Jaragua - Brasilia : un petit tour dans le Brésil central. Jeudi 21 - lundi 25 septembre 2006.
Publié le mardi 26 septembre 2006
Jaragua - Itaberai : jeudi 21 septembre 2006 ; 87,5 km 5h07'
Itaberai - Goias Velho : vendredi 22 septembre 2006 ; 43,5 km 2h28'
Goias Velho - Alvelândia : samedi 23 septembre 2006 ; 85 km 5h13'
Alvelândia - Pirenopolis : dimanche 24 septembre 2006 ; 84,5 km 6h45'
Pirenopolis - Brasilia : lundi 25 septembre 2006 ; 150 km 8h08'
Après deux jours passés dans le bus et plus de 2000 km parcourus facilement, nous sommes heureux de ré-enfourcher nos bicyclettes et de découvrir une nouvelle région. Nous avons quitté la région Amazonienne, sa forêt et son humidité ; nous voilà désormais dans l'Etat du Goiàs, en plein coeur du Brésil. Le climat est toujours aussi chaud, mais bien plus sec. La végétation est aussi très différente. Ici, c'est le cerrado, mosaïque de prairies, bosquets de palmiers et forêt sèche. 44 pourcent des espèces végétales présentes ici ne se trouvent nulle part ailleurs dans le monde. Mais çalheureusement, depuis les années 70, les cultures de soja, maïs, riz et blé et l'élevage extensif du bétail fait disparaître cet écosystème à une vitesse incroyable... Ici, c'est aussi le pays des cow-boys, des chevaux et des fazendas...
Nous voilà donc à Jaragua,'à 200 km à l'ouest de Brasilia. Mais avant d'y parvenir, nous voulons faire un petit détour par la cité coloniale de Goias Velho, classée à l'UNESCO. Nous mettons donc le cap à l'ouest. La route est belle, il fait bon, c'est le bonheur. Le terrain est assez vallonné et quelques montagnes se profilent à l'horizon (enfin !). Nous roulons sur d'immenses lignes droites, au milieu des troupeaux de bovins et des champs cultivés.
Peu avant midi, nous arrivons dans la petite ville d'Itaguaru. Nous nous arrêtons à un restaurent pour demander notre chemin, car bien évidemment, il n'y a pas de panneau indicateur. La dame qui nous répond, la patronne du resto, et très aimable et, voyant que nous venons de loin, elle nous offre le repas !
Nous repartons le ventre plein, en direction d'Itaguari, la prochaine petite ville, puis nous arrivons à Itaberai vers 15h00, après 87,5 km de route. Nous décidons de nous arrêter là pour la nuit. A peine sommes nous arrivés dans la ville qu'un homme vient nous voir. Il s'appelle Carlos et a beaucoup pratiqué le cyclisme ; il est donc curieux de notre accoutrement. Il nous conduit jusqu'à une petite pousada, puis nous donne rendez-vous plus tard dans la soirée, où il m'invite à manger au restaurent (Yves, malade, est resté au lit).
Vendredi, nous repartons pour une petite étape, jusqu'à Goias Velho. Mais pour y arriver, nous devons franchir la Serra Dourada par un petit "col", notre premier du tour, pas bien dur ni long (4-5 km de montée), mais tout de même ! Nous arrivons donc dans la superbe ville de Goias Velho, perle coloniale du XVIII ème siècle, aux petites rues pavées et aux maisons colorées.
Nous passons une après midi tranquille à nous promener dans les rues et ruelles de la ville, à se reposer un peu, à goûter la spécialité locale, les empadãos (petites tourtes garnies de viande, légumes, olives, oeufs...) et à manger une petite glace.
Samedi, nous quittons Goias Velho de bonne heure et sommes "obligés' de reprendre la même route qu'à l'aller, jusqu'à Itaguari. Nous n'aimons pas beaucoup ça, mais sinon, on devrait faire un détour de plus de 200 km ! Nous repassons donc à Itaberai et arrivons à Itaguari où nous faisons une petite pause pour manger un peu de couac au thon et une petite glace. Là, nous décidons de prendre une ptite route, qui a l'air plus directe sur la carte, et qui nous éviterait de repasser par Jaragua. Les gens d'ici nous la déconseillent ; mais on est têtus et on y va quand même, on verra bien !!!
Au bout d'une bonne dizaine de kilomètres sur une jolie petite route, celle-ci se transforme en piste, qui devient de plus en plus étroite, se faufilant entre les fazendas, en pleine campagne... voilà pourquoi ils nous disaient de ne pas passer par là. Mais nous, on est bien sur cette jolie piste ! Nous arrivons rapidement à un petit village. Nous y trouvons un petit bar où nous allons nous renseigner. "C'est bien la route de Pirenopolis ?" "Oui, oui, c'est bien par là, tout droit, à 50 ou 70 km". Mais il est déjà 15h00 (il fait nuit à 18h30 ici) et on a fait plus de 80 km ; on demande si on peut rester là pour la nuit, planter notre tente ou poser nos hamacs quelque part. "Oui, bien sûr, pas de problème". Parfait ! Nous nous asseyons donc à une petite table, demandons de l'eau bien fraîche et profitons de ce repos bien mérité. On nous apporte de l'eau, mais avec ça deux belles assiettes de riz, pommes-de-terre, boeuf sauté, tomate et concombre, et un jus de fruit ! Et le soir, c'est pareil, on nous offre à nouveau le repas. Ce petit bar est tenu par la famille Vieira : un homme, sa femme et leurs deux enfants de 14-15 ans.
Le village où nous avons aterri s'appelle Alvelândia. Il doit compter une centaine d'habitants et deux terrains de football, et est niché au coeur de la campagne du Goias. Ici, c'est le Far-West ; on se croirait plongé dans un album de Lucky Luke. Les hommes se déplacent à moto, ou plus souvent à cheval, avec une chemise à carreaux, un chapeau de cow-boy, un jean's et des bottes à éprons ! Ils viennent au bar, attachent leur cheval à¡ un poteau, boivent une bière, puis repartent sur leur monture !
Le lendemain, dimanche, nous repartons pour Pirenopolis, une autre cité coloniale, par la petite piste de latérite. Après une quinzaine de kilomètres, la piste est barrée par une grande porte de bois. Il y a une ferme tout près. Nous allons voir. Le paysons est en train de traire ses vaches et nous dit que c'est bien par là. Il faut franchir le portail de bois et continuer tout droit. C'est reparti ! La piste est magnifique et sauvage, traversant des paysages somptueux et devanant de plus en plus montagneux. On franchit des côtes de 4 ou 5 km de long, pas toujours faciles, sur un terrain sablonneux et boueux, car il y a eu un bel orage cette nuit.
Après 60 km de piste, puis une dizaine de route, nous arrivons à Pirenopolis vers 13h00. La ville est assiégée par des mlliers de personnes, car nous arrivons en plein festival de musique ! Il y a des voitures dans tous les sens, des gens partout... Ca nous change de la campagne toute tranquille. Nous allons manger dans un restaurent, daisons un rapide tour de la ville, qui a l'air jolie ; mais il y a trop de monde pour qu'on puisse vraiment en profiter. On décide donc de partir un peu plus loin pour trouver un lieu pour camper. Après 10 km, nous trouvons un endroit idéal, près de quelques maisons où l'on nous dégage un coin pour camper. C'est notre première nuit sous la tente... et dans nos duvets !
Lundi, nous nous levons tôt (5h30), rangeons nos affaires et repartons, avec l'espoir d'arriver à Brasilia ce soir, qui devrait être à 130 km de là (en fait ce sera 150 km !). Nous partons en plein brouillard, sur une belle route, passons à Curumba de Goias, puis devant le Salto de Corumba, une belle cascade, avant d'arriver sur un pateau. C'est étrange, on a un peu l'impression d'être en montagne, mais il y a des palmiers, dans bananiers, des manguiers... Il fait très beau aujourd'hui et nous roulons dans d'immenses paysages, et sur un terrain qui n'est pas tout plat encore une fois ! Les trente derniers kilomètres sont assez pénibles, sur des autoroutes à 2, 3 puis 6 voies !!! Il y a beaucoup de circulation et on n'en finit pas de rentrer dans Brasilia. Nous y arrivons enfin à 17h, après 8 h de vélo et 150 km ! Nous y retrouvons Ricardo, un ami d'ami, qui nous acceuille très gentillement chez lui.
Brasilia est une ville très spéciale, toute jeune, puisqu'elle est née en 1960, de l'imagination de 3 Brésiliens : un urbaniste (Lucio Costa), un architecte (Oscar Niemeyer) et un paysagiste (Roberto Burle Marx). Elle fut construite en 3 ans seulement, par des milliers de paysans pauvres du Nordeste. Vu du ciel, Brasilia ressemble à un avion, avec tous les bâtiments gouvernementaux et administratifs dans le fuselage et des immeubles résidentiels et commerciaux dans les ailes. Il y a beaucoup d'espaces verts, ce qui en fait, à première vue, une ville agréable et aérée. Nous y resterons deux jours avant de prendre le chemin de Rio de Janeiro...
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