septembre 2006 - Si On Jouait...

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Jaragua - Brasilia : un petit tour dans le Brésil central. Jeudi 21 - lundi 25 septembre 2006.

Publié le mardi 26 septembre 2006

Jaragua - Itaberai : jeudi 21 septembre 2006 ; 87,5 km 5h07'
Itaberai - Goias Velho : vendredi 22 septembre 2006 ; 43,5 km 2h28'
Goias Velho - Alvelândia : samedi 23 septembre 2006 ; 85 km 5h13'
Alvelândia - Pirenopolis : dimanche 24 septembre 2006 ; 84,5 km 6h45'
Pirenopolis - Brasilia : lundi 25 septembre 2006 ; 150 km 8h08'

Après deux jours passés dans le bus et plus de 2000 km parcourus facilement, nous sommes heureux de ré-enfourcher nos bicyclettes et de découvrir une nouvelle région. Nous avons quitté la région Amazonienne, sa forêt et son humidité ; nous voilà désormais dans l'Etat du Goiàs, en plein coeur du Brésil. Le climat est toujours aussi chaud, mais bien plus sec. La végétation est aussi très différente. Ici, c'est le cerrado, mosaïque de prairies, bosquets de palmiers et forêt sèche. 44 pourcent des espèces végétales présentes ici ne se trouvent nulle part ailleurs dans le monde. Mais çalheureusement, depuis les années 70, les cultures de soja, maïs, riz et blé et l'élevage extensif du bétail fait disparaître cet écosystème à une vitesse incroyable... Ici, c'est aussi le pays des cow-boys, des chevaux et des fazendas...

Nous voilà donc à Jaragua,'à 200 km à l'ouest de Brasilia. Mais avant d'y parvenir, nous voulons faire un petit détour par la cité coloniale de Goias Velho, classée à l'UNESCO. Nous mettons donc le cap à l'ouest. La route est belle, il fait bon, c'est le bonheur. Le terrain est assez vallonné et quelques montagnes se profilent à l'horizon (enfin !). Nous roulons sur d'immenses lignes droites, au milieu des troupeaux de bovins et des champs cultivés.

Peu avant midi, nous arrivons dans la petite ville d'Itaguaru. Nous nous arrêtons à un restaurent pour demander notre chemin, car bien évidemment, il n'y a pas de panneau indicateur. La dame qui nous répond, la patronne du resto, et très aimable et, voyant que nous venons de loin, elle nous offre le repas !

Nous repartons le ventre plein, en direction d'Itaguari, la prochaine petite ville, puis nous arrivons à Itaberai vers 15h00, après 87,5 km de route. Nous décidons de nous arrêter là pour la nuit. A peine sommes nous arrivés dans la ville qu'un homme vient nous voir. Il s'appelle Carlos et a beaucoup pratiqué le cyclisme ; il est donc curieux de notre accoutrement. Il nous conduit jusqu'à une petite pousada, puis nous donne rendez-vous plus tard dans la soirée, où il m'invite à manger au restaurent (Yves, malade, est resté au lit).

Vendredi, nous repartons pour une petite étape, jusqu'à Goias Velho. Mais pour y arriver, nous devons franchir la Serra Dourada par un petit "col", notre premier du tour, pas bien dur ni long (4-5 km de montée), mais tout de même ! Nous arrivons donc dans la superbe ville de Goias Velho, perle coloniale du XVIII ème siècle, aux petites rues pavées et aux maisons colorées.

Nous passons une après midi tranquille à nous promener dans les rues et ruelles de la ville, à se reposer un peu, à goûter la spécialité locale, les empadãos (petites tourtes garnies de viande, légumes, olives, oeufs...) et à manger une petite glace.

Samedi, nous quittons Goias Velho de bonne heure et sommes "obligés' de reprendre la même route qu'à l'aller, jusqu'à Itaguari. Nous n'aimons pas beaucoup ça, mais sinon, on devrait faire un détour de plus de 200 km ! Nous repassons donc à Itaberai et arrivons à Itaguari où nous faisons une petite pause pour manger un peu de couac au thon et une petite glace. Là, nous décidons de prendre une ptite route, qui a l'air plus directe sur la carte, et qui nous éviterait de repasser par Jaragua. Les gens d'ici nous la déconseillent ; mais on est têtus et on y va quand même, on verra bien !!!

Au bout d'une bonne dizaine de kilomètres sur une jolie petite route, celle-ci se transforme en piste, qui devient de plus en plus étroite, se faufilant entre les fazendas, en pleine campagne... voilà pourquoi ils nous disaient de ne pas passer par là. Mais nous, on est bien sur cette jolie piste ! Nous arrivons rapidement à un petit village. Nous y trouvons un petit bar où nous allons nous renseigner. "C'est bien la route de Pirenopolis ?" "Oui, oui, c'est bien par là, tout droit, à 50 ou 70 km". Mais il est déjà 15h00 (il fait nuit à 18h30 ici) et on a fait plus de 80 km ; on demande si on peut rester là pour la nuit, planter notre tente ou poser nos hamacs quelque part. "Oui, bien sûr, pas de problème". Parfait ! Nous nous asseyons donc à une petite table, demandons de l'eau bien fraîche et profitons de ce repos bien mérité. On nous apporte de l'eau, mais avec ça deux belles assiettes de riz, pommes-de-terre, boeuf sauté, tomate et concombre, et un jus de fruit ! Et le soir, c'est pareil, on nous offre à nouveau le repas. Ce petit bar est tenu par la famille Vieira : un homme, sa femme et leurs deux enfants de 14-15 ans.

Le village où nous avons aterri s'appelle Alvelândia. Il doit compter une centaine d'habitants et deux terrains de football, et est niché au coeur de la campagne du Goias. Ici, c'est le Far-West ; on se croirait plongé dans un album de Lucky Luke. Les hommes se déplacent à moto, ou plus souvent à cheval, avec une chemise à carreaux, un chapeau de cow-boy, un jean's et des bottes à éprons ! Ils viennent au bar, attachent leur cheval à¡ un poteau, boivent une bière, puis repartent sur leur monture !

Le lendemain, dimanche, nous repartons pour Pirenopolis, une autre cité coloniale, par la petite piste de latérite. Après une quinzaine de kilomètres, la piste est barrée par une grande porte de bois. Il y a une ferme tout près. Nous allons voir. Le paysons est en train de traire ses vaches et nous dit que c'est bien par là. Il faut franchir le portail de bois et continuer tout droit. C'est reparti ! La piste est magnifique et sauvage, traversant des paysages somptueux et devanant de plus en plus montagneux. On franchit des côtes de 4 ou 5 km de long, pas toujours faciles, sur un terrain sablonneux et boueux, car il y a eu un bel orage cette nuit.

Après 60 km de piste, puis une dizaine de route, nous arrivons à Pirenopolis vers 13h00. La ville est assiégée par des mlliers de personnes, car nous arrivons en plein festival de musique ! Il y a des voitures dans tous les sens, des gens partout... Ca nous change de la campagne toute tranquille. Nous allons manger dans un restaurent, daisons un rapide tour de la ville, qui a l'air jolie ; mais il y a trop de monde pour qu'on puisse vraiment en profiter. On décide donc de partir un peu plus loin pour trouver un lieu pour camper. Après 10 km, nous trouvons un endroit idéal, près de quelques maisons où l'on nous dégage un coin pour camper. C'est notre première nuit sous la tente... et dans nos duvets !

Lundi, nous nous levons tôt (5h30), rangeons nos affaires et repartons, avec l'espoir d'arriver à Brasilia ce soir, qui devrait être à 130 km de là (en fait ce sera 150 km !). Nous partons en plein brouillard, sur une belle route, passons à Curumba de Goias, puis devant le Salto de Corumba, une belle cascade, avant d'arriver sur un pateau. C'est étrange, on a un peu l'impression d'être en montagne, mais il y a des palmiers, dans bananiers, des manguiers... Il fait très beau aujourd'hui et nous roulons dans d'immenses paysages, et sur un terrain qui n'est pas tout plat encore une fois ! Les trente derniers kilomètres sont assez pénibles, sur des autoroutes à 2, 3 puis 6 voies !!! Il y a beaucoup de circulation et on n'en finit pas de rentrer dans Brasilia. Nous y arrivons enfin à 17h, après 8 h de vélo et 150 km ! Nous y retrouvons Ricardo, un ami d'ami, qui nous acceuille très gentillement chez lui.

Brasilia est une ville très spéciale, toute jeune, puisqu'elle est née en 1960, de l'imagination de 3 Brésiliens : un urbaniste (Lucio Costa), un architecte (Oscar Niemeyer) et un paysagiste (Roberto Burle Marx). Elle fut construite en 3 ans seulement, par des milliers de paysans pauvres du Nordeste. Vu du ciel, Brasilia ressemble à un avion, avec tous les bâtiments gouvernementaux et administratifs dans le fuselage et des immeubles résidentiels et commerciaux dans les ailes. Il y a beaucoup d'espaces verts, ce qui en fait, à première vue, une ville agréable et aérée. Nous y resterons deux jours avant de prendre le chemin de Rio de Janeiro...

Macapa - Jaragua : du 17 au 21 septembre 2006. On avance...

Publié le mardi 26 septembre 2006

Par Yves.

18 septembre 2006 : Macapa - Santana, 24 km.

Macapa est la capitale de l'Amapa que nous venons de traverser, un des 27 états du Brésil. Un dimanche à Macapa, c'est comme un dimanche à Clermont ou à Soissons : c'est mort ! Nous nous promenons le long de l'Amazone avant de visiter la forteresse San José, érigée par les portugais au XVIII ème siècle pour défendre la rive nord de l'Amazone contre les incursions françaises depuis la Guyane. Architecture Vauban, le site ne présente pas grand intérêt. Puis, nous errons dans les rues désertes avant de rentrer à l'hôtel.

Lundi 18, en selle pour Santana (25 km au sud ouest de Macapa) où nous allons prendre le bateau pour Belem. En chemin, nous nous arrêtons au monument " Marco Zero " symbolisant l'equateur (latitude 0) et le passage dans l'hémisphère sud.

Ca y est, on y est ! En face de l'obélisque se trouve un terrain de football dont une moitié est dans l'hémisphère nord, l'autre dans l'hémisphère sud... A Santana, nous embarquons à bord du navire Sao Francisco de Paula, haut de deux étages. Les passagers sont installés au rez de chaussée et au premier, dans leurs hamacs. Patchwork de tissus aux multiples couleurs, le tableau est très beau. Au deuxième étage il y a un petit bar.

Nous partons vers 10h30 et l'agitation des quais laisse place au calme de la croisière. Tranquillité et sérénité reignent à bord, au rythme des machines qui vrombissent... A peine sortis de Santana, l'Amazone s'élargit, on se croirait en pleine mer. D'autant plus qu'il y a des vagues voire même de la houle, incroyable ! Nous serpentons à travers les innombrables îles du fleuve, habitées par des indiens. La forêt, les petits villages, les enfants en pirogue, c'est magnifique. Le temps est changeant sur le fleuve : en quelques minutes, le ciel ensoleillé se couvre, le vent se lève et voilà qu'il tombe des trombes d'eau ! Puis le beau temps revient. Ecriture, lecture, Yams, sieste et repas rythment la journée. On s'arrête de temps à autres, pour déposer des gens ou pour acheter du poisson aux indiens, poisdon qui sera peut-être servi au repas du soir proposé par le restaurant du navire...

La nuit passe, agitée par le vent, et au réveil le café da manha (le petit déjeuner) est offert. on se régale comme à notre habitude.

Vers 8h30 nous apercevons Belem. Après 15 jours passés en Amazonie, c'est le choc : on croirait arriver à New York ! Une ville imense, des tours les unes sur les autres, 1,4 millions d'habitants, c'est la folie ! Nous débarquons à 9h, après 22h30 de croisière et près de 1000 km parcourus. Nous nous dirigeons vers la vieille ville dans un trafic auquel il faut s'habituer. Nous passons devant le marché Ver O Peso, le vieux port, la cathédrale Da Se, dans les petites rues pavées de la Cidade Velho, très joli. Nous nous retrouvons devant le théâtre Da Paz où nous sommes interpellés par un cycliste au vélo bien étrange : le cadre est mobile au niveau de la selle ce qui fait que les roues ne sont pas forcément dans le même alignement suivant qu'on tire le guidon à gauche ou à droite ! Il s'appelle Marcelo, il a beaucoup voyagé en Amérique du Sud et a notamment parcouru une grande partie du Brésil à vélo. Passionné du 2 roues, il nous propose une chambre au-dessus d'un bar d'un ami à lui, avant de nous conduire chez lui. Là, il nous montre une partie de sa collection de vélos (il en aurait 45 !), ses carnets de photos de voyage et ses road-books du Brésil, très intéressants pour nous. C'est un fou !

Nous lui exposons notre projet de prendre un bus ou un camion de Belem vers Brasilia, afin d'avancer un peu. D'après lui, ces deux options vont être très coûteuses ; aussi nous propose-t-il de partir avec lui le soir même : il est guide touristique et part en bus pour Goiania avec un groupe. C'est notre route et le prix proposé semble intéressant. Nous hésitons... Et puis, tout va s'enchaîner très vite : on retourne s'installer à l'hôtel avant d'aller se renseigner sur les prix des bus à la gare routière. Ces derniers sont exhorbitants à côté de ce que nous a proposé Marcelo ! On retourne chez lui pour partir avec lui, c'est décidé ! Il est 16h15, le bus part à 17h à l'autre bout de la ville, ça va être tendu mais nous aimons le défi : on file à l'hôtel, on recharge nos vélos et on fonce au lieu du RDV où nous arrivons... à l'heure ! Ouf ! C'est Marcelo qui est en retard ! Vélos dans les soutes, nous embarquons dans un bus tout confort. 17h30, nous quittons Belem que nous aurons à peine vu, dommâge...

Le voyage en bus a peu d'intérêt en soi. L'ambiance " voyage organisé " n'est pas notre tasse de thé mais on ne va pas se plaindre. Jeudi matin, on nous dépose à Jaragua dans l'état du Goias. Nous avons parcouru près de 2000 km et traversé les états du Para, du Maranhâo et du Tocantins, sans en avoir rien vu ou presque, là encore dommâge... Il est 9h15, nous ré-enfourchons nos montures et en route pour Goias Velho !

Oiapoque - Macapa : du 9 au 15 septembre 2006. Premiers jours au Brésil et traversée de l'Amapa.

Publié le samedi 16 septembre 2006

Par Gael.

Etapes parcourues : Oiapoque - Caria : 57 km, samedi 9 septembre.
Caria - Caçipore : 70 km, dimanche 10 septembre.
Caçipore - Calcoene : 102 km, lundi 11 septembre.
Calcoene - Amapa : 73 km, mardi 12 septembre.
Amapa - Tartarugalzinho : 75 km, mercredi 13 septembre.
Tartarugalzinho - Porto Grande : 132 km, jeudi 14 septembre 2006.
Porto Grande - Macapa : 117 km, vendredi 15 septenbre 2006.

Pour nos premiers jours au Brésil, nous avions un gros défi a relever : rejoindre Macapa, par la BR 156, soit plus de 300 km de piste et autant de route a travers la forêt. Beaucoup nous ont deconseillé de le faire (notamment la portion de piste). Mais nous sommes têtus, et après nous être bien renseignés, nous avons pris la décision d'y aller a vélo... et c'est passé !!! C'était vraiment une super semaine, avec des paysages magnifiques, de l'aventure et des rencontres.

Samedi, c'est la première étape. Nous partons d'Oiapoque au petit matin, comme à notre habitude, pour profiter de la relative fraîcheur du matin, et surtout pour éviter les grosses chaleurs de l'après-midi. Après 24 km de route dans la brume matinale, nous quittons le goudron et entamons les 300 km de piste qui nous attendent, alors que le soleil commence à chauffer. Quelques kilomètres plus loin, c'est déjà la première crevaison du tour. Elle est pour Yves et ce ne sera pas la dernière !

La première partie de la piste est en travaux. Il y a donc beaucoup d'engins de chantier. La plupart des travailleurs nous encouragent a notre passage... Nous entrons ensuite dans la "Terra Indigena Uaça". C'est un espace réservé pour les Indiens, comme il en existe de très nombreux au Brésil. Nous traversons deux petits villages indiens et nous nous arrêtons au second pour demander notre chemin. La femme qui nous répond a les incisives taillées en pointe ! Nous reprenons la piste et continuons jusqu'au village suivant, à 10 km de là. Depuis ce matin, c'est une succession de côtes et de descentes à quoi nous avons droit. C'est assez usant ! Nous nous arrêtons au troisième village indien que nous traversons, Caria, après 57 km.

Un vieil homme nous acceuille. Nous lui demandons si nous pouvons passer la nuit là. Il accepte immédiatement et nous conduit à un petit carbet a côté du terrain de football. Le village compte seulement 6 maisons et n'y vivent que des amérindiens. Ils chassent, pêchent, élèvent quelques poules et cochons et cultivent quelques produits (manioc, fruits...). Nous allons nous laver dans la crique toute proche. Des femmes et des enfants y font la lessive. C'est vraiment tranquille ici. Malheureusement, notre niveau de portugais ne nous permet pas de beaucoup communiquer...

Le lendemain, nous repartons très tôt. La piste est difficile, le terrain est toujours trè accidenté : une succession de côtes de 50 à 200 m, très raides (souvent 10 pourcents et plus), et des descentes périlleuses derrière, sans le moidre mètre de plat ! En plus de cela, les véhicules que l'on croise ou qui nous doublent (heureusement, il y en a peu), nous envoient des nuages de poussière, et on est très rapidement tout rouges !!! Mais les paysages traversésen valent la peine : des collines recouvertes de jungle, des petites criques aue l'on traverse sur des petits ponts de bois, des marécages... Nous voyons aussi pas mal d'animaux : quatre petits singes noirs qui jouent sur la piste juste devant nous, de nombreux oiseaux dont de beaux perroquets verts, et même un beau serpent vert, long de trois mètres environ, qui a traversé la piste juste devant nous ! Le soir, nous nous arrêtons a Caçipore, sur les rives du fleuve du même nom. Nous logeons à l'étage d'une petite maison en bois située à côté d'un gros restaurent isolé.

Lundi, c'est l'étape la plus dure qui nous attend : 102 km de piste sur un terrain toujours aussi difficile. Les descentes sont très caillouteuses et nous comptabilisons 6 crevaisons à la fin de la journée (3 chacun). Il y a même une fois où on a crevé tous les deux en même temps !!!

Partis à 6h du matin, nous arrivons a Calcoene a 17h, couverts de latérite et épuisés, mais heureux d'en être venus à bout.

Là, nous trouvons à dormir dans un bâtiment abandonné et nous récupérons de nos efforts en nous payant notre premier restaurent au kilo. C'est un self-service où l'on paye en fonction du poids que l'on prend. Les plats proposés y sont quasiment toujours les mêmes : riz, pâtes, couac, haricots rouges, poisson frit, steak de boeuf, foie de veau et perfois grillades.

Mardi, l'étape est plus facile, entre Calcoene et Amapa. Le terrain est redevenu plat et nous roulons bien sur cette piste, malgré un peu de tôle ondulée (petites ondulations crées par les véhicules sur la piste et qui nous secouent beaucoup). Amapa est la première petite ville que nous rencontrons depuis Oiapoque. Les rues y sont goudronées et on y retrouve pas mal d'animation. Nous nous installons pour nous préparer des pâtes sur la place centrale quand un homme vient nous voir. Il s'appelle Edmundo et est professeur de français ici. Il aime aussi beaucoup le vélo ! Nous discutons avec lui (en français, c'est plus facile, même si notre niveau de portugais s'améliore) et il nous invite a venir manger et dormir chez lui. Il vit avec sa femme "Maria-Neige", dans une petite maison sur pilotis, construite sur une petite butte entourée de marais. Ils sont vraiment très sympas et nous servent comme des rois !

Mercerdi, nous quittons nos hôtes à 7h00, après une bonne averse qui a rendu la piste boueuse. Après 25 km de piste, nous retrouvons enfin l'asphalte. Nous avons franchit ces 300 km de piste. Mission accomplie... enfin, il reste encore plus de 300 km pour rejoindre Macapa !

Le reste de l'étape, jusqu'à Tartarugalzinho, n'est que du bonheur, sur une route toute neuve et parfaitement plate. Les vélos avancent tout seuls, sans bruit ni secousses. Nous pédalons maintenant entourés de savane où paissent quelques rares troupeaux de boeufs ou de chevaux. Nous arrivons a Tartarugalzinho vers 11h30, juste avant que l'orage n'éclate. Nous nous installons à la terrasse d'un café et dégustons salade de fruits locaux et glace au maracudja.

Jeudi, ce fut l'étape la plus longue, entre Tartarugalzinho et Porto Grande : 132 km. Nous traversons des savanes désertiques (déforestation oblige !) et ne croisons que de rares habitations.

Mais on roule assez vite sur cette belle route, et en partant à 6h00, on arrive à 12h30, juste a l'heure pour nous atabler dans un restaurent self-service à volonté pour 6 Reals (environ 2,5 Euros). Et là, on se fait plaisir ! Nous passons le reste de l'après-midi près d'un bassin aménagé dans une petite crique à l'eau étonnamment rouge, à se baigner et se reposer.

Vendredi, dernière étape pour arriver à Macapa. Ce me fut pas la plus belle et l'entrée dans la ville n'est pas agréable. Mais on a tout de même eu le plaisir d'arriver jusqu'au bord de l'Amazone, le plus grandfleuve du monde, à vélo. Ici se termine la route, devant cet immense fleuve qui ressemble à une véritable mer (on ne voit pas l'autre rive !).

Depuis Cayenne, nous avons déjà parcouru plus de 830 km, traversé des paysages magnifiques et variés, rencontré des gens toujours très sympas et curieux. A chaque fois que nous nous arrêtons quelque part, des gens viennent nous voir, nous demandent d'où l'on vient, où on va... Bref, ce fut un superbe début de tour. Maintenant, nous voici à Macapa, exactement sur la ligne de l'équateur. Nous allons bientôt passer dans l'hémisphère sud et traverser le delta de l'Amazone en bateau, jusqu'à Belem (24h de navigation). Puis ce sera Brasilia, Belo Horizonte, Rio de Janeiro...

Cayenne-Oiapoque (Bresil), du 4 au 8 septembre 2006 : Premieres etapes latino-americaines.

Publié le samedi 16 septembre 2006

Par Yves.

Lundi 4/09 : Cayenne-Stoupan, 30 km.
Mardi 5/09 : Stoupan-Regina, 108 km.
Mercredi 6/09 : Regina-St Georges, 87 km.
Jeudi 7/09 : St Georges.
Vendredi 8/09 : St Georges-Oiapoque (Bresil), 3 km (canot).

Lundi, reveil 7h00, c'est le grand jour : apres notre depart de France pour l'Amerique du Sud le 27 juillet dernier, c'est le jour de notre depart a velo, direction le Bresil.

Nous avons a faire ce matin (courses et change d'argent, entre autres) avant d'enfourcher nos montures. Vers 10h30, nous sommes fin prets et nous jetons un dernier coup d'oeil a cette petite maison qui fut notre lieu de villegiature plusieurs jours durant. Merci Melanie... L'excitation est a son comble, c'est parti ! Un kilometre plus tard, on nous hele dans la rue : " Eh ! On vous a vu a la tele !", ca commence bien ! A 11h00, nous avons RDV avec une classe de l'ecole E. Honorien de Remire-Montjoly, nouvelle partenaire de notre projet ; comme dans les ecoles de metropole, nous presentons notre voyage et repondons aux interrogations des enfants. Nous avons meme le droit aux honneurs de l'inspectrice academique en visite ! Ca nous fait bien plaisir d'avoir une ecole partenaire en Guyane Francaise ; ici, les enfants ne savent pas ce qu'est une tente par exemple. Par contre, ils connaissent le hamac et les pays frontaliers de la Guyane !

Nous souhaitons faire un ou plusieurs portraits d'enfants dans chaque pays que nous allons traverser. Voici ceux d'Anais et de Cedric, eleves de la classes de CM1 que nous avons rencontres :

Tous deux nes en Guyane, ils ont 9 ans et vivent a Montjoly, petite commune de la peripherie cayennaise. Anais est fille unique et Cedric est l'aine d'un frere, ce qui n'est pas tres representatif de la famille guyanaise "typique" d'apres l'institutrice ; en effet, ici on compte souvent les enfants des familles sur les doigts des deux mains ! Les parents d'Anais travaillent au Conseil General de Guyane et au CSG tandis que ceux de Cedric sont fonctionnaire a la securite sociale et chef de chantier. Ils vont a l'ecole depuis qu'ils ont 3 ans. Ils ont des chiens et Anais un hamster. Ils sont tous deux deja alles en metropole : Anais etait en vacances a Paris cet ete, Cedric a Toulouse. Concernant leurs reves de profession, Anais veut devenir... institutrice (gagne !) et Cedric... pompier, policier ou militaire ! Cote loisirs, ils aiment lire et ecrire, le dessin, un peu la tele et jouer a l'ordinateur mais vraiment quand ils n'ont rien d'autre a faire. Ils n'ont pas de jeux videos (hormi l'ordinateur). Anais aime egalement danser et nager ; Cedric aime la balancoire, la corde a sauter et la capoeira. En somme, ces enfants ont des vies semblables a celles des petits francais de metropole. En aurait-il ete de meme avec Thomas rencontre a Grand Santi sur le Maroni ou avec les enfants de l'ecole de St Georges que nous avons rencontres par la suite ? Pa sur...

Apres cette matinee fort agreable, nous prenons la route de Stoupan ou nous allons paser la nuit. Apres un solide repas, au lit, il est 21h ! Mais pour l'un comme pour l'autre, la nuit est agitee : nous ne cessons de nous reveiller de peur de ne pas entendre le reveil...

Mardi, le reveil sonne a 5h15 mais cela fait deja une bonne heure que nous ne dormons plus ! Petit dej', on ferme les sacoches et a 6h05, nous quittons a nouveau un lieu ou nous avons passe quelques temps pour, cette fois, de nouveaux horizons. Le jour se leve a peine, nous sommes tout beau-tout propre, en avant l'aventure !

Jusqu'au carrefour de Cacao, nous connaissons la route ; c'est relativement roulant pour une mise en route. On respire a pleins poumons l'air frais du matin, plein des senteurs de la foret et de la liberte... Apres Cacao, la route, ancienne piste ouverte par les legionnaires, est plus accidentee, dans les deux sens du terme, et la chaleur vient s'ajouter a la rudesse de la pente. Deux pauses biscuits plus tard, la route s'elargie et est bien meilleure, nous arrivons a Regina sous un soleil de plomb, apres pres de six heures d'efforts ! A peine arrives, une dame nous interpelle et nous demande si c'est nous qu'elle a entendu a la radio dimanche. " Je ne sais pas ou vous allez aterrir ce soir mais si vous ne trouvez rien, vous pouvez toujours venir a la maison..." Polis, nous acceptons cette premiere invitation, pourquoi chercher ailleurs ? Apres un passage a l'ecole ou nous presentons le projet a l'equipe pedagogique au grand complet (peut-etre une nouvelle ecole partenaire ?), Magali nous emmene chez elle, a l'exterieur du village, perdu au bout d'une piste en bordure de foret. C'est magnifique et calme, on n'aurait pas trouve mieux. Elle nous offre le gite et le couvert, midi, soir et matin, on se regale de torche (poisson du fleuve Approuague qui passe a Regina) au lait de coco, de paripoux (fruits de palmier) et de pommes caimites. Nous passons l'apres-midi a bavarder, la vie de cette femme est fort interessante...

Mercredi, nous partons de bon matin pour St Georges, un gateau fait par Magali dans le ventre.

La route est bien meilleure qu'hier mais toujours vallonnee. Le paysage ne change pas, foret, bas-cotes laterite et epaves de voitures tous les cinq kilometres environ... A midi a St Georges, il ne nous faut pas longtemps pour trouver un logement, chez Didier, clermontois d'origine ! Nous passons l'apres-midi a la terrasse d'un cafe, a observer la vie paisible des lieux. Vers 20h, Didier nous conduit la ou nous allons passer la nuit. Il nous demande quelque chose puis, a la vue de nos mines deconfites (on croyait etre invite...), il se ravise ; cette fois on est invite !

Jeudi 7 septembre, c'est la fete nationale au Bresil, celebration de l'independance du pays en 1822. Tout sera donc ferme, inutile d'y passer aujourd'hui. Notre journee s'organise donc autour de la rencontre des eleves de l'ecole de St Georges, nouvelle partenaire du projet. Les enfants sont en majorite des indiens et des bresiliens, ca parle bresilien dans la cours, on se croirait ailleurs qu'en France...

Directeurs, equipe pedagogique et inspectrice academique (une autre), nous verrons tout le monde, grace a Marc, notre nouvel hote. Ce soir, c'est chez lui qu'on va loger avant de partir au Bresil demain. En debut de soiree, nous nous faisons payer un coup par Georges dit "l'Uruguayien" car il l'est, un gars qui connait bien la piste entre Oiapoque et Macapa et qui nous fournit de precieuses indications. Pour lui, "il faut changer vos pineus, sinon vous ne passerez pas !" ...

Vendredi, nous embarquons donc nos velos sur le canot de Raimundo, le Bresil nous ouvre les bras... Les formalites administratives reglees, nous cherchons la maison de la mere de la femme de Marc, qui peut nous heberger. Installes, nous flanons dans cette petite ville bresilienne, si proche de la Guyane mais deja si differente : ici, les moto-taxi sont en vogue, on peut echanger de l'argent dans la rue, on peut vendre son or (il y a encore des chercheurs d'or, les orpailleurs, sur le fleuve Oyapock) dans nombre de magasins, on peut manger sur le pouce partout, il y a de la musique dans les rues ; l'ambiance, l'atmosphere est chaleureuse et on se sent bien ici.

Il y a des velos et des "officinas de biciclete" partout mais pas de pineus a notre taille. Tant pis, on fera sans... Le soir, on se regale de brochette de poulet accompagnee de riz, de haricots rouges, de farofa (couac prepare) agrementes de verdure ; tout ca pour rien du tout ( 6 reals par personne, un peu plus de 2 euros), avant de se delecter de glaces aux parfums inconnus... Ca commence bien, si les prix sont les memes partout, on va se faire plaisir !

Cayenne-Stoupan, 27 août au 3 septembre 2006

Publié le lundi 4 septembre 2006

Par Yves

De retour à Cayenne dimanche 27 après une semaine passée sur le Maroni, nous avons retrouvé Mélanie, toujours aussi souriante. Ca fait bizarre de revenir à la ville quand on vient de petits villages perdus en pleine Amazonie... Lundi matin, opération médiatique de grande envergure : nous tentons de brancher Radio-Télévision France Outre-mer (RFO), Antenne Créole Guyane (ACG), le quotidien France-Guyane et l'hebdomadaire La Semaine Guyanaise sur notre projet. Et ça les intéresse ! Des RDV sont pris pour jeudi, quant au journaliste de France-Guyane, il nous interviewe sur le champ, l'article paraîtra mercredi ! Mardi, nous sortons nos « bêtes » de leurs cartons, contentes de prendre l'air et la température après 5 semaines d'enfermement... Montés, nous faisons nos premiers tours de roues en Amérique du Sud, sans nos parents...

En fin d'après-midi, nous partons à vélo vers Roura (sud de Cayenne), à Stoupan, où nous allons loger jusque samedi, chez des copains de Mélanie ; Aude vient en voiture avec les affaires. Nous sommes accueillis par Gwen et une autre Mélanie qui sont en colocation dans une maison démesurée, dans laquelle chacun a sa chambre avec salle de bain et toilettes ! Deux matoutous y ont élu domicile, j'en connais qui ne dormiraient pas la nuit avec de telles bestioles dans la maison ! Mercredi, nous allons à Roura puis à la crique Gabriel, Aude et Gaël à vélo, moi en stop ; je n'arriverai pas jusqu'à la crique, tant pis... Au menu ce soir, c'est crêpes, ça faisait longtemps, qu'est-ce que c'est bon...

Jeudi, Gaël et moi partons de bon matin à Cayenne où nous avons RDV avec les médias. Nous enchaînons reportage télé et interview pour la presse, ils sont vraiment intéréssés, ils veulent nous suivre régulièrement pendant toute l'année ! Vendredi, nous partons avec Mélanie, qui travaille pour une boîte proposant des excursions en canoé ; nous allons remonter la crique Gabriel en canoé triplace. Nous pagayons de 8h30 à 13h00, changeant régulièrement de poste, c'est sympa. La crique s'enfonce dans la forêt et se rétrécit petit à patit, avant de déboucher sur des marais. Nous avons même droit à 2 petits rapides que nous passons malgré quelques difficultés... C'est beau de voir la nature au raz de l'eau, nous voyons plein d'oiseaux dont des martin-pêcheurs en nombre, quelques échassiers, des rapaces et autres oiseaux non-identifiés. Après un solide pique-nique, retour en stop dans nos appartements, après-midi glandouille... Samedi matin, Gaël et Aude repartent à Cayenne à vélo, moi en stop, toujours, nous retournons chez Mélanie. Nous occupons le reste de la journée aux derniers préparatifs avant le départ à vélo. En soirée, nous allons au restaurant avec Mélanie, pour manger des crevettes (et des chevrettes, crevettes d'eau douce, pour Gaël) ; délicieuses !

Dimanche matin, nous étions les invités de l'émission d'Olivier Sagne, « Transit », sur RFO Guyane : 2 heures d'émission en direct pour parler de notre périple et des voyages que nous avons déjà effectués. Vous pourrez bientôt écouter l'enregistrement de cette émission dans la rubrique « On parle de nous ». Aude a pris l'avion pour rentrer à la maison en fin d'après-midi. Nous nous retrouvons donc à deux, pour entamer la seconde et grande partie du voyage. Cela débutera dès demain matin (jour de la rentrée des classes), avec notre rencontre avec les élèves de la classe de CM1b de l'école Eugène Honorien de Rémire Montjoly (près de Cayenne), puis avec la première (petite) étape qui nous (re)mènera à Stoupan, près de Roura.

Ensuite, le Brésil nous ouvrira ses portes, à partir de mercredi ou jeudi... à suivre...