vivante comparé à dimanche !
Si j'avais observé un contraste au niveau de l'architecture, un autre m'apparaît : celui entre les paraguayiens en costard et les paraguayiens qui vendent tout et n'importe quoi à la sauvette ; parfois, ce sont même des enfants qui viennent me proposer une montre, une lampe de poche, etc. Leur seul point commun, le thermos et le récipient à maté que tous, sans exception, boivent à longueur de journée : froid, c'est le terere, ou chaud, ça dépend de la température qu'il fait !
Partout, on peut grignoter un empanada, sorte de petit chausson fourré (viande, poulet, jambon-fromage, fromage-oignon), ou une chipa, sorte de petit pain à la farine de mais. Partout aussi, on peut prendre un bus en marche (car ils ne s'arrêtent pas !), il y en a des centaines !
La cathédrale, le palais présidentiel et le quartier "politique" (situés dos au fleuve et aux bidonvilles...), le panthéon des héros, les maisons coloniales, Asuncion ne regorge pas de sites particuliers à voir mais le simple fait de déambuler dans ses rues m'est agréable. Je retrouve Gaël en milieu d'après-midi et nous présentons le projet à quatre professeurs, dont une qui travaille avec une école du Chili et qui a vu un article sur nous dans un magazine pour enfants ! On n'était pas au courant...
Ensuite, on déménage chez un ami de Pauline, Ludovic, qui tient un café dans une maison coloniale restaurée.
Mercredi, grosse journée, qui commence sous la pluie. A 10h30, nous retrouvons Silvia à l'AF, notre seconde maison, assistante de français qui sera notre guide-interprète du jour. On prend un bus pour l'école Taller, école où l'enseigement passe par l'art et la création ; enseigner autrement, c'est génial ! La directrice nous offre son livre.
Après le repas (on mange un morceau de chipa guazu et de sopa paraguaya, sortes de gâteaux de mais salé), nous filons à Radio Libre, une radio "artisanale" où l'animateur fait tout lui-même ! Il lance l'émission sans aucune préparation, heureusement que Silvia est là ! Il nous interroge, elle nous traduit quand on n'a pas compris, on répond en français et elle retraduit en espagnol ! C'est du bonheur !
Une heure plus tard, nous reprenons un bus pour l'AF où les enfants nous attendent. Ils sont peu nombreux, un seul garçon, et sont bien timides. Pas pour longtemps ! On joue au chef d'orchestre et au béret, inconnu ici aussi. Puis, les enfants nous montrent "l'oeuf pourri" (notre "renard / facteur passé"). Cette fois, nous n'avons pas appris de jeu à eux, dommâge.

Le soir, nous allons dîner au Lido (et oui !), où l'on trouve les meilleurs empanadas d'Asuncion, copieux et délicieux...
Jeudi 2 novembre, nous reprenons la route sous le soleil, avec la quasi-certitude que nous reviendrons dans cette ville qui nous a vraiment plu. Au bout de quelques kilomètres, nouveau drame, nouvelle chute de Gaël sur une plaque d'huile ! Rien de grave. On roule jusque Paraguari où nous retrouvons la piste.

La piste, un autre monde dans le monde, un autre XXI ème siècle... Ca y est, nous sommes dans les cartes postales que nous avons envoyé quelques jours plus tôt : paysages marécageux avec quelques petites collines ici et là, traversant de petits villages aux noms guaranis et où nombre de gens parlent encore cette langue indienne ; les gens vivent simplement autour de leur lopin de terre et de leurs quelques bêtes, et les véhicules que nous croisons le plus souvent sont les charettes à boeufs ou à cheval ! Nous nous arrêtons à Caballero où nous comptons passer la nuit. Nous demandons le gîte à deux écoles avant de finir au commissariat (c'est ainsi au Paraguay...) qui nous envoit dans le village suivant, Ybytymi, où le Père de la paroisse pourra certainement nous héberger. On ne veut pas de nous ici, on file au dit village, où le Père (qui pourrait être le notre) nous accueille chez lui. Nous avons une chambre, la douche et le repas, offerts, c'est mieux qu'à l'hôtel !

Le lendemain, le petit déj'est servi, par le Père en short et en Marcel !
Nous retrouvons l'asphalte à Villarica, après s'être à nouveau fait contrôler par la police. Nous nous arrêtons peu après, rattrapés par un orage que nous ne soupçonnions pas en partant. Nous nous abritons le temps du déluge et repartons sous la pluie jusque Caazapa.
Samedi, le ciel est couvert quand nous reprenons la piste pour Yuti, piste boueuse comme jamais à cause de la pluie d'hier. Une étape de folie, dans la boue toute la journée, à éviter les flaques et les ornières ; mais le Paraguay que nous traversons depuis trois jours est tellement beau que nous en oublions presque la difficulté. Petites maisons de bois et de briques couleur bleu, toits de chaumes, sol en terre battue, avec de petites cours où gambadent tous les animaux de la ferme, quand ils ne sont pas dans la rue ; "gauchos" authentiques qui mènent leur troupeau au fouet et au lasso...

Dimanche, nous repartons de bon matin, comme à notre habitude (lever 5h, départ 6h). Nous arrivons au bout de nos 80 derniers kilomètres de piste au Paraguay et retrouvons la route à Coronel Bogado. Dans la matinée, j'ai crevé alors que la pluie commençait à tomber ; le temps de réparer à l'abri et je retrouve Gaël sous une "case" circulaire ouverte au toit de chaumes, en train de boire un terere avec la famille du lieu ! Des gens accueillants et chaleureux, comme nous en avons croisé plusieurs fois ces jours-ci...
A Coronel Bogado, 40 km nous séparent d'Encarnacion. En route, mon pneu arrière éclate, je dois m'en séparer et rouler avec le pneu de secours de Gaël. Nous arivons à Encarnacion vers 16h, nous quitterons le Paraguay demain, déjà... pour un passage "transit" en Argentine qui nous mènera en Uruguay !